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A. LA BAIE DE MACAO

Cote rocheuse, aux fines articulations, de la Chine méridionale.

l'licil. coniin. par M. I.oiiis Aulierl.

li. HONG-KONG.

Le port et la baie, où circulent, outre les vapeurs, une multitude de sampans. A l'arrière-plan, la jjresqu'ile et la baie de Kowloon.

G. U., t. IX, Pl. XXVI II.

LA CHINE DU SUD

qui limite le delta au Sud-Ouest. Macao eut longtemps le monopole des relations avec les pays d'Occident et de la traite des coolies avec l'Amérique latine. Mais c'est aujourd'hui une rade envasée, une ville morte, remplie de