‹ Asie des moussonsChapitre 26 sur 84 · Y II. — CONCLUSION : LE FLEUVE JAUNE · texte numérisé non relu

Y II. — CONCLUSION : LE FLEUVE JAUNE

De toutes les régions que nous venons d'étudier, il semble que l'unité soit faite par le Fleuve Jaune. Toutes sont drainées par lui, sauf l'extrémité occidentale du Kan-sou, la Mantchourie, les bassins des rivières du Tche-li et celui du Houai-ho. Encore ces rivières, sauf celles de Mantchourie, ont été ses tributaires, puisque ses eaux ont atteint autrefois la Résidence du Nord et, récemment, la Résidence du Sud. Tous les plateaux lœssiques de la Chine septentrionale lui appartiennent donc; de même, toute la Grande Plaine, que tour à tour il féconde ou dévaste. Et pourtant cette unité est plutôt apparente que réelle. Ce système hydrographique est composite, formé d'éléments très divers. Il est encore impossible d'en tenter l'histoire; mais les courbes qu'il décrit dans le Tibet, le grand coude qui contourne l'Ordos attestent une série de captures. Pour établir et maintenir son cours en aval de Tong-kouan, le Houang-ho dut vaincre l'obstacle dressé parle bombement quaternaire; il est ici en plein travail d'érosion, et le courant est très rapide. C'est un fleuve extrêmement jeune.

Aussi n'est-il pas un lien entre les provinces qu'il traverse. Sa vallée n'est souvent qu'un canon évité par les routes. Elle établit une barrière entre le Chen-si et le Chan-si, comme entre celui-ci et le Ho-nan. Elle ne peut devenir une grande voie commerciale, en amont, parce que le creusement n'a pas encore nivelé les seuils; plus bas, parce que les dépôts obstruent le chenal; partout, à cause de l'irrégularité du régime. Le Houang-ho n'est navigable qu'à partir de Lan-tcheou, et encore ne porte-t-il guère que des radeaux jusqu'à Tchong-

LA CHINE

wei. De grosses jonques, que l'on pourrait remplacer par des vapeurs, circulent régulièrement jusqu'à Ho-keou où le fleuve se coude vers le Sud. De là jusqu'au confluent du Fen-ho, on rencontre plusieurs brusques dénivellations, dont une entraîne un portage de 1 200 mètres. Mais il n'en reste pas moins que le cours moyen, dans la traversée des déserts, est beaucoup plus utilisable que le cours inférieur, dans la région de forte densité. Les défilés du Ho-nan sont remplis de rapides et de bancs de sables; de plus la hauteur des falaises de lœss, leur ravinement, ailleurs les marais empêchent le halage; les très petites barques qui circulent seules ici doivent attendre des vents favorables. Dans la Grande Plaine, les boues et les sables qui jonchent le lit, les déplacements continuels du chenal, sa faible profondeur ne laissent guère passage que pour d'infimes embarcations. Ainsi le Houang-ho ne rachète ses ravages qu'en alimentant les canaux et les rigoles d'irrigation. Sur ce trajet de 3 400 kilomètres (la longueur totale qu'il parcourt dans la Chine proprement dite est estimée à 5 170 km.), il n'y a pas de port, ni de grande ville, excepté Lan-tcheou et Tsi-nan. Sauf à la lisière de rOrdos, où il arrose un « val » relativement fertile, les populations ne recherchent pas son voisinage, ou même elles l'évitent. Quel contraste avec les fleuves de la Chine méridionale : la Chine du Nord est le pays de la Terre Jaune; ce n'est pas le bassin du Houang-ho, tandis qu'il y a vraiment une région du Fleuve Bleu, variée, mais unie grâce à ses eaux bienfaisantes.

BIBLIOGRAPHIE

Cartographie. — La Chine ne possède pas de Service géographique. La Cartographie chinoise, ne reposant pas sur des levés, n'est encore que provisoire. Les travaux originaux sont mentionnés ci-dessous avec les ouvrages qu'ils accompagnent, en particulier les deux remarquables atlas de Richthofen (cartes physiques et géologiques à 1 : 750 000), ou encore la carte du Yun-nan, de H. R. Davies, à 1 : 1 250 000. Bien que déjà anciennes, les cartes des difïérents services géographiques, allemand, anglais, français, résument à peu près l'état des connaissances : A'ar^. Abiheilung d. K. Preuss. Landes- Aufnahme, Karle von Ost-China, 1 : 1 000 000, 22 feuilles parues, 1901-1904; Karten von Tscheli und Schantung, 1 : 200 000, 63 feuilles. — Ordnance Survey, Provisional Map of Chinese Provinces, 1 : 1 000 000, 1905-1913, feuilles publiées : Tcho-kiang, Tche-li, Fou-kien, Ho-nan, Kouang-tong, Chan-tong, Sseutchouan, Yun-nan, à 1 :1 267 200. — Service géographique de l'Armée, Asie Orientale, 1 : 1 000 000, 1899-1909, 39 feuilles parues. — Service géographique des Colonies, Chine méridionale et TonA-in, par le capitaine Friquegnon, 1 : 2 000 000 (sans date). — On peut mentionner encore : Régions traversées par le chemin de fer de l'État chinois, levés de M. Bouillard, ingénieur, 1 : 100 000, 1925, 17 feuilles parues; du même : Carte des environs de Pékin, k 1 : 25 000, 1923, 16 feuilles parues. — ■ Le Service Cartographique japonais travaille à l'exécution des cartes à 1 : 1 000 000 de l'Asie orientale.

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LA CHINE DU NORD

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GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE. — Asie des Moussons, I.

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