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NOTRE LANGUE

Or, ne croyez-vous pas que toutes ces questions qui intéressent à un haut degré notre vie nationale, sont plus faciles à poser qu’à résoudre? Je propose donc modestement qu’on s’occupe de ce sujet national: notre langue! c’est bientôt dit, mais comment faire?

Lisez-vous, lecteurs, la Revue Canadienne? Hélas!. . . c’est pourtant un périodique qui publie souvent des études fort attachantes, que signent Thomas Chapais, Ernest Gagnon, l’abbé Lindsay et d’autres.

Mais, me dira-t-on, les journaux à grand tirage nous fournissent tant de nouvelles intéressantes et de si jolies images! Je n’affirmerai pas qu’on a tort absolument. Dans cette aurore de siècle — on disait naguère dans cette fin de siècle — la vie passe si vite, il faut suivre le courant, aller au plus pressé, être informé. . . soit!

Mais les bonnes pages écrites à tête reposée, par quelqu’un des nôtres, les fortes pages, où l’on prend le temps de souffler — et de penser — avant que d’écrire, vous n’en lisez pas, jamais?

Remarquez, je ne veux pas blâmer ce que les nécessités de notre époque enfiévrée semblent exiger. Beaucoup, qui écrivent à la vapeur et à Vélectricité, savent encore porter la bonne parole et faire du bien. Ils lisent, ceux-là, souvent les revues savantes et documentées. Ils nous les résument ensuite. Il convient de les en louer.

Mais parfois si nous lisions nous-mêmes les longues études, les articles documentés, si nous les faisions lire aux jeunes gens, aux enfants capables de comprendre?

Donc, ouvrons la Revue Canadienne , livraison de mai 1901, et . . . lisez-moi la conférence sur “ La langue française au Canada”, que M. Tardivel, directeur de la Vérité, de Québec, faisait en mars dernier, à la salle de l’Union Catholique, à Montréal.

Avec lui, jetons un coup d’œil sur l’histoire politique de la langue française au Canada, examinons ensuite le caractère de cette langue, ses qualités, ses défauts, voyons enfin les dangers qui la menacent, et puis . . . dans mon humble opinion, nous nous serons fait à nous-mêmes, au point de vue national, un bien immense! Que si, après avoir lu, nous faisons lire, ce que cela en vaudra des processions et des chars allégoriques!

Mais la Revue Canadienne de mai, vous ne l’avez pas peut-être? Lecteurs, écoutez bien ce que l’on m’a dit.

Des citoyens éclairés de Montréal, après avoir entendu le distingué publiciste de Québec, ont trouvé qu’il parlait d’or, parce que, à son ordinaire, il parlait documents en main; et ils ont décidé, avec sa gracieuse permission, de publier sa magnifique conférence, sous un format commode, et de la mettre en vente à un prix très modique, dans un but de propagande, si — notez le si — d’ici an 10 juin, ils ont reçu assez de commandes.

Ah! si l’on voulait! c’est des quatre coins du pays qu’il faudrait faire affluer les commandes! c’est par centaines et par milliers qu’il faudrait en faire venir dans tous nos villages, dans chacune de nos villes, dans les centres canadiens des Etats-Unis. . . pour les donner, ces imprimés intéressants, aux collèges, aux couvents, aux écoles,

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