‹ Asepsie et antisepsie chirurgicales [electronic resource]Chapitre 22 sur 60 · VI. — i^ntisepsie du tube «ligestir · texte numérisé non relu

VI. — i^ntisepsie du tube «ligestir

Boucixe. Estomac. lutestin grêle.

Gros iiitestnii. Rectum.

A. — Bouclie

Quand on veut désinfecter la bouche, la première précaution doit être d'extraire les chicots et les dents malades.

On doit aussi faire ruginer les dents incrustées de lartre, et s'il existe de la gingivite faire chaque jour des attouchements avec la teinture d'iode pure sur les gencives fongueuses.

On recommande ensuite au malade de se laver la

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bouche au permanganate de potasse à 1/1000, quatre fois par jour dans la semaine qui précède l'opération, et toutes les heures, la veille et le jour de l'opération.

On défendra au malade le tabac, l'alcool, les mets épicés qui provoquent l'intlammation de la bouche, et on le mettra au régime de l'antisepsie instestinale [purgatifs légers, lait stérilisé et naphtol. (Voir plus loin.)]

Si l'on fait l'ablation du mascillaire înférietii-,

11 faut ménager les lambeaux muqueux gingivaux, interne et externe, qu'on suture entre eux pour que la plaie soit complètement fermée du côté de la bouche.

Si l'on enlève la langue, on fermera la plaie linguale par des sutures qui feront en même temps l'hémostase. Si la perte de substance est trop considérable, on réséquera une moitié du maxillaire inférieur afin de suturer le reste de la langue à la muqueuse génienne.

Grâce à ces précautions, la plaie sera complètement fermée du côté de la bouche comme l'ont recommandé Péan, Berger et Terrier.

S'il s'agit de la résection «lu nia:KilIaire supérieur, on décollera à la rugine la muqueuse palatine qu'on laissera sur la ligne médiane se continuer avec celle du' côté opposé ; lorsque l'os sera enlevé, on pourra faire la suture de la muqueuse palatine à celle de la joue.

Le meilleur traitement des plaies de bouche, consiste à ne pas faire de pansement, car la gaze iodoformée provoque la stagnation des liquides qui ne tardent pas à se putréher, d'où septicémie.

Elle expose en outre le malade à l'intoxication par riodoforme dégluti.

ANTISEI'SIE DU CUAMl' OPÉIUTOIRE

Pour toutes ces raisons nous pensons qu'il vaut mieux faire des lavages toutes les demi-heures au permanganate de potasse à 1/1000.

Pour éviter que les aliments ne fournissent un milieu de culture aux saprophytes, on nourrira le malade à l'aide d'une sonde œsophagienne en gomme rouge passant par le nez, selon la recommandation déjà ancienne de Yerneuil.

B. — A.atîsepsie de l'estomac

Il faut d'abord réaliser l'antisepsie buccale.

Pendant les huit jours qui précèdent l'opération, le malade sera soumis matin et soir au cathétérisme évacuateur de l'estomac suivi de lavages à l'eau de Vichy.

Le malade s'abstiendra de tabac, liqueurs et mets épicés.

Il s'alimentera exclusivement avec du lait stérilisé ; cependant, s'il est très faible, on permettra des aliments très nourrissants sous un petit volume (cervelles, riz de veau, jus de viande, œufs, poisson).

Pour que les aliments n'arrivent pas infectés dans l'estomac, le malade aura soin de se laver la bouche au permanganate au 1/1000 avant et après chaque repas.

Le malade prendra chaque jour deux des cachets suivants :

Pour un cachet:

Magnésie i

|j[i^Y^^^'> ^« bismulh ) aa 30 centigrammes.

Immédiatement avant l'opération, on évacuera

ANÏISRI'SllO DU CHAMP OI'ÉHATOIHK

l'eslomac el on le lavera à l'eau de Vichy, ])uis à l'eau slérilisée.

Après les opéralions graves sur l'esloinac, le palieat ne prendra ni liquides, ni aliments par la bouche pendant 48 heures. On le soutiendra exclusivement par des lavements nutritifs (3 ou 4 par jour) ainsi composés.

Pour un lavement.

I aa 100 grammes.

Bouillon I

Jaune d'œuf N° 1.

Peptones S grammes.

Rhum 30 »

A partir du troisième jour, jusqu'au quinzième, on donnera au malade par la bouche, deux verres de liquide toutes les quatres heures pendant le jour, el un ou deux verres seulement pour la nuit. Le malade boira i)ar petites gorgées très espacées.

