SUR LES MÉTHODES DE STÉRILISATION
De plus, les étuves à pression fonctionnent avec beaucoup de précision, ce qui n'est pas le cas pour les étuves sèches. Ces dernières (étuves de Poupi-
Fig. 1. — Etuvc sèche de Chantemesse.
nel, de Chantemesse, etc.) sont constituées par des caisses entièrement métalliques qu'on chauffe à l'aide d'un brûleur à gaz ; elles présententde grandes différences dans la température de leurs parties inférieure et supérieure et de grandes variations selon
ii'} GÉiNlhîAUTÉS SUll LKS M KTUOIJKS DE STÉHILISATKtN
la pression du gaz; aussi esl-on obligé d'en porlci-la lompéraUire à 200° pour être à l'abri des causes d'erreur. L'étiive sèche est le meilleur moyen de stériliser les instruments ; ceux-ci ne sont pas altérés, et on les conserve indéfiniment stériles dans des boîtes métalliques faciles à transporter.
Elle sert encore à stériliser les compresses sèches, la ouate, les cuvettes et bocaux qui servent aux opérations.
La chaleur sèche n'est plus applicable aux caoutchoucs, ni à la soie qui conduit mal la chaleur, ni aux compresses humides; tous ces objets devront être stérilisés à l'autoclave.
Pour la peau du malade et les mains du chirurgien on devra se contenter de la stérilisation par les agents chimiques ; on emploiera l'éther, l'alcool qui dégraissent, le permanganate de potasse qui réduit les substances organiques et le sublimé qui est un microbicide puissant.
Pour les cuvettes et la verrerie (cristallisoirs, verres, œillères, bocaux, canules à injections), le plus simple est de les laver à l'eau régale puis à l'eau bouillie qui enlève l'excès d'acide.
Savoir choisir et manier les divers procédés de stérilisation constitue un art très complexe et très délicat; il est indispensable d'avoir dans chaque service de chirurgie un interne en pharmacie instruit et soigneux qui remplisse ce rôle dilhcile.
Voici d'après Miquel (1) la valeur anliseptiqiie re lative des divers agenLs chimiques.
Les chiffres placés eu regard indiqueut la dose nécessaire pour empêcher la putréfaction d'un litre d bouillon de bœuf.
1° Substances exlrêmemenl antiseptiques
gi-ammns
Eau oxygénée. . .
Sublimé
Nitrate d'argent.
O.Oo
2° Substances très fortement antiseptiques
Iode
Chlorure d'or
Chlorure de platine, Acide cyanhydrique.
Brome
Sulfate de cuivre . .
3" Substances fortement antiseptiques
Cyanure de potas.sium
Bichromate de potasse Gaz ammoniac
Chlorure d'aluminium
(1) Miquel, les Organismes vivants de l'atmosphère. Thèse d Paris 1883.
Chloroforme I ;;ç
Chlorure de zinc 1 '93
Acide thymiquc 2 »
Chlorure de plomb 2 >,
Nitrate de cobalt
Sulfate de nickel 2.50
Azotate d'urane 2.80
A. phénique 3 20
Permanganate de potasse .. .. 3.30
Azotate de plomb 3 60
Alun 4 '50
Tanin 1.80
40 Substances médiocrement antiseptiques
Bromhydra te de quinine 5. 50
Acide arsénieux 6 »
Sulfate de strychnine ' 7 »
A. borique 7.50
Arsénite de soude 9 »
Hydrate de chloral 9.80
Salicylate de soude 10 »
Sulfate de for H »
Soude caustique d8 »
5° Substances faiblement antiseptiques
Perchlorure de manganèse 25 »
Chlorure de chaux 40 »
Borate de soude 70 »
Chlorhydrate do morphine 75 »
Chlorure de strontium S") »
Chlorure de bai'yum 95 )>
Alcool 93 ))
6" Substances très faiblement antiseptiques
Chlorure d'ammonium llo »
Arséniate de potasse 125 »
lodiire de potassium 130 »
Sel marin 16> »
Glycérine 22 i »
Sulfate d'ammoniaque 250 »
Hyposulfite de soude 275 »
Usages et mode d'emj)loi des antiseptiques