‹ Asie des moussonsChapitre 19 sur 84 · A. LES TSIX-LIXG A LA FRONTIERE OCCIDENTALE DU HO-NAN · texte numérisé non relu

A. LES TSIX-LIXG A LA FRONTIERE OCCIDENTALE DU HO-NAN

Vi'is les sources du Lo-ho. Chniiies de calcaires marmoréens, coupées de cluses profondes.

l'Iiiil. Francis lUiellan.

K. — RJOLILI S VOLCANIQUES DU JAi'ON . L'élarig de Taïsko, foi'nié ])ar une coulée de laves du volcan Yakegadake, en 1925 (3fj"20' latitude Nord, 137"40' longitude Est Greenvvicli).

G. l ., l. IX, l'i.. XI.

HmiI r.ailey ^Villis.

A. — Li; \\ OU-TAl-CHAA (CHAN-Sl).

Un des sommets arrondis du massif (2300 m.). Pag'ode marquant une jiistc de pèlerinage.

Phol. Dailey ^^ illi*.

li. — (;oiu;es du ta-ninc-ho, affluent du yang-tseu (sseu-tchouax).

Rsca l'pements calcaires. Au-dessus, topogruj)liie ancienne, très émoussoe.

G. U., I. IX, Pl.. XII.

LE RELIEF DE LA CHINE ET DU JAPON

du Wou-tai-chan à l'Ouest de Pao-ting (pl. XII, A). Vers 2 400-3 000 mètres on voit de larges sommets arrondis, des dômes couverts d'une puissante couche d'argile sableuse. Leur niveau est à peu près constant; si l'on faisait abstraction des ravins qui les séparent, ils appartiendraient à une même surface presque plane. Cependant les couches ont été plissées pendant l'ère primaire. Nous sommes donc sur une pénéplaine, très ancienne comme le montre l'épaisseur des produits de décomposition. Bailey Willis croit qu'elle s'étendait au début du Tertiaire sur la plus grande partie de l'Asie orientale et centrale; les plissements siniens, les reliefs primaires avaient alors été arasés presque au niveau de la mer. Le milieu des temps tertiaires fut marqué par une surrection générale, accompagnée çà et là de fractures et de bossellements qui créèrent des bassins fermés. Les eaux courantes recommencèrent l'attaque des reliefs qui venaient de renaître; un second cycle commença. Celui-ci se poursuivit, non jusqu'à la sénilité comme le premier, mais jusqu'à la maturité. A son terme, les fleuves avaient réussi à drainer les dépressions les plus voisines de l'Océan; ils parcouraient de larges vallées entre des collines d'une faible altitude relative ; des seuils insignifiants séparaient leurs bassins. Un affaissement graduel mit fin à ce nivellement. Pendant le troisième stade, les rivières dépourvues de pente déposèrent des alluvions que le vent remaniait; les montagnes s'ensevelirent sous la Terre Jaune; à l'Est, elles descendaient lentement vers des plaines d'inondation, d'où surgissaient des massifs insulaires comme le Chan-tong.

Le gauchissement quaternaire. — Le quatrième stade s'ouvre avec l'ère quaternaire. Elle est moins caractérisée, comme dans le Nord de l'Europe et de l'Amérique, par l'extension des glaces (les traces glaciaires sont rares dans l'Asie orientale, sans doute soumise à un climat aride) que par une immense surélévation du continent, un gauchissement d'une amplitude prodigieuse. Bien plus que les anciens mouvements orogéniques, c'est lui qui a façonné le relief actuel de l'Asie, avec ses « toits du monde » et ses cuvettes sans écoulement vers la mer. Des montagnes créées par les plissements ou les fractures, il ne restait que des collines ou des plateaux peu élevés, quand le gauchissement quaternaire vint les exhausser et, pour ainsi dire, les ressusciter. Alors qu'à la fm du Tertiaire l'Asie centrale s'abaissait peu à peu vers le Pacifique, le mouvement d'ensemble la souleva, marquant nettement sa limite par des flexures et des failles. Dans les régions ainsi redressées, des bossellements locaux creusèrent des dépressions fermées, des bassins intérieurs. En même temps, l'érosion acquit une force nouvelle. Les rivières, obligées de reprendre leur travail, approfondirent leur lit dans les plaines et les vallées larges qui résultaient des cycles antérieurs. De là, les carions si fréquents (pl. XII, B); de là, cette superposition de formes mûres et de vallées jeunes; de là, aussi, la sauvagerie de certaines montagnes, encore accrue par le déboisement qui a précipité sous nos yeux le ravinement torrentiel. Ainsi, c'est au début d'un nouveau cycle d'érosion que nous assistons; c'est un mouvement d'ensemble presque contemporain de l'humanité qui a porté les massifs de l'Asie orientale aux hauteurs où nous les voyons aujourd'hui. Les plissements peuvent bien expliquer l'orientation de la plupart des reliefs, mais non leur altitude relative, qui varie suivant l'intensité du bombement quaternaire.