G. — Antisepsie «le l'intestin gi-êle

Avant V opération. — Il est indispensable d'observer les précautions indiquées pour l'antisepsie buccale et stomacale, à l'exception des lavages stomacaux ([ui sont fatigants et inutiles dans l'espèce.

L'alimentation sera exclusivement lactée (lait stérilisé), ou tout au moins composée de viandes délicates si le malade est trop faible, et on administrera les cachets au bétol.

Les purgatifs salins à petite dose sont les meilleurs moyens d'antiseptiser le tube digestif. Pendant les huit jours de préparation, le malade prendra chaque matin un demi-verre îi Bordeaux d'eau de Sedlitz.

L'avant-veille de l'opération, on donnera un grand purgatif (2 verres d'eau de Sedlitz).

La veille, on purge de nouveau, avec un seul verre d'eau de Sedlitz.

Le jour de l'opération, le malade prend un lavement (1) évacuant à la glycérine; on lui fait ensuite un lavage du gros intestin au permanganate au 1/1000 ou à l'eau stérilisée.

Après l'opération. — Après l'opération, le malade ne prendra rien par la bouche jusqu'au lendemain, si ce n'est des petits morceaux de glace.

On calmera sa soif avec des quarts de lavements d'eau stérilisée.

On administrera 10 à 20 centigrammes d'extrait thébaïque en pilules pendant les trois premiers jours seulement; au delà de ce terme, il surviendrait du ballonnement.

Le lendemain et le surlendemain de l'opération, le malade est autorisé à boire par petites gorgées du lait, bouillon, grog ou thé, dans la proportion suivante : un verre de liuit heures à midi, un second de midi à 4 heures, un troisième de 4 heures à 8 heures, un dernier pour toute la nuit.

Si le malade souffre delà soif, s'il est déprimé, on lui donnera des lavements d'eau stérilisée ou des lavements alimentaires (voir la formule page 60).

A partir du quatrième jour jusqu'au quinzième on double la dose de liquides.

Au quinzième jour, on commence avec précaution une alimentation solide progressive.

Si le ventre se ballonne avant le huitième jour, ou

lyements et les lavages seront donnés ou faits de Tarnier.

avec

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(loiluera un verre à Bordeaux d'eau de Sediilz el un lavement évacuant. S'il n'y a pas de ballonuemenl, on attendra le huitième jour pour administrer un lavement qui sera renouvelé tous les jours.

On recommandera au malade de ne pas faire le moindre etTort pour évacuer les lavements ; il ne devra les rendre qu'en se retenant, malgré lui pour ainsi dire, au besoin à l'aide d'une grosse canule rectale.

D. — ilkiitisepsie du gros intestin.

Avant l'opération. — Ou observe d'abord toutes les précautions recommandées pour l'intestin grêle, auxquelles on ajoutera de grands lavages quotidiens du gros intestin qu'on exécutera de la manière suivante :

Le malade est couché dans sou lit, la tèle basse, le siège élevé par des coussins.

On introduit par le rectum une longue sonde en gomme noire assez llexible. stérilisée, qu'on pousse le plus haut possible.

On la met en communication avec l'injecteur de Tarnier, contenant de l'eau bouillie ou du permanganate au 1/lUOO tiède; on laisse couler le liquide très, très lentement, en plaçant l'appareil à 20 ou 3U centimètres seulement au-dessus du malade.

De cette façon, le liquide arrive jusqu'à la valvule iléo-cœcale, s'il n'y a pas de rétrécissement. Ce procédé rend de grands services pour la désinfection du gros intestin avant les opérations, ou en cas de typhlite.

Apres Vopération. — Le malade observera le régime

ANTISKI'Slh: OU CUAMP OrÉRATOlRL; l'-)

alimentaire indiqué pins haut, (antisepsie de l'inleslin fj;rèle).

Si on juge à pi-opos d'administrer des lavements d'eau bouillie ou des lavements alimentaires, il faut le faire avec beaucoup de lenteur et de précautions pour éviter de distendre les sutures.

E. — A^ntisepsie i»ectale.

On observera toutes les prescriptions indiquées pour l'antisepsie buccale et intestinale, même alimentation, mômes cachets, mêmes purgatifs.

