‹ Asepsie et antisepsie chirurgicales [electronic resource]Chapitre 21 sur 60 · I. — A^ntisepsie de la peaa · texte numérisé non relu

I. — A^ntisepsie de la peaa

A. — Peau saine

Désinfection de la peau de l'abdomen avant la laparotomie.— La veille de l'opération, la malade prend un grand bain savonneux d'une demi-heure. On lui fait ensuite la toilette du ventre, qui consiste à raser les poils du pubis et de la ligne blanche, à savonner et brosser avec soin tout le ventre en fouillant profondément les anfractuosités de la cicatrice ombilicale.

On applique alors un pansement humide composé de compresses de gaze imbibée de sublimé au 1/1000 et recouvertes detatfetas gommé et d'un bandage de corps.

Au moment de l'opération, le chirurgien refait à nouveau, lui-même la toilette du champ opératoire.

44 ANTISEPSIE DU CUAMP OPÉnATOIRE

Avec des mains désinfectées, il savonne el brosse avec soin tout l'abdomen avec une brosse autoclavée. du savon stérilisé el de l'eau bouillie. Il enlève le savon avec un courant d'eau, puis sèche la peau avec une compresse stérilisée, afin de la mieux disposer à la désinfection chimique. On verse alors sur la peau du ventre :

1" De Véther. En même temps on frictionne vigoureusement la peau avec une compresse stérilisée.

2° De Valcool, nouvelle friction. L'éther et l'alcool sont destinés à enlever les matières grasses ; ces substances ont d'ailleurs par elles-mêmes des propriétés antiseptiques.

3° Du sublimé à 1/000. On dispose alors autour du champ opératoire des compresses stérilisées, le chirurgien se fait verser à nouveau sur les mains de l'alcool et du sublimé et l'opération commence.

B. — I*eau infectée

S'ils'agitd'une surface sphacélée ou ulcérée (tumeur au sein); il est bon d'en faire le raclage à la curello quelques jours d'avance et d'appliquer localement de la teinture d'iode, de la poudre et delà gaze à l'iodoforme.

S'il existe une fistule qui donne du pus, on la grattera, on y injectera de la teinture d'iode, on yintroduii'a des crayons d'iodoforme qu'on laissera à demeure ou des crayons au chlorure de zinc au 1/10 ou à parties égales.

ANTISEPSIK DU CIIAMI' OPKRATOIIîH:

Hî. — ilLUtisepsie vagîno-utérîno

A. — Désinfection du vagin

La veille de l'opéralion Texte rue rase, brosse et savonne la vulve.

Il savonne le vagin avec des tampons d'ouate (1) hydrophile imprégnés de savon et montés sur pinces ; il lait ensuite un lavage au sublimé puis un bourrage du vagin à la gaze iodoformée.

Le jour de l'opération le chirurgien fait lui-même le savonnage et le brossage de la vulve au sublimé et frotte le vagin avec une compresse aseptique imbibée de sublimé. Enfin injection vaginale au sublimé.

On dispose alors deux compresses stérilisées de chaque côté de la vulve et on commence l'opération.

Injections vuginales. — L'appareil qui nous .sert aux injections vaginales est le laveur de Tarnier ^fig. 2) qui se compose d'un cadre en fil de fer soutenant un cylindre de verre auquel est adapté un tuyau de caoutchouc.

Nous avons deux injecteurs dans la salle d'opération, un pour les opérations proprement dites, l'autre pour les pansements.

D'autres laveurs servent dans les salles pour les injections journalières.

Pour éviter l'infection par les canules, nous avons

(1) Quand la malade n'est pas endormie, on préfère le savonnage au tampon à l'emploi de la brosse, qui est très désagréable.

à la salle d'opération un jeu de 0 canules articulées, semblable au modèle ci-conlre (fig. 3).

Fig. 2. — Laveur de Tarnier.

Chaque fois qu'une canule a servi, on la fait bouillir pendant 1 /4 d'heure dans la glycérine à 130°, puis on

Fig. 3. — Canule articulée.

la place avec les canules propres dans un cristallisoir rempli de sublimé.

