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MOUVEMENTS RÉCENTS DU SOL, ÉROSION

Il ne nous suffit pas de connaître la structure profonde du sous-sol avec ses dislocations; il nous faudrait étudier l'œuvre de l'érosion et voir si, dans ces régions comme dans bien d'autres, son évolution ne dépend pas de mouvements d'ensemble, de gauchissements relativement récents. Bien peu d'explorateurs se sont placés à ce point de vue; grâce surtout à Bailey Willis, nous possédons quelques faits très suggestifs et un début de synthèse, mais celle-ci reste locale et provisoire.

Les cycles d'érosion. — Des environs de Pékin aux cluses du Yang-tseu, nombre de rivières traversent les massifs par des vallées très encaissées, des canons profonds parfois de 1 000 mètres à 1 200 mètres, qui témoignent d'un creusement actif et récent. Cette violence toute juvénile de l'érosion dans ces vieilles montagnes nous conduit déjà à supposer que celles-ci viennent d'être exhaussées par un immense mouvement d'ensemble. D'autre part, ces ravins abrupts s'entaillent souvent dans des vallées beaucoup plus larges, à fond plat, aux versants très adoucis; quand on sort des gorges, on découvre plus haut de vastes surfaces peu ondulées, qui décèlent une usure complète des anciens reliefs tectoniques par une érosion prolongée. La disposition de ces formes de maturité au-dessus de vallées très jeunes prouve l'existence d'au moins deux cycles d'érosion, dont le premier était déjà très avancé quand un changement du niveau marin l'interrompit, raviva l'érosion et fit débuter le second cycle.

Une analyse plus délicate a fait reconnaître jusqu'à quatre stades dans le Tche-li et le Chan-si. Les traces du plus ancien se sont conservées dans le massif

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