On ajoutera comme précautions spéciales des

M Àtjj.lJ 0

Fig. 9. — Sondo de Budin pour lavages iutra-utérius ou rectaux.

lavages (eau bouillie ou permanganate à 1/1000) ([u'on fera pendant huit jours, deux fois par jour, .soit de bas en haut avec une sonde de Budin en métal, introduite au-dessus du cancer ou du rétrécissement; soit plutôt de haut en bas en établissant un anus contre nature sur l'S iliaque (1).

(1) Voici comment il faut procéder pour les luvngcs do haut en bas : on fait pénétrer par l'anus contre nature une sonde on

«>4 ANTISEPSIK DU CIIAM1> OPÉRATOIHK

Celle précaulionpermel encore de dériver le cours des matières avant el après l'opéraliou el d éviter ainsi le contact des fèces avec la plaie opératoire.

On peut à la rigueur discuter le choix du procédé opératoire pour l'anus contre nature, car, avec une l)etite incision àTintestin, on a, il est vrai, l'avantage de pouvoir fermer facilement la fistule après guérison du rectum ; mais, d'autre part, on peut craindre que la dérivation ne soit pas complète. Inversement, si l'on emploie la méthode de Maydl ou de Reclus qui consistent à sectionner complètement l'intestin, la dérivation est complète, mais on éprouve plus tard de grandes difTicultés pour la fermeture de l'orifice anormal.

Nous pensons qu'il vaut mieux faire une petite incision, car on peut empêcher les matières de passer par le rectum en faisant chaque jour un tamponnement à la gaze antiseptique dans le bout périphérique de l'S iliacfue, par l'orifice de l'anus contre nature ; cette ouverture sera fermée ultérieurement par le procédé de l'abrasion.

Il est également indiqué de faire, après les lavages, des tamponnements du rectum à la gaze antiseptique, qui restent en place jusqu'au lavage suivant.

Grâce à l'anus contre nature, on peut après l'opération alimenter les malades sans précautions spéciales.

"V. — iVntisepsie oculaire.

Nous prendrons comme type l'opération de la cataracte.

gomme rouge stérilisée, qui sert à faire l'injection ; la sortie du liquide sera facilitée par la sonde de Budin (fig. 9) introduite préalablement par le rectum.

ANTISKPSIK nu CHAMP OI'ÉRATOIIU^

On examine d'abord .soigneusement la conjonc live, les voies lacrymales et les fosses nasales.

Si la conjonctive est malade, on la soigne par les collyres au nitrate d'argent (1/100) ou par les attouchements au sulfate de cuivre jusqu'à ce que toute inflammation ait disparu.

Si les voies laci-ymaless ont enflammées, on débride un des points lacrymaux et on catliétérise les voies ; enfin on y injecte des solutions antiseptiques (chlorure de zinc à 5 % ).

Les fosses nasales seront cautérisées ou lavées jusqu'à guérison de leurs lésions.

Immédiatement avant l'opération, il faut savonner et brosser le front, le pourtour de l'orbite et la surface cutanée des paupières.

On lave ensuite ces mômes parties àl'éther, alcool et sublimé en Tecômmandant au malade de fermer les yeux, pour que les liquides n'y pénètrent pas.

On irrigue alors largement les culs-de-sac conjonctivaux à l'eau bouillie, puis on dispose autour de l'œil des compresses stérilisées, comme dans lesopétions de chirurgie générale.

On instille dans l'œil avec un compte-gouttes stérilisé, une solution de cocaïne à o % , faite du jour même avec de l'eau stérilisée ; au bout de quelques minutes on commence l'opération.

Les instruments non tranchants sont stérilisés à l'étuve ou à la glycérine houillante à 130° ; pour les instruments coupants on flambe le manche et on lave la lame au chloroforme.

Nous ne faisons pas d'ordinaire de lavages intraoculaires après l'ablation du cristallin; si nous en éprouvions le besoin, nous le ferions simplement à I eau stérilisée avec un compte-gouttes stérilisé ou

no ANTISEPSIE DU CHAMP OPÉRATOIRE

une seringue asoplique munie d'une canule mousse (seringue de Malassez en celluloid ).

Comme pansement, nous appliquons simplement sur l'œil des rondelles de gaze au salol, de l'ouate stérilisée et une bande de gaze; le pansement est changé tous les jours, et on lave les culs-de-sac b. l'eau stérilisée pour éviter la stagnation.

"VI. — .^^.ntisepsie nasale.

Avant d'entreprendre 'une opération sur les fosses nasales, il est prudent défaire l'antisepsie buccale et de désinfecter s'il y a lieu la conjonctive et les voies lacrymales.

