OPÉRATIONS DE CUIRURGIE GÉNÉRALE
Quand la ponction doit être suivie d'une injection nous conseillons d'improviser l'appareil suivant, qui se compose d'un entonnoir en verre muni d un tube de caoutchouc qu'on adapte à l'aiguille creuse ; cet appareil se stérilise très facilement par ebuUition.
On peut encore se servir de l'injecteur de Tarnier muni d'une canule pointue, ou de la seringue de Félizet préalablement stérilisée.
Antisepsie des injections hypodermiques
Les injections hypodermiques doivent être faites avec beaucoup de précautions pour éviter les abcès, érysipèles, etc. ; on évitera de se servir pour les injections des seringues qui ont servi pour des ponctions d'abcès.
On choisit comme siège des piqûres la région externe de la cuisse, la peau du ventre, la région des fesses ou du dos. L'opérateur commence par laver soigneusement ses mains au savon, puis au sublimé ; il fait la toilette de la peau du malade au savon, à la brosse et au sublimé.
On désinfecte alors un verre à liqueur à l'acide nitrique, puis à l'eau bouillie pour chasser l'excès d'acide et on y verse une solution stérilisée et fraîche de morphine, ergotine, etc.
La seringue à injections doit être complètement stérilisable par ébullition ; on n'a que l'embarras du choix entre les modèles de Straus, Roux, Malassez, Félizetet Debove. La seringue, après ébullition, sera refroidie dans l'eau bouillie, on la chargera du liquide à injecter, on y adaptera l'aiguille qu'on
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llambera à la lampe à alcool, et on chassera l'air cuuLenu dans la seringue. L'aiguille doit être refroidie avant d'être introduite sous la peau.
On fait de préférence l'injection dans l'épaisseur des masses musculaires où elle est moins douloureuse; à cet effet, tendant la peau avec deux doigts de la main gauche on ponctionne la peau perpendiculairement, on pénètre d'un coup sec dans les parties molles, de toute la longueur de l'aiguille. L'injection doit être poussée avec lenteur; autrement elle serait extrêmement douloureuse. L'aiguille est retirée brusquement, la peau séchée avec de la ouate hydrophile, et la piqûre obturée avec quelques gouttes de collodion.
Ces précautions paraîtront excessives à beaucoup de personnes, nous maintenons leur nécessité ; un chirurgien consciencieux doit faire une injection de teinture d'iode dans un corps thyroïde, une ponction exploratrice dans un abcès ou dans la plèvre avec toutes les précautions que nous venons de signaler. Il est regrettable qu'on ne puisse imposer cette pratique aux personnes qui gardent et veillent habituellement les malades.