‹ Arts appliqués et industries d'art aux expositionsChapitre 8 sur 126 · OUR · texte numérisé non relu

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Parmi les principaux lauréats des industries d'art, il nous faut signaler : Mame, Firmin Didot, l'Imprimerie Impériale, pour la libraurie; les frères Fannière avec leur fameuse «Chute des anges » en acier repoussé; Froment- Meurice (Buste de l'Empereur sculpté dans une aigue-marine et Berceau du Prince impérial), Christofle, Duponchel, pour l’orfévrerte, et Poussielgue et Armand-Calliat pour l’orfévrerie religieuse ; pour la bijoulerie-joaillerie, Boucheron, qui donnait la liste de (ous ses collaborateurs, Fontenay, Massin, qui rénovait la joaillerie française ; Sallandrouze de Lamornaix, pour ses {apis; pour l’ébénislerie, Fourdinois et aussi Henri Lemoine qui avait fondé, en 1865, la première école de dessin professionnel suivie l'année suivante par celle de la bijouterie, créée par Alexis Falize, Massin, Fannière; dans le bronze, Denière et aussi Barbedienne : saluons cet illustre fabricant qui le premier, comme éditeur, s'est montré vraiment respectueux des droits de l'artiste et fut pratiquement le créateur de ce contrat d'édition qui contribua tant au développement de la sculpture française.

Une importante innovation se manifesta pour le public par les récompenses spéciales que l’on décerna : elles furent « en faveur des personnes, établissements ou localités, qui, par une organisation ou des institutions spéciales, ont développé la bonne harmonie entre {ous ceux qui coopérent aux mêmes travaux et ont assuré aux ouvriers le bien-être matériel, moral et intellectuel ». L'idée fut quelque peu critiquée, taxée même de charlatanisme ; on se moqua du tableau des mérites que la Commission avait dressé pour leur fixer un coefficient; mais si, comme l’a dit plus tard Jules Simon, il y avait « générosité dans le principe et puérilité dans l'application », l'œuvre n’en reste pas moins curieuse et belle, pour avoir fait, « dans cette fête du travail, une place à la moralisalion de l'ouvrier, à son instruclion et à son bien-être ».

En même temps, une réelle importance fut donnée aux délégations ouvrières. Elues par leurs pairs, elles étaient chargées d'étudier la fabrication des objets exposés et de les apprécier dans des rapports adressés à la Commission d'encouragement. Leur mission fut remplie avec impartialité; leurs Æapports illustrés sont en général très bien faits, et les vœux qu'ils formulent, pleins de sagesse et de sincérité, si l'expression n’en est pas toujours élégante, s'efforcent du moins d'être toujours Justes et pratiques. On y trouve des remarques utiles sur la fabrication française comparée à celle de l'étranger, des vœux pour l'amélioration de la dignité du travailleur, pour la création de syndicats patronaux et ouvriers, « afin d'y discuter froidement et de sauvegarder les intérêts des deux parties »; enfin des critiques de la division du travail qui anéantit le goût de l’ouvrier. Travarl, instruction, liberté, voilà brièvement l’utile conclusion qui se dégage de ces rapports.

L’'Exposition de 1867 s’acheva dans les fêtes, mais au milieu de sombres présages. Michel Chevalier craignait, dans son rapport, qu'elle ne fût qu'un

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