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QUÉBEC SYMBOLIQUE ET RELIGIEUX

Québec, nous affirme M. Routhier, “ est un tout “ plein de symétrie et d’harmonie symbolique. “ Les maisons et les édifices s’y étagent, s’y entassent!... c’est comme une efflorescence “ touffue de la pierre, dans laquelle s’harmoni- “ sent les caprices de la nature et la discipline “ militaire.” Ou encore, c’est une gigantesque pyramide, aussi belle par son symbole qu’elle est belle dans ses lignes!

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Belle dans ses lignes! En bas, les navires, les quais, les usines, les boutiques, c’est-à-dire: le commerce et l’industrie. Au-dessus, une chaîne de rochers armée de batteries et de’ forts, c’està-dire: la force. Plus haut, des dômes et des flèches, des coupoles et des tours, la cathédrale, 1 hôtel de ville, le château Frontenac avec ses souvenirs chevaleresques, c’est-à-dire: a l’expression des besoins d’idéal, des croyances et des aspirations du peuple ”. Sur les hauteurs, “ au niveau que doit habiter la justice”: le Palais. Toujours plus haut, la puissance politique, le Parlement. Enfin, la citadelle qui veille tout en haut!

\ oilà pour les lignes, mais déjà vous avez deviné le symbole. En bas donc, c’est le mouvement matériel, plus haut le mouvement intellectuel, artistique et religieux, encore plus haut, l’harmonie des pouvoirs politique et judiciaire, puis, vers la ligne de flottaison de cette gigantesque forteresse maritime et à son sommet, la force militaire qui protège!

Vraiment tout cela est admirable, et si ce n’était pas absolument juste il faudrait dire qu’au moins c’est fort heureusement trouvé.

De-ci de-là, par ses saillies, la vaste pyramide nous offre aussi des contrastes qui portent à réfléchir. Par exemple, regardez, du pied de la côte du Palais, au-dessus des remparts, ces deux édifices qui semblent se coudoyer: “ l’un, sombre, “ caché, à l’air malfaisant... l’autre, ouvert à “à tous, élégant, façade ornementée... l’Ar- “ senal qui tue et l’Hôtel-Dieu, où l’on guérit!” Philosophez maintenant!

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Mais ce qui se dégage surtout de l’ensemble monumental, c’est un symbole de foi, une manifestation d’esprit chrétien, une affirmation, faite de clochers et de tours, de flèches et de croix, du “ credo ” catholique.

Riche et pieuse floraison en effet que celle-là! qui émerge de tous les gradins de l’amphithéâtre de Québec, portant jusque dans les deux, des centaines de fois, l’auguste signe de la Rédemption, la croix du Christ Jésus.

C’est encore, si vous le voulez, comme l’échelle monumentale religieuse de la vieille cité de Champlain, et, “ quand au matin de chaque di- “ manche, à côté des canons qui dorment depuis “ plus d’un siècle, tous ces clochers font entendre “ leurs voix, on comprend à quel point, le senti- “ ment religieux de notre ville est vivace!”

Jusqu’en ces derniers temps, il restait, parait-il, à l’échelle symbolique des églises et chapelles à gravir une dernière cime, “ afin de faire entendre ‘‘ dans les hauteurs, au-dessus même de la cita- “ delle, le Gloria in eæcelsis que la terre doit chan- “ ter en chœur avec le ciel!” Maintenant c’est fait, écrit M. Routliier, et il nous parle avec amour de la nouvelle et belle église du T. S. Sacrement, avenue de la Grande-Allée, où les religieuses Franciscaines, Missionnaires de Marie, prient nuit et jour devant la Sainte-Hoistie exposée: (1) “ Aujourd’hui, c’est fait, et le nouveau

(1) En lisant les belles choses que M. le juge Routhier écrit à l’adresse de ces saintes filles, Missionnaires de Marie, dont j’eus l’honneur de connaître la mère fondatrice, en 1892, durant un séjour de vacances, sur la terre bretonne, aux Châtelets, en Ploufragan, je pensais à ce que cette femme distinguée nous disait, à mes confrères et à moi, au moment même

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“ dôme, sous lequel Jésus-Christ se montre vivant aux yeux de tous, surpasse toutes les hau- “ ternis! Le premier, il reçoit les rayons du so- “ leil levant; le dernier, il se dore des lueurs du “ couchant, et, sous sa coupole dorée, les deux ‘‘ soleils se rencontrent, le créé et le créateur.”

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