Dans une cavité aussi anfractueuse, avec une muqueuse aussi délicate et qui sécrète abondamment, il est impossible d'employer les pansements k la gaze antiseptique ni les insufflations pulvérulentes.

Il n'y a que les irrigations qui soient bien tolérées et efTicaces; on fera des injections à l'eau stérilisée tiède pour détacher les mucosités et les croûtes, suivies immédiatement d'irrigations au permanganate à 1/1000. On se servira pour les injections du laveur de Tarnier.

Ces irrigations seront faites quatre fois par jour pendant les huit jours qui précèdent une opération grave; la veille, lavages toutes les heures ou toutes les deux heures.

Pendant l'opération, si le malade est chloroformé, mêmes lavages qui seront faits, la iôte pendante en arrière, pour éviter l'introduction du liquide dans les voies aériennes; on pourra, en cas de besoin, recourir

il la lointure d'iode qui provoquerai L une vive douleur à l'état de veille.

L'opération ne sera commencée qu'après avoir savonné et lavé la peau du nez, les joues, la lèvre supérieure préalablement rasée et l'entrée des fosses nasales. On disposera autour du nez des compresses stérilisées, pour éviter de contaminer les mains ou les instruments.

Nous ne saurions assez recommander aux rliinolof:;;istes, qui l'oublient trop souvent, de prendre, pour les explorations et les opérations, les mêmes précautiousque les chirurgiens.

Les spéculums, pinces, polypotomes, etc., doivent être passés à l'étuve sèche à 200° ou bouillis dans la glycérine à 130".

Pour cliaque malade on doit prendre des instruments spécialement stérilisés n'ayant pas servi; ces instruments seront mis de côté après avoir été employés et seront stérilisés avant un nouvel usage. C'est de cette façon seule que les spécialistes éviteront les désasti-es qu'on observait trop souvent autrefois (érysipèles, fièvre, angines, hémorragies septicémiques, otites, transmission de syphilis).

"VU. — iVntisepsie auriculaire.

La désinfection du conduit auditif se réalise au moyen de tampons d'ouate imbibés de savon et montés sur pinces; on fait ensuite un lavage à l'eau stérilisée, on sèche à la ouate stérilisée, puis on frictionne le conduit avec des tampons imbibés d'alcool à 90°. On termine par un lavage au permanganate à 1/1000.

08 ANTISIil'SIK DU CUAMI" (U'ICltATolHIO

Les spéculums des aurisLes doivent ÔLro llamb.-.s etuvés ou bouillis à la glycérine, pour chaque malade, ou louL au moins après chaque malade sunm,ranl.

SjI a'y a pas de suppunilion, on se conlenlera de laver rapidement le spéculum à l'alcool.

Tous les autres instruments seront, à plus forte raison stérilisés, pour les moindres interventions.

Comme pansements on emploiera la poudi'c el la gaze à l'iodotorme ou au salol.

Le cathétéi-isme delà trompe tl'Eustaelie ne doit être fait qu'après une irrigation nasale à l eaii bouillie ou au permanganate au l/lUOO. Le cathéler ilambé, étuvé ou bouilli, ne doit servir qu'une seule fois.

Nous conseillons de placer la collection de sondes dans une boîte métallique analogue à nos boites k sondes de femmes, qu'on stérilisera à l'éluve sèche. On saisira avec une pince l'instrument ([u on désire et on le plongera dans l'eau phéniquée faible, (lorsqu'un instrument a servi, on le lave, on le sèche, et on le met de côté pour ne plus s'en servir qu'après un nouveau passage à l'étuve.

Trépanation de l'apophyse mastoïde. — Cette opération doit se faire avec les mêmes précautions que les autres opérations de chirurgie générale. Les instruments seront étuvés, les cheveux et la bar[)e rasés à trois travers de doigt, tout autour du pavillon de l'oreille.

On désinfectera la peau de la région, le pavillon el le conduit auditif, pardes lavages successifs au savon, à l'éther, alcool et sublimé à I/IOUO.

Des compresses stérilisées entourent le chanqi opératoire.

ANTISEPSIE DU C.IIAMI' OPHU.VTOIRE i'-'

Folu- éviter la blessure du sinus latéral, on atta- (lucra l'os au ciseau et au maillet à petits coups; la brèche sera faite tangentiellement au quart posloi-o-supérieur de la circonférence du conduit auditii".

Hn cas de blessure du sinus ou d'un de ses aflliients. on tamponnerait fortement la plaie à la gaze iodoformée.

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