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canger de ces expositions de plus en plus gigantesques, impossibles à préparer en quelques mois, et dont la durée éphémère ne mérite pas les frais énormes et le bouleversement économique qui en résultent : c'est une confusion des produits importants et secondaires; une crise de travail et de curiosité. Et, sagement, il préconise des expositions permanentes et restreintes sous le titre de « musées généraux ou musées commerciaux ». Michel Chevalier écrivit l’Introduction aux Rapports du jury. Cette œuvre, où le savant se double d’un moraliste, est un exposé des rapports
XXV. — Exposition universelle ct internationale de Paris, 1867. Revers de la grande Médaille, gravée par J.-C. Chaplain.
entre l'industrie, la science, le capital et la liberté, des perfectionnements de l'industrie et de la puissance de production des industriels et des sociétés.
Des rapports de classes, très complets ct très éludiés, nous retiendrons parmi ceux qui intéressent directement l'art industriel :
Classe 8 : application du dessin et de la plastique aux arts industriels. Rapport de Victor Baltard sur les procédés généraux et l’enseignement de l’art industriel. Rapport d'Edmond Taigny : applicalions diverses. Rapport de Barre : gravure en pierres fines. La classe possédait en outre dessins et œuvres d'orfévrerie, ciselure, émaullerie, ete. La difficulté fut, pour le Jury de cette classe, de départager les dessinateurs qui jettent leurs modèles sur le papier et les artisans qui sont créateurs à la fois par l’inspiration et par l'exécution, et ses rapporteurs insistent sur la nécessité de déve-
lopper chez nous le goût, l'invention, la variété, de lutter contre l'uniformité et la monotonie et d'établir des écoles professionnelles de dessin pourtoutes les branches de l'art industriel.
Classe 14 : Rapport de E. Guichard sur les meubles de luxe; sauf de rares exceptions, on y retrouve les reproches habituels.
1° Une habileté de main poussée à l'extrême;
2° Des industries d'art puisant tout aux sources anciennes avec peu de discernement, et vivant sur le capital laissé par nos pères, sans y ajouter rien ou à peu près; : É
3° L'absence d'invention et de style propre;
4° Des œuvres conçues, en général, en dehors des convenances de leur
destination et des lois harmoniques des ensembles.
« L'art est trop souvent dirigé, non par l'artiste, mais par la mode aveugle, par l’amour du faux luxe, par les goûls singuliers de clients volontaires et peu éclairés, et d’un autre côté par la nécessité de vendre qui entraine et violente le fabricant, lors même que c’est un habile homme et un homme de soût et qu'il n'ignore nullement que, en exécutant la commande, il se place en dehors des conditions de l’art. »
Et la conclusion s'impose d'elle-même : création d'écoles professionnelles, extension de l’enseignement des beaux-arts, rénovation complète de nos arls industriels et aussi « nécessité de reconstituer une élite nombreuse de fins connaisseurs ».
Classe 21 : Paul Christofle : orfévrerie. La France y conserve le premier rang ; l’orfèvrerie reste un art véritable, dans lequel il faut tenir compte non seulement de la commodité et. de l'usage auquel on destine l’objet, mais, encore de la pureté du style et de l'élégance de la forme et de la décoration.
Classe 26 : Rapport de Fossin et XXVI. — Exposition universelle et in- Baugrand : Joaillerie, bijouterie. On
ternationale de Paris, 1867. Face de la y copie moins, on tend à devenir ori- Médaille des récompenses, gravée par
H. Ponscarme.
ginal, mais si la France veut garder sa supériorité, elle doit développer le goût, faciliter l'exportation par une modification de la loi sur la garantie, créer des écoles de dessin pour les ouvriers bijoutiers, in{éresser l'artiste aux bénéfices, consacrer la propriété du dessin et « associer les ouvriers aux produits de leurs travaux en les rendant solidaires de la prospérité de leur industrie, sans entamer en rien le droit de propriété des patrons ».