‹ Asie centraleChapitre 51 sur 60 · III · texte numérisé non relu

III

Décembre ' . .... + i°,5

Janvier — 4r$

Février — n,G

La température moyenne de l'hiver était doue — i ", Les seules observations de 9 h. du matin doonrnt — a°,3. Si l'on combine 9 h. du matin et 8 h. du soir, qui sout presque des heures homonymi-s , on obtient — iD. 8, L'hiver de Bokhara , de cette ville célèbre qui a presque la latitude de Tolède, qui se trouve d'un degré plus méridional que Naples et dont l'élévation au-dessus de l'Océan n'est que le double de la hauteur de Mâcon (t. I, p. 6a), est cer tainein en l audessous du point de la congélation et encore, du moins dans la Russie européenne , l'hiver de i84i A «84a » été remarquablement doux. L'altitude de Bokjura ne devrait augmenter le froid moyen de l'hiver que de 9D,s, ce qui donnerait pour les 3g° 43' de latitude au niveau de l'Océan à l'est de i'Oius,uu hiver de +-*V: or dans l'Europe moyenne il faut remonter jusqu'à 5a' -de latitude , 13° plus au nord que Bokhara, pour trouver une moyenne hivernale si froide. Les raûùrai moyens de température nocturne ont été à Bokhara, dans les années poux lesquelles noua avons des observations, — a", 3 en décembre; — 7°,4 en janvier et

' Lu moi* tout complu «Ion le nouveau style. La moyenne du moi j de décembre cil à Tiflin, «Me a" plui au nord que Bo ■km Si aaaetsBtat k U même hiuteuran- -ttetra» du niveau de li

— 4»4 en février. En décembre le thermomètre n'est descendu aucun jour au-dessous de — 8°, 2 ; mais en janvier et février on a eu pendant plusieurs jours des froids de — i5°, — ao° et même ( le 28 janvier) de — i3°,a cent. '. Ce n'était que du froid nocturne, car le même 28 janvier, depuis midi jusqu'à 8 heures du soir, le thermomètre a oscillé seulement entre— 1 3° et — 160. Les maxima moyens ont été, d'après les observations de 2 h. après-midi en décembre, de -+- 5°,4; en janvier

— i°, 3; en février + 2°,5. En décembre le thermomètre est monté plusieurs jours jusqu'à-)- 9° et+io°,6. En janvier il n'est monté de midi à 2 h. que 12 fois au-dessus de zéro , ne dépassant pas + 3° et + 4° j4 • mais en février, au milieu du jour , par une température prin tanière, on a vu progressivement -f- 8°, + 12° et même i8°,7. Je suis entré dans ces détails pour faire concevoir comment, malgré le froid hivernal , les jardins de Bokhara renferment des mûriers, des figuiers et même des grenadiers. M. de Mejendorf ( Voyage à Bokhara, p. 206) nous apprend qu'en hiver on couvre

1 Les mSnima qu'on a obserWs dans quelques jours d'hiver ont été, d'après de bonnes observations, depuis plus d'un demisiècle, a

Rome(lat.4i°f>4').. — 5°,o,

Florent* (lut. 43° 46 ) — 8°,5 Pise(lat. 43u43')....— 6, 3 Nice(!at.4304i')....— 9, 6 Toulon (lat.43°7/)...— iof o

Voyet Mahlmann , Mittiere Vertheilung tfer WÛrme aufder Erdobeiflachc , 1840, p. 17a- M. Tenore donne même — 5° pour le froid absolu et accidentel de Naples.

Naples(lat. 4i°5i ). — a, 9 Bokhara (lat.39°/f$a — a3, a Lisbonne (lat.3ôu4i').— a, 7

la vigne ( le kichmich ou raisin sans pépins ) et le grenadier.

TlFLlS ET SMTRRS COMPARAS A ALGER. Depuis

que nous avons tout récemment appris à connaître avec une grande précision la température moyenne d'Alger (lat. 36°47')j il y a de l'intérêt à comparer le système de climat de deux villes asiatiques , Smyrne (lat. 38' 26') et Tiflis (4i° 4i') avec le climat de la cote septentrionale d'Afrique possédée par la France. La belle cité de l'Asie mineure est sur un parallèle éloigné de a ' à 3° des parallèles de Tiflis et d'Alger, mais la différence en longitude est de 4*°* On croit les températures moyennes de ces villes , en les rangeant du nord au sud, i5°,8; i8°,2; 17°, 8. L'intermédiaire, Smyrne, comme il a été dit dans le Tableau 111, est certainement trop élevée; les notions acquises par M. Aimé sur la chaleur mojenne d'Alger, ont confirmé ce doute. On ne possède pour Smyrne qu'une seule année d'observations faites, il est vrai, 4 fois par jour1. A Tiflis, la moyenne du mois d'août s'élève à 28°,5, c'est-à-dire 3°, 7 de plus qu'à Alger. Les moyennes de décembre sont au contraint à Tiflis et à Alger de 5°, 8 et de i 2°, 8. Il serait bien à désirer d'obtenir numériquement avec quelque précision la connaissance du climat de la Géorgie. Comme la température moyenne d'Alger et surtout la distribution de cette moyenne annuelle entre les différentes saisons, rapportée dans le Tableau IV, ont été signalées comme peu certaines, il est

