‹ Arwed, ou, Les représaillesChapitre 4 sur 29 · LES AUTRES · texte numérisé non relu

LES AUTRES

Oui, c'est lui , nous devons bénir

Le destin plus prospère;

Car, prisonnier de guerre, Son malheur devient un plaisir !

ARWED , seul.

Lorsque le bruit des armes , Cause ailleurs des alarmes ,

Au sein de l'ami lié Que le chagrin soit oublié.

TOUS

Au sein de l'amitié Que le chagrin soit oublié !

ARWED.

Polwarth ! ce cher ami !

Que je t'embrasse encore !

ARWED.

Et toi, Job, comment se fait-il?. . .

JOB

Dam', mon colonel, je ne peux pas rester où tous n'êtes pas , et je suis ici parce que vous n'êtes pas ailleurs.

ARWED.

C'est unique ! Parmi nos ennemis , je n'ai trouyé que des camarades. Voilà comme j'aime faire la guerre , gaiement et sans rancune. Cet excellent Polwarth , que je suis aise de le retrouver !. . . lui avec qui j'ai passé tant de nuits à la taverne du Grand Malborough!

POLWARTH

Dieu ! quelles orgies !

ARWED.

Voilà de ces amitiés qui ne s'effacent jamais! Aussi, je vous le présente comme un homme rare et précieux.

air de V Artiste.

C'est un soldat aimable, Un convive aguerri , Au combat comme à table C'est mou meilleur ami.

Ah! rien dans la mémoire l\e grave un souvenir, Comme des jours de gloire El des nuils de plaisir.

Colonel, nous ne voyons également en voas qu'an ami qui nous est rendu. Le colonel Rivers a été fait prisonnier en même temps que vous ; sa position est tout-à-fait semblable à la vôtre. Je ne doute pas que Wasingthon n'agisse à son égard avec la même cordialité.

ARWED.

Je doute cependant qu'il l'invite au bal ; on n'est pas disposé à la danse , quand on campe à la belle étoile ; mais je n'en suis pas moins sensible à vos procédés, moi surtout dont la conduite. . •

LAD Y/

Un mot à ce sujet, ce sera le seul. Par quel motif avezvous servi les Américains, vous qui êtes Anglais d'habitude et d'affection?

ARWED.

Que sais-je? Dans cette guerre cruelle, il est si difficile de se reconnaître entre le sentiment et le devoir.

LADY

Jusqu'ici, vous avez tout fait pour le devoir , il vous reste à payer la dette du sentiment.

ARWED.

Oui , Madame, c'est possible ; mais il m'est arrivé si souvent de ne pas payer mes dettes... Polwarth le sait bien.

POEWARTH.

C'est vrai ! nous sommes comme cela , nous autres jeunes gens.

job, à part.

Cette femme-là est une enjeoleuse.

LADY

Mais parlons d'autre chose. . . Capitaine Polwarth, n'allez-vous pas vous préparer pour le bal?

POLWARTH

C'est ma foi vrai, je m'oubliais. . . Je vais me débarrasser de tout cet attirail de guerre.

ARWED.

Comment, Polwarth, tu danserais! il me semble que c'est contraire à tes principes ?

POLWARTH

Que veux -tu, mon ami; on prétend que le souper sera

magnifique... Mais toi; qne diront tes Américains quand ils sauront que tu es venu au bal avec nous?

ARWED.

Mon cher Polwarth , danser ce n'est pas trahir.

POLWARTH

C'est juste ! de même que souper ce n'est pas danser.

CLINTON

Capitaine , je sors avec vous.

ARWED.

Toi, Job, va m'attendre chez mon cousin Domforth; c'est là que je loge. . . Dans Tremens-Street, tu sais. . •

JOB

Ah! je sais très - bien. . . Job connaît tout le monde à Boston.

air de la Couturière.

Sépan ns-nous puisque le temps nous presse. Peur cette fête il faut nous apprêter.

clinton , bas à Lady.

Ma chère amie, avec lui je vous laisse.

LADY

De ce moment je saurai profiter. . .

job , bas à Arwed.

Mon colonel , je n' sais c' qui s' manigance $ Mai* , en tout cas , prenez bien garde à vous.

clinton , de même.

Il faut enfin gagner son alliance.

LADY

Je veux ici qu'il me l'offre à genoux. ENSEMBLE.

Séparon-snous puisque le temps nous presse ; Pour cette fête il faut nous apprêter.

Mais en ces lieux ensemble je vous laisse, Et je reviens pour ne plus vous quitter.

( Clinton et Job sortent par la porte à gauche du deuxième salon , et Polwarth par le fond. )

Page 1