‹ Arts appliqués et industries d'art aux expositionsChapitre 12 sur 126 · UNIS · texte numérisé non relu

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les autres industries qui concourent à l'ameublement : {enlures el lapis. Les ateliers de Braquenié et de IHamot, comme nos Manufaclures nationales, trop respectueux des traditions, ne font rien pour réagir. La fapisserie diminue d'importance, et ce luxe, éminemment décoratif, perfectionne le tissage, augmente la finesse du rendu, mais ne change pas ses modèles. Ce qu'il faut en lapisserie, c'est non plus l'évocation du passé, mais des œuvres adéquates et normales de nos peintres Puvis de Chavannes, Gustave Moreau, Grasset, Besnard, Galland, Carrière, Cazin, Chéret, Willelte, ete., qui seules représentent l'idéal moderne. Dans les issus moins riches, la maladie d'imi- Lalion sévit sans pilié: hrocarts de Lyon ou élo/ffes de Roubaix reproduisent d'éternels modèles. Si les sorertes et les damassés ont des arrangements nouveaux de fleurs ou de palmes, c’est le Japon qui en est cause : on a encore copié. Et il n'y a guère à signaler que les tentatives des {apissiers Damon et Jansen qui harmonisent si bien leurs {issus avec les {ons de leurs meubles, ou du dentelier Warée qui orne ses {ravaux de passementertes et ses frises d'applications d'émaurx.

Les {apis eux aussi se ressentent de l'influence orientale : nos artisans refont à merveille, au point de s'y méprendre, les lapis de Madras et de Korassan, les moqueltes de l'Inde et de la Perse, les carpeltes adoucies de Smyrne. Malgré la parlate fabrication des Isidore Leroy, des Follot, les papiers peints n'ont pas d'originalité, quoiqu'un papier en camaïeu, roses trémières sur fond uni, fasse remarquer le nom de Jouanny. Ce n'est pas que ce genre ne puisse lui aussi se renouveler et l'on peut admirer chez Chaix les œuvres du maître a/ffichier Jules Chéret qui, suivi de maints imilateurs, a lapissé les rues de Paris de ses fresques et de ses estampes, égayant la monolonie grise des édifices, décorant de frises et de bas-reliefs les espaces nus des murailles. C’est un « musée en plein vent », une perpétuelle évocalion capricieuse et joyeuse; la publicité lui est un prétexte pour inventer des enchantements.

Les bronzes et les cuivres, ornements de nos salons, sont loujours des réduclions d’après tel ou tel maître surtout ancien, et cependant des procédés nouveaux viennent au secours de l'industriel, notamment la cire perdue et la fonte directe sans retouche du bon artisan Liard. La lumière électrique «n'a pas encore rencontré le mode de présentalion spéciale qu'elle exige impérieusement », mais « les élains de Brateau, les cutrs mosaïqués de Cazin, les montures d'éventarl de Duvelleroy, les ferronnertes de Marrou et les or/evreries de Diomède, les relriures de Gruel et de Marius Michel sont des merveilles ». Parfois l'art se heurte à l’art appliqué : la vieille lutte reparaît; on envisage la taille, la qualité du métal, la combinaison ct le prix des matières, ivotre, émarl, or, argent; on oublie que les figures exposées par Lucien Falize, Christofle, Boucheron, portent cependant les signatures de Mercié, Barrias, Jacquemart, Falguière, Roty, Bottée, Joindy. « Orfèvres et Joailliers affirment leur intention de ne demander qu'à la flore leur inspira-

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Lion. » Les frères Vever repoussent dans l'argent des mimosas et des roses fraiches cueillies, Gustave Sandoz a demandé à Massin le modèle d'ur superbe devant de corsage en joaillerie. Lucien Falize polit son « vase sassanide, beau comme une gemme du trésor de Saint-Marc ». Emile Froment- Meurice nous fait admirer le beau vase de Paul Sédille. Enfin, le Lyonnais Armand-Calliat renouvelle l'orfévrerie religieuse, art obstinément immobile, enchaîné par les {radilions et par la routine de la clientèle qui le fait vivre. Son « Reliquaire de Saint-Louis de Carthage » est un chef-d'œuvre. Voici ce qu'en dit le vicomte E.-M. de Voguë : « …. Il a adopté un style, le roman, dont il ne s'écarte jamais. De patientes éludes l’ont armé de toutes les ressources du mélier; il a étendu et diversifié l'emploi des émaux,

XLV et XLVI. — Exposition universelle de Paris, 1889. Médaille de la Tour Eiffel et des Palais du Champ de Mars, gravée par Daniel Dupuis.

des nielles, des ivoires. Mais surtout il est parti d'une idée bien simple : il s’est dit qu'au lieu de réduire l’ornementalion des vases sacrés à quelques motifs rebattus, toujours les mêmes, il fallait ouvrir les vies des saints et puiser à cette source intarissable les merveilleuses histoires, les symboles particuliers qui se dérouleraient sur les reliquaires, les ostensoirs, les calices, racon{ant la gloire du bienheureux auquel l'objet est dédié. »

L'industrie française garde encore sa valeur et son originalité, bien que l'Américain Tiffany ait tenté de créer un style nouveau dit « saracénique » ; celui-ci est trop composite, trop compliqué, mélange de japonais et d'indien, de français et d'anglais, et son succès au delà de l'Atlantique n'est qu'une fantaisie passagère.

Mais la section des porcelaines, céramiques et verreries est un véritable triomphe. Les essais inaugurés par Salvelat ont enfin abouli, et on trouve dans les vitrines des spécimens de porcelaine flambée, « transformée en malière précieuse par la dissemblance des effets dus à des combinaisons de cuisson, à des courants d'oxygène faisant passer le rouge de cuivre par le

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