B. — Désinrection de l'utérus

La désinfection de la cavité utérine comprend comme précautions préalables toutes celles de l'antisepsie vaginale.

La désinfection utérine proprement dite se fait de différentes manières selon les cas.

On peut antiseptiser l'utérus en y injectant tout simplement quelques gouttes de teinture d'iode avec la seringue deBraun. Ce traitement suffit àguérirles métrites légères.

S'il s'agit d'un curage utérin, on commence par dilater l'utérus en y introduisant successivement et k deux jours de distance, deux laminaires aussi grosses que possible.

Ces laminaires sont simplement stérilisées par simple immersion dans l'éther iodoformé à 10 % qui les pénètre et les antiseptise admirablement. Après le curage on badigeonne la cavité avec de la teinture d'iode et du chlorure de zinc au 1/10 puis on bourre à l'iodoforme.

Lorsqu'on doit faire une liystérectomie abdominale, nous recommandons d'introduire le plus haut possible dans la matrice une sonde stérilisée en gomme noire par laquelle on injectera quelques grammes de teinture d'iode.

Si l'on veut désinfecter un utérus cancéreux avant l'hyslérectomie vaginale, ondoit, laveille, amputerles parties exubérantes fongueuses et friables du col, pour éviter l'inoculation cancéreuse ou septique de la plaie opératoire; pour désinfecter la cavité utérine, le procédé le plus simple consiste à y introduire la veille un crayon de pâte de Canquoin ; de cette manière les liquides utérins ne risquent pas d'inoculer le champ opératoire.

— Antisepsie des voies urinaire»^

Oésinfection des sondes

Nous employons trois sortes de sondes pour lesquelles le procédé de désinfection est dilTérent ce sont les sondes métalliques, les sondes en gomme rouge et les sondes en gomme noire.

Sondes métaliiqiiejs. — Les sondes d'argent sont très faciles à stériliser par flambage à la lampe à alcool ; mais ce procédé, parfait pour le personnel médical, n'est pas employé, ou mal exécuté par les infirmières à cause de leur paresse ou de leur manque de précautions.

Pour assurer l'asepsie du cathétérisme, nous avons fait construire des boîtes de mé tal à couvercle mobile dans lesquelles les sondes sont rangées par 6 sur chevalets, comme des bistouris (flg. -4). Le tout est porté à l'étuve à 200 degrés pendant une heure.

Fig, i. — Boite pour stériliser les sondes d'argent (sondes do femmes).

Au moment du cathétérisme on ouvre la boîte, ou y prend une sonde avec une pince, et on l'immerge dans l'eau phéniquée faible pour la débarrasser de la poussière de l'air. Si l'infirmière fait la faute de saisir la sonde avec les doigts, cela n'a pas grand in-

convénient, car elle ne pourra la prendre que par le pavillon, qui peut sans inconvénients n'être pas aseptique, si le reste de la sonde est propre.

La sonde qui a servi est lavée à l'eau, essuyée et mise de côté pour une nouvelle stérilisation que l'on ne fera que quand on aura six sondes à stériliser.

Sondes en ^oninie ronge. — Les SOndes Cn gomme rouge peuvent être stérilisées par ébullition dans la glycérine à 130° ; on peut ensuite les conserver dans un tube de verre stérilisé à l'acide nitrique et à l'étuve. Ce tube est rempli d'une eau antiseptique, contenant 2/lOUU de sublimé et fermé avec un bouchon en caoutchouc stérilisé également dans la glycérine...

Il est beaucoup plus simple et plus rapide de stériliser les sondes à l'autoclave à 1 20° pendant 20 minutes dans des tubes de verre remplis d'eau antiseptique (sublimé à 2/iOOO).

C'est ainsi que nous stérilisons les sondes en caoutchouc rouge de Nélaton dont nous nous servons pour la ligature élastique de l'hystérectomie vaginale.

On trouvera des renseignements complémentaires page 93, à propos de la stérilisation des drains et sondes.

Sondes en gomme noîi-e. — On a préconisé toute une série de procédés pour la stérilisation de ces sondes.

1" Immersion dans les liquides antiseptiques. — Ce procédé est mauvais car le liquide ne pénètre pas dans les petites sondes, il ne mouille pas les parties grasses et, à la longue, les sondes s'écaillent dans le liquide.

