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QUÉBEC LÉGENDAIRE

Parce qu’il faut me borner aux traits les plus importants qui animent le livre de M. Routhier, je ne dirai presque rien du chapitre, pourtant si attachant, des légendes du Chien d’or , des amours de Bigot et du roman de Nelson.

Le thème est évidemment moins sérieux que celui de l’histoire, mais on doit savoir gré à hauteur de n’avoir pas négligé de le traiter. La légende est toujours attrayante. Beaucoup d’esprits sérieux, sans compter ceux que l’attrait du brouillard et de l’inconnu tourmente sans cesse, feront leurs délices de ces charmants récits. En les lisant, je m’imaginais volontiers qu’un jour — lorsqu’une édition moins dispendieuse aura permis aux pages de “ Québec et Lévis ” de se populariser — on verra sur la place Dufferin, leur Routhier en main, à l’instar de ces touristes

où les Franciscaines tentaient leur premier établissement au Canada, à la Baie-Saint-Paul : “ Voyez-vous, là ou ailleurs, il faut que nous réussissions au Canada. C’est nécessaire a notre œuvre, car c est un pied ^ terre pour aller en Chine. Dieu nous aidera. «T ai foi en 1 avenir. Si jamais ces lignes tombent sous les yeux de la Très Révérende Mère Marie de la Passion, qu’elle permette à l'humble signataire de cette étude, l’un des quatre Canadiens des Châtelets, de lui exprimer son bonheur à constater le beau succès des œuvres des Franciscaines Missionnaires de Marie, sur les rives du Saint-Laurent. — E.-J. A., ptre.

qu’on rencontre là-bas, munis de Bœdeker, sur le Forum à Borne, sur la place St-Marc à Venise, sur celle de la Concorde à Paris et sur le Trafalgar Square à Londres, des dames et des messieurs, venus d’Europe et des Etats-Unis, se promener gravement en devisant sur ces poétiques légendes, se disant, après un soupir: “ Quel “énigme que ce chien d’or! Quel sale individu “que ce Bigot! Et puis ce Nelson? ce n’est pas “ à Montréal, c’est à Québec qu’on aurait dû lui “élever une colonne! Et encore...?” Et cela contribuera sans doute à faire aimer Québec, au moins par les âmes éprises de mystérieux, et l’on sait qu’elles sont nombreuses.

Ce qui est certain c’est que la lecture de Québec légendaire est, dans le livre de M. Boutliier, un vrai repos. Cent pages durant nous avions vu et revu Québec sous toutes ses faces. Comme disait une brave dame, touriste d’un jour, nous étions un peu lassés de voir du beau et du grand, d’admirer encore et toujours. Ces légendes nous reposent et nous préparent très bien, ce me semble, à la lecture des quatre-vingt-dix pages que M. le Juge va consacrer à Québec historique.

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