Les contrées parcourues par l'expédition américaine ne sont pas les seules où l'on reconnaisse plusieurs cycles d'érosion. Richthofen avait décrit les massifs

l'asie orientale.

du Chan-tong comme les fragments d'une pénéplaine soulevée, de date très reculée. L'Est du Tibet, les Alpes du Sseu-tchouan résultent aussi, suivant Loczy, d'« une plate-forme d'abrasion ». Parfois, les massifs qui séparent les vallées s'y étendent en plateaux à perte de vue. Pourtant les couches y sont redressées, ployées; l'horizontalité des sommets a été obtenue par le décapage des crêtes anticlinales. Si ces montagnes dépassent aujourd'hui 4 000 et même quelquefois 6 000 mètres, elles ne doivent pas ces altitudes au plissement indochinois, dont les saillies avaient été en grande partie nivelées, mais à un récent mouvement d'ensemble, qui suréleva l'Asie centrale. C'est à l'époque actuelle, dit Loczy, que par suite de ce redressement les grands fleuves originaires du Tibet oriental se sont encaissés dans ces canons profonds parfois de plus de 2 000 mètres^ Peut-être, ajoutait-il, arriverait-on à des conclusions semblables pour les tables du Yun-nan et du Laos; peut-être leur sous-sol est-il composé de plis arasés, et les cluses sont-elles l'œuvre de l'érosion actuelle. Cette hypothèse semble avoir été vérifiée dans le Yun-nan oriental. Les plis himalayens y furent complètement nivelés; puis les surfaces de maturité furent disloquées, séparées en compartiments que l'on retrouve aujourd'hui à des altitudes très diverses, les unes constituant des plateaux mamelonnés ou de véritables causses à plus de

1 500 mètres, les autres abaissées dans les cuvettes lacustres. Puis, après une période de calme où les rivières accumulèrent des sédiments dans ces cavités, il y eut, après le Quaternaire inférieur, un soulèvement en masse, s'amplifiant du Sud au Nord, du golfe du Tonkin au Tibet. C'est alors que les fleuves indochinois et le Yang-tseu, dans la région de sa boucle, commencèrent à creuser leurs cluses; leur approfondissement, à plus de 1 000 et même

2 000 mètres en contre-bas des surfaces mûres, est l'œuvre d'une partie seulement des temps quaternaires^.

Ainsi, de la frontière mongole au Tonkin, de nombreux faits s'accordent pour démontrer l'influence prépondérante sur l'orographie de mouvements du sol très récents et de l'érosion contemporaine. C'est sur elle qu'il faudrait insister dans nos descriptions régionales. Malheureusement, nous ne disposons que de renseignements rares ou incertains. Il est à souhaiter que les voyageurs étudient, non plus seulement la nature du sol et les alignements tectoniques, mais aussi ces phénomènes dont la connaissance permettrait seule une interprétation du relief vraiment rationnelle.

BIBLIOGRAPHIE

Études d'ensemble : outre les synthèses d'Ed. Suess et d'É. Argand, citées p. 2 : L. Gallois, La structure de l'Asie orientale (Ann. de Géogr., XIV, 1905, p. 245-258;mise au point précieuse). — L. de Launay, La géologie et les richesses minérales de l'Asie, Paris, 1911. — Emm. de Martonne, L'évolution du relief de l'Asie centrale (La Géogr., XXIII, 1911, p. 39-58). — F. von Richthofen, Geomorphologische Studien aus Ostasien {Sitz. K. Preuss. Akad. Wiss., 1900, p. 888-925; 1901, p. 782-808; 1902, p. 944-975; 1903, p. 857-918). Voir aussi, du même auteur, les ouvrages capitaux, accompagnés

1. Gregory a proposé une autre explication du réseau hydrographique; elle paraît contestable, malgré des observations intéressantes.

2. Les documents que nous possédons sur les provinces orientales de la Chine du Sud sont trop vagues pour permettre aucune analyse du relief; on sait toutefois que, dans ce paj's de très anciennes montagnes, les rivières encombrées de rapides sont en pleine activité de creusement.

LE RELIEF DE LA CHINE ET DU JAPON

de cartes géologiques, cités p. 105. — W. Volz, Der Ostasiatische Landstufenbau {Pelermanns Milleil., LX-2, 1914, p. 174-178).