2° L'ébultition à l'eau ne stérilise pas sûrement, et l'ébullition à la glycérine à 130° altère la gomme.

En outre, si l'on veut conserver les sondes quelques jours, on ne peul le faire dans le liquide qui les

Fig. 5. — Appareil du professeur Guyon pour la désinfection dos sondes par l'acide sulfureux.

écaille, ni dans un lube à sec stérilisé, car il faudrait d'abord sécher les sondes en les essuyant, ce qui serait impraticable.

ANTISliPSIE DU CUAMP OPÉRATOIRE Kl

3° La désinfection à l'acide sulfureux. Procédé du professeur Guijon. — Ce procédé présente l'inconvénienl

Fig. (J. — Appareil de Guyou, vue intérieure.

d'exiger un appareil spécial (fig. 5) coûteux, et de dégager des vapeurs oxydantes et désagréables. Ajoutons que la désinfection chimique est loin d'être aussi sûre que la stérilisation par la chaleur.

02 ANTISEI'Slh: DU ClIAMI' OI'ÉUATOIHIC

■i" Vautoclave esl admissible à la condilion qu'on stérilise les sondes placées à sec dans un tube fermé à la ouate, mais il ramollit les sondes davantage (jiic l'étuve sèche.

5» L'étuve sèche est le procédé de choix. Delagèniere a conseillé de porter les sondes à 100" à l'étuve sèciie trois jours de suite, mais ce procédé est trop long. Il est préférable d'adopter la pratique de Foncet <\m porte les sondes à 140° à l'étuve sèche. Ce chirurgien les conserve ensuite dans des tiroirs remplis de poudre de talc; nous préférons placer les sondes dans de grandes éprouvettes stérilisées à l'eau régale lavées à l'eau bouillie et bouchées à la ouate. On porte le tout à l'étuve à 140° pendant une demi-heure.

Cathétérisine de la Femme

11 est préférable d'employer les sondes d'argeni stérilisées à l'étuve sèche et qui ne servent qu'une fois, plutôt que les sondes en gomme rouge qui risquent de s'infecter entre les cathétérismes.

Le cathétérisme de la femme s'exécute avec les précautions suivantes :

L'opérateui^ se lave soigneusement les mains au savon, à la brosse, puis les plonge dans le sublimé : — avec une pince propre il prend dans la boite ii sondes un cathéter stérilisé et l'immerge dans l'eau phéniquée faible.

Il se place à droite de la malade, écarte alors les lèvres de la vulve et essuie forihce urétral avec un tampon d'ouate imbibé de sublimé à 1/1000.

On introduit alors la sonde non graissée (1) dans

(1) La graisse a l'inconvcnicnt do former dans le canal de lu

ANTISEPSIE DU CHAMP OPÉRATOIRE 'V'i

la vessie. Lorsque l'évacuation est terminée, on lave une dernière fois la vulve au sublimé.

La sonde est lavée à l'eau, séchée et mise de côté pour une nouvelle stérilisation à l'étuve.

Sonde à demeure chez la femme. — Quand on met une sonde à demeure chez la femme, on

Fisr.

Sonde de Pezzer.

ia choisit petite (n" 14), en gomme rouge et anlcclavée.

On l'introduit dans la vessie avec toutes les précau-

son.le un cambouis scpliquc, qui rend le noUoyaso de l'insu-iimcnt 1res dillicilc.

04 ANTISlil'SIK DU CHAMP ÛPÉKAT0IU15

lions indiquées pour le calliélérisnie. On prend la précaution de reuroncer très peu dans la vessie, el on fait déboucher son exlrémilé libre dans un urinai en verre corilenant de l'eau boriquée. On la maintient par un fll rattaché au bandage du corps.

Les sondes à demeure doivent être changées tous les jours pour éviter l'uréthrite el la cystite. On peut aussi employer la sonde de Pezzer qui tient toute seule, sans être fixée (figure 7).

Catliétérisme de l'homme

Ce cathétérisme s'exécute avec des instruments stérilisés, comme il a été dit plus haut.

Chez l'homme, il est indispensable de graisser les sondes avec de la vaseline boriquée (l),autoclavée tous les jours.