1 L'mniV 1820 (WaMinann, p. Sy.)

important pour les essais si variés de culture qui se font sur cette côte africaine, de substituer à des chiures incertains des résultats qui méritent la plus haute confiance. La température annuelle avait été indiquée dans les ouvrages très-récents de MM. Genty de Bussy , Rozet et Bérard. de la manière la plus différente ', oscillant entre t8Q et at%6. Déjà les observations que Réaumur fit faire à Alger en 1735 et 1736 et auxquelles Lambert accordait trop de confiance dans sa Pyrométrie, donnaient ao°. Mon savant ami, M. Bérard, capitaine de vaisseau stationné à la Nouvelle-Zélande^ a réuni trèsjudicieusement les observations de température faites dans les environs d'Alger et sur le littoral entre Bone et Oran. Dans sa Description nautique des côtes et Algérie* y qui est un modèle de précision, il s'est approché le plus de la véritable température moyenne. Il l'évalue pour les années 1827-1834 à i8%o. Les minima et maxima de température dans le tableau de M. Bérard offrent :

hiver. . . . ti°,7

printemps.. i8°,a

été a4*,?

automne. . ai°,o

année. . . . i8°,g

M. Laugier, astronome à l'Observatoire de Paris, a bien voulu soumettre au calcul, à ma prière, les observations faites à Alger depuis le mois d'avril 1 838 jus*

* Seconde édition (1639), p. 60.

qu'au mois d'octobre t84i- H en a déduit les température! moyenne! qui suivent :

idée. i9«,86 (mars 1 3° ,33

janr.li> 65 PrâtempaJ avril i5, m fév. ta» 6ft [mai 19» 07

ia%<0 t&tiS

ijuin ii°,o5 ("F** M°i*7

Juill. i4t o3 Automne «oct. *o, 17 août i4» 71 [por. 16, 6a

*3*,56 io*,9*

Mois le plu* chaud (août) H- *4%7t

— froid (janvier) •+• 1 1 ,65

hiver. . . ta°,4o printemps. i5, 47 été. . . . 23, 5a automne. 19, 9a

mojennedes 4 années. 17°, 84 *

Aussi la température des sources * a été trouvée par

1 L'égalité de la température annuelle est telle qu'en prenant les années 1839 et 1840 seules, on trouve pour moyennes i7°,79 et I7°,87,ce qui diffère très-peu de 17°, 84* Les moyennes ont été déduites par M. Laugier de mtnima tXmaxima diurnes.

9 Près de Toulon M. Pellion, lieutenant de vaisseau, a trou ré la température des sources de Dardennes de i5°,a, ce qui n'est peut-être aussi que de quelques dixièmes de degré au-dessous de la température moyenne de l'air à Toulon, car par les seules, observations faites à midi, 00 y trouve i8°,£.(Bérard, p. 4/0

M. Rozetde 17°. L'égalité des moyennes pendant le» 3 hivers a été si parfaite, qu'on trouve pour le mois dejanvier

t84o. ... it, 85

Dans c«s années le thermomètre n'est jamais descendu au-dessous de -f- *Qyf 5 il est même rare qu'il descende au-des60us de + 5° . On l'a vu monter en j uillet à 36°,a (39°,! R.), en août une fois à 36°, 7 (29°,4 B..)1. Même, en janvier, il a atteint quelquefois i9°,5 à 19°,9- Les températures moyennes des hivers d'Alger (la t. 36° 47 0 et de Marseille (lat. 43° *8') diffèrent de 4°>9- Les premières sont, d'après M. Aimé, ia9,4 ; les secondes, selon M. Valz, par 18 années d'observations, 70, 5. En Europe, parmi les lieux dont les températures moyennes sont connues avec quelque certitude, celles de Païenne (i7°,aparlat.38Q 7 ), Gibraltar (17^,9 par laL36sV), Canée dans l'Ile de Candie ( i8v,6 par lat. 35» 29'), Messine ( i8°,8 par lat. 38° 11'), et Catanea en Sicile (i9Q,6 par lat. 370 3o/) approchent le plus de la température moyenne d'Alger (»7°>8 par lat. 36° 47' )

Séghebssse de l'air. — La sécheresse que , par l'emploi des méthodes psychrométriques de M. August, nous avons trouvée, MM. Gustave Rose, Ehrenberg et moi, dans la steppe Platovf skaya , un peu au nord de

1 Pendant le Sémoun (smoum)t vent du désert qui soufOc du sud cl du sud est, M. Rozct a vu s'élever la température a Alger jusqu'à 38".(Berard, p. 70.)

l'Altaï (t. III, p. 87), a été citée souvent comme & n&r grand degré de sécheresse qui Jamais ait été observé dans les basses régions de l'atmosphère. Elle correspond à peu près 1 *8« ou 3o° de l'hygromètre à cheveu. En Europei dans les environ» de Berlin, M. Eimm père a vu rétrograder l'hygromètre une seule fins à 4*0> la température de l'air étant, comme km de notre observation c?Asie,austi de *3%7 cent. L'été de 1 84a ayant été remarquable dans le nord de fAlWmagne par lapins, longue absence de pluie et de rosée qu'on ait observée depuis un grand nombre d'années, jbiengagéM. An* gustde vouloir bien me communiquer le tableau de ses mesures psychrométriques. Ce physicien expérimenté a trouvé le 19 août, à a h. de l'aprèfr-midi, par une température de 3i°,7, l'air de Berlin tellement sec que k point de la condensation se trouvait à -f- i%4» de sorte que l'air ne contenait que -fâ de vapeurs. Les fractions de saturation de l'air dans les deux observations, celle de Berlin et celle de la steppe Platowskaya , ont été les mêmes; mais il convient de remarquer que les quantités absolues d'humidité sont très-différentes. La quantité absolue de vapeur contenue dans l'air était plus grande à Berlin , la température y ayant été de 3t°,7, tandis qu'en Asie elle était de a3?,7 au moment de l'expérience psychrométrique. Le point' de la rosée- dans la steppe était — 4°)3. Je pense que ces éléments numériques ne sont pas sans intérêt pour l'étude de la Climatologie comparée.

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