‹ Articles et étudesChapitre 11 sur 45 · SUR UES BORDS DU RICHELIEU · texte numérisé non relu

SUR UES BORDS DU RICHELIEU

se rapprochait; ie soleil si beau, qu’avait annoncé la superbe aurore aux doigts de rose, se voilait sous des nuages grisâtres; la pluie bientôt commençait à tomber, ot il pleuvait à plein iciel quand le jeune voyageur prit terre à Bel œil.

Et voilà que dans son esprit, par une persistante et curieuse association d’idées, les Iroquois sauvages, les ancêtres vénérables, les champs de Saint-Denis, Napoléon et Bertrand à Saint-Hélène, le bon curé à cheveux blancs, tout s’enchevêtrait, se fondait et se massait, comme un brouillard sous un ciel serein; et, au moment de débarquer, il se répétait encore à lui-même: “Quelle triste et désespérante perspective a devant les yeux celui qui ne veut compter que sur les promesses du temps! Car, après tout, que reste-t-il ici-bas de tous les agissements d’une vie humaine, si ce n’est un peu de poussière et un pauvre souvenir? ”

Montréal, 24 septembre 1900. ( Semaine Religieuse.)

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