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mais seulement s'il tend à un but pratique ou noble ; 3° n'encouragez jamais une imifalion ni une copie d'aucune espèce... » La voie tracée par Ruskin est admirablement suivie par Burne-Jones, Walter Crane, William Morris; s'ils se sont d’abord trop inspirés de leur style national Marie Tudor, la logique et le bon sens anglo-saxon leur feront vite abandonner les formes inuliles ou vraiment archaïques pour prendre à la nature tous les éléments dont ils ont besoin.
Industriels et commerçants britanniques savent suivre de tels maitres, et les grandes firmes « Liberty » ou « Maple » créent d'importantes succursales dans toutes les grandes capitales.
En Amérique, Louis-C. Tiffany révolutionne l'art du vitrage, de la verrerie et de l’ameublement en général.
En Danemark, c'est dans la porcelaine surtout que paraissent les nouveaux modèles déjà si admirés en 1889.
Et le mouvement général de rénovalion se fait sentir en Z{alie, en Au- (riche, en Hollande, en Suëde.
En Belgique, s'ouvrent en 1894 la première Exposition de la Libre Esthétique, où une large place est faite aux Arts décoratifs, et la Maison d'Art, qui, installée dans l'ancien hôtel du célèbre avocat Edmond Picard, présente à l'architecture bruxelloise les créations de l’Arf nouveau de tous les pays. L'architecte Van de Velde cherche à satisfaire le goût flamand et son amour de l'ampleur et de la richesse par des boiseries, des étoiles, des broderies, des cuivres aux courbes bien souvent imprévues.
Quant à l'Allemagne, patrie de Van de Velde, elle abuse alors d'une décoration graphique et d’une stylisation vraiment exagérées.
Depuis leur origine, les Expositions se sont complètement transformées : elles sont d’abord nationales de l'an VI (1798) à 1849; organisalion, admission, inslallalion, attribution des récompenses y appartiennent surtout à des fonctionnaires et à des savants. En 1851, elles sont devenues de grandes manifestations internalionales de l'activité mondiale, et peu à peu industriels et commerçants sont admis dans les divers comités et jurys.
Quand les Sections françaises à l'étranger sont organisées par l'Etat, elles coûtent des millions, et ses hauts fonclionnaires, malgré foule leur bonne volonté, ne peuvent connaître les véritables intérêts des exposants dont bien peu d’ailleurs songent à sortir de France.
Quand l'Etat s'abstient, c'est la plupart du temps une Société financière qui prend en mains la direction de la Section francaise et est obligée de couvrir ses risques par une recherche de bénéfices payés fatalement par l'exposant. Quant aux litres de membres des comités et jurys el aux hautes distinclions, combien sont attribués à des hommes qui ne sont même pas exposants. Comme nous l'avons indiqué plus haut, c'est alors qu'un groupe d'industriels, ayant à sa tête Gustave Sandoz, voulut que l'Exposition appartint à
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l'exposant, que l'initiative privée marchât d'accord avec là puissance de d'Etat, que les pouvoirs de l'entreprise fussent absolument séparés des droits de l’exposant et que ces manifestations devinssent vraiment pour la France un moyen de développer son exportation, de forcer les Français à voyager et à faire mieux connaitre leurs produits en les présentant eux-mêmes à leurs clients.
C'est ainsi que l'Æxposilion de Barcelone, 1888, organisée et préparée depuis 1885 par ce groupe, n'entraîna pas la moindre dépense pour l'Etat, quoiqu'elle ait été reconnue officiellement moins de trois mois seulement avant son ouverlure.
En 1890, sur un nouvel appel de Gustave Sandoz, les membres des Comités de Barcelone se constiluæent en une Associalion permanente qui, sous le nom de Comité d'inilialive des Exposilions françaises à l’élranger, organisait une Æxposilion française à Londres en 1890 et obtenait du Tsar l'ukase autorisant la grande Æxposilion francaise qui eut lieu à Moscou en 1891.
Puis le Comité, alors dirigé par Thibouville-Lamy, qui venait de remplacer Gustave Sandoz, prématurément enlevé, se réumissait à la Sociélé d'Economie industrielle
né el commerciale pour préparer la
Médaille dessinée En é Fraipont. participation de la France à l'Ex-
position de Chicago, 1893, par une Commission spéciale que présidait Ernest Lourdelet, assisté de Georges Lamaille, secrétaire général, et Maurice Estieu, trésorier.
Mais l'impossibilité de prendre part aux Expositions inlernalionales amena le Comité à élargir son champ d'action; c’est ainsi qu'il se reconslituait en 1895 sous le nom défimilif de Comité français des Exposilions à l’élranger et appelait à la présidence Alfred Ancelot, qui venait d'appliquer avec un réel succès à Amslerdam, 1899, ses théories fondamentales : séparalion absolue des pouvoirs de l'entrepreneur et de l’exposant, exclusion systématique des comités des bénéfices qui sont, quand ils existent, ristournés aux classes et à leurs participants.
Les anciens ministres du Commerce, Victor Lourlies, André Lebon, Marty, Siesfried, Mesureur, voulurent bien accepter la présidence d'honneur, suivis depuis par Henri Boucher, Maruéjouls, Paul Delombre, Millerand, Alfred Picard, Delaunay-Belleville, Dervillé, Trouillot, Dubief, Doumergue, Jean Cruppi, Alfred Massé, Ch.-M. Couyba. Le bureau comprenait