Études régionales : Bailey Willis, Research in China {Carnegie Institution of Washington, Publ. n° 54, 1906, 1907), 3 vol. et atlas. — A. Cholnoky, Kurze Zusammenfassung der wissenschaftlichen Ergebnisse meiner Reise in China und in der Mandschurei (Verh. Ces. fur Erdkunde zu Berlin, XXVI, 1899, p. 251-261). — J. Deprat et H. Mansuy, Étude géologique du Yun-nan oriental {Mémoires du Service géol. Indochine, I,i,1912) (voir résumé dans Annales de Géogr., XXIV, 1914, p. 236-244, et, pour les vérifications nécessaires, Ibid., XXXIII, 1924, p. 79). — W. Filchner, Wissenschaftliche Ergebnisse der Expédition Filchner nach China und Tibet, Berlin, 1906-1914, 11 vol., dont un atlas. — K. Fut- TERER, Durch Asien, 2. Geologische Charakterbilder, Berlin, 1905-1911, 3 vol. — Geological society of China, Peking, Bulletin, vol. I, 1922. — Geological Survey of China, Peking, Bulletin, vol. I, 1919; Memoirs, vol. I, 1919. Ce Service a publié au t. X de ses Memoirs une Geological Map of China, à

1 : 6 000 000; il publie des cartes géologiques à 1 : 1 000 000, de toute la Chine (la première, Pékin et Tsinan, a paru en 1924), outre des cartes plus détaillées pour les mines, les abords des voies de communication et une carte du Kiang-sou, à 1 : 500 000 (1926). — La Tokyo Geographical Society a publié, en 1923, une GeologicalMapof NorthChina...,of Southern China, 2îeuilles à 1 : 2 000 000. — Government général OF Chosen, Geological Survey, publie depuis 1925 une carte géologique de la Corée, à 1 : 50 000, avec notices en japonais et en anglais. — J. W. et C. J. Gregory, The Alps of Chinese Tibet and their geographical relations {Geogr. Journal, LXI, 1923, p. 153-179 (continuation orientale de l'Himalaya, mouvement épeirogénique de l'Asie centrale). — W. H. Hobbs, Les guirlandes insulaires du Pacifique (Annales de Ge'o^r., XXXI, 1922, p. 485-495). — Impérial Geological Survey of Japan, The Geology and minerai resources of the Japanese Empire, Tokyo, 1926; accompagne «ne édition revisée de la Geological Map of the Japanese Empire ivith Corean Peninsula, à 1 : 2 000 000. Voir la commode carte géol. du Japon, à 1 : 7 500 000, de N. Yamasaki et J. Brunhes, dans L' Illustration, 5 janvier 1924. — B. KoTO, An orographical sketch of Korea (Journal Collège of Science, Imp. Univ. Tokyo, XIX, 1903). — J. S. Lee, An outline of Chinese geology (Geological Magazine, LVIII, 1921, p. 259-265, 324-330, 370- 378, 409-420). — E. Leprince-Ringuet, Étude géologique sur le Nord de la Chine (Annales des Mines, 9« série, Mémoires, XIX, 1901, p. 346-430). — L. de Loczy, Die wissenschaftlichen Ergebnisse der Reise des Grafen Bela Szechenyi in Ostasien, I, Budapest, 1893, avec atlas (important). — E. Naumann, Vber den Bau und die Entstehung der J apanischen Inseln, Berlin, 1885; Neue Beitrâge zur Géologie und Géographie Japans (Petermqnns Mitteil. Ergzh. 108, 1893). — W. Obrutschew, Aus China, Leipzig, 1896,

2 vol. — Y. OzAWA, The post-Paleozoïc and late-Mesozoïc Earth-Movements in the inner zone of Japan (Journal of the Faculty of Science, Imp. University of Tokyo, II, i, 2, 1925, p. 91-104). — L. Pervinquiêre, Constitution géologique et ressources minérales de la Mandchourie et de la Corée (Revue scientifique, 1904, p. 545-552, cartes). — Eug. von Romer, Fliichtige Reiseeindrucke von den Randern Asiens (Mitt. kais. kôn. Geogr. Ges. Wien, LIV, 1911, p. 48-67, 127-164; observations morphologiques intéressantes, surtout pour le Japon). — ■ E. Tiessen, Das Siidwestliche China (Mitt. des Ferdinand von Richthofen-Tages, 1911, p. 1-37; utile pour la tectonique). — K. Vogelsang, Reisen im nôrdlichen und mittleren China (Pelermanns Mitteil., XLVII, 1901, p. 241-250, 278-284; L, 1904, p. 11-19). — S. YosHiwARA, Géologie structure of the Riukiu Curve (Journal Collège of Science, Imp. Univ. Tokyo, XVI. 2, 1901).

GÉOGRAPHIE i.NivERSELLE. — Asie des Moussons, 1.

LA CHINE

Page 1