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CHAPITRE II

Mécanisme habituel des infections chirurgicales

L'iiifeclion des opérés est très rarement antérieure à l'intervention, elle se produit le plus souvent pendant l'acte opératoire, quelquefois par les pansements consécutifs.

L'infection peut être antérieure îi l'opération

Quand on opère des malades atteints de péritonite, de phlegmon, d'infection pui'ulente, personne ne songe à rendre le chirurgien responsable de la mort ou de la continuation des accidents septiques. Dans certains cas la question est épineuse, on peut ouvrir une arthrite purulente et voir survenir quel- ([ues jours après une autre suppuration articulaire, sous-cutanée, hépatique; est-ce le chirurgien, ou l'infection purulente préexistante quoique latente qui doivent être incriminés?

Pareille chose peut arriver quand on incise un furoncle, le malade pouvant faire des abcès à dislance par le fait du transport des germes infectieux par les vaisseaux. Autre exemple : dans un cas que nous avons observé, il s'agissait d'une malade qui paraissait atteinte d'un fibrome utérin ; la veille de

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l'opération elle fut prise d'une poussée de i)éritonile suraiguë due à la rupture d'une poche salpingienne. Si l'on avait l'ait le curage l'avant-veille, on aurait pu croire à l'infection par l'opération. Dans un autre cas, nous constatâmes, au cours d'une hystérectomie abdominale que le fibrome était sphacélé; la péritonite n'était pas avérée avant l'incision abdominale, elle existait cependant d'une manière certaine, comme on le constata par l'opération; elle continua d'ailleurs à évoluer, et la malade mourut quoique l'opération se fût passée très simplement.

Infection par l'opération

99 fois sur 100, c'est pendant l'opération que l'infection a lieu. Elle se fait surtout par les instruments, ensuite par les mains du chirurgien, en troisième lieu par les éponges, soies ou drains, ou enfin par le malade lui-même.

Les instruments sont la grande cause des infections opératoires, rien de plus diflicde que de nettoyer des pinces hémostatiques ou l'aiguille de Reverdin.

On peut, il est vrai, les immerger dans l'eau phéniquée qui n'agit guère, les matières organiques ordinairement grasses ne se laissant pas mouiller; on peut les faire bouillir à l'eau, mais cette stérilisation est insuffisante ; les meilleurs procédés, l'ébuUition à la glycérine et l'étuve sèche, peuvent n'avoir pas été employés convenablement (température insullisante ou durée trop courte de la stérilisation) ; de là la nécessité de confier la stérilisation instrumentale à des élèves instruits et consciencieux et non pas au personnel hospitalier, peu instruit et souvent surchargé de besogne.

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