On met d'abord le gland à nu, en refoulant le prépuce et on fait un lavage du gland avec des tampons imprégnés de savon suivi d'une lotion au sublimé.

Avant d'introduire le cathéter, il est indispensable de faire un lavage de l'urèthre antérieur (ordinairement septique) avec une seringue stérilisée dont on introduit la canule dans le méat, et avec laquelle on injecte une solution de nitrate d'argent ou de permanganate à 1/1000.

On introduit ensuite la sonde stérilisée dans la vessie ; elle traverse alors un urèthre propre et n'introduit pas dans la vessie les gommes qui pullulent habituellement dans l'urèthre.

Sonde à demeure chez l'homme. — Il faut

(1) La vaseline au sublimé aurait l'inconvénient de provoquer une urcthritc légère.

éviter le plus possible de laisser des sondes à demeure chezl'homme à cause de la fréquence de l'uréllirile consécutive.

Ces sondes (gomme rouge ou noire) seront changées tous les jours et remplacées par une nouvelle sonde stérilisée qu'on n'introduira qu'après avoir fait un lavage de l'urètlire au permanganate au 1/1000.

Si l'introduction de la sonde était difficile ou dangereuse, on pourrait n'employer que des sondes à bout coupé qu'on introduirait sur un mandrin vissé sur une bougie armée ; on pourrait encore profiter d'une boutonnière hypogastrique qui permettrait en attachant la nouvelle sonde au bec de l'ancienne, de faire pénétrer la première dans l'urèthre par un trajet rétrograde.

iVntisepsîe vésîcale

Toute manœuvre intra-vésicale (taille, litho- Iritie, etc.) comporte la désinfection préalable du gland et de l'urèthre.

Pour désinfecter la vessie saine, on la lave à l'eau bouillie, puis au nitrate d'argent au 1/1000 ou au permanganate de potasse avec un laveur ou une seringue aseptique.

S'il y a de la cystite, on la traitera pendant plusieurs semaines avant l'intervention, par le cathétérisme aseptique et les lavages au permanganate (1/1000) ou au nitrate au 1/1000, au 1/500, au 1/200 ou môme au l/,oO.

Avant les lavages au nitrate, on injectera d'abord de l'eau bouillie pour balayer le muco-pus, puis le ndrale; enfin on fait un dernier lavage boriqué pour neutraliser le nitrate d'argent.

.JO ANTISKPStlî CHAMP OI'KIiATOIRR

Instinimcntation poui* les lavages véisii. «•aux. Laveurs. Seringues aseptiques. —

L'instrument le plus simple ot le plus propre qu'on puisse employer pour les lavages de la vessie, c'est

Kig. 8. — Seringue aseptique de Félizet à piston en caoutchouc.

l'injecteur de ïarnier (fig. 2). Mais il a deux ino(^iivénients considérables dans l'espèce :

1° On ne sait pas exactement quelle quantité on injecte. 2" On n'a pas la notion de la résistance (!<' la vessie à la distension. Les seringues au contraire permettent d'évaluer exactement la quantité injectée

ANTISEPSIE Ui: CIlAMl' OPÉUATOIKK o7

iiiusi que la lension iulra-vésicale ; mais ces instruiiienls sont difficilemeiiL slérilisables.

Desnos conseille l'emploi de i)islons mobiles en ciiii-. macérant constammenUlans l'huile phéniquée à l/lU;inais les recherches de Koch ont montré l'insutlisance bactéricide de l'huile phéniquée.

Guyona l'ait construire une seringue en vei-re à piston en cuir, facile à tenir propre, qu'il stérilise avec le nitrate d'argent.

On peut faire à ce procédé l'objection suivante : <|ue le nitrate ne peut agir sur les parois de la seringue qui sont imprégnées de la graisse du piston; d'autre part, si on enlève cette graisse, la seringue fonctionne mal, devient dure.

La seringue de Félizet (flg. Gj entièrement métallique, à piston en caoutchouc, peut être stérilisée à l'autoclave, ou par ébullition à la glycérine à 130". Nous l'avons employée et sommes très satisfait de sou fonctionnement.

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