PAROLES ET MUSIQUE DE M. ERNEST DLBOISV
La représentation eut lieu au milieu des rires et des huées. Les camarades d'Éloa faillirent être assaillis par les spectateurs. Le prince de Grenade et onze de ses plus fidèles Espagnols durent fuir devant les menaces de trois strapontins qui, après les avoir bombardés de pommes cuites, voulaient dans leur fureur leur faire un mauvais parti.
Eloa seule fut discutée : les uns la rappelèrent, les autres s'opposèrent à toute démonstration.
Il en résulta bientôt un conflit entre les deu.x camps. En tête des applaudisscurs il y avait Isidore Fauchct, qui ne tarda pas à appeler la presse à la rescousse et k remporter la victoire, grâce au nombre de ses combattants, et à la vaillance déployée par Napoléon Duhamel qui avait senti tout à coup sf réveiller eu lui ses instincts guerriers d'autrefois. Mais hélas tant do lauriers devaient coûter cher à l'auteur des jours d'Éloa.
Au moment où, pour la septième fois, il
abaissait lourdement son poing de fer sm* le dos d'un protestant, il fut saisi au collet par un gardien delà paix qui l'entraîna au poste.
En ce moment deux cris épouvantables partirent de la salle :
L'un semblable au signal d'une locomotive, c'était Armide qui perdait les sens ;
L'autre que je ne saurais mieux comparer qu'à celui d'une biche atteinte : vous avez deviné la tendre Éloa, qui, après avoir suivi ce combat antique, finissait par s'évanouir dans les bras de M. Dominique, le souffleur assermenté de la Tour-d'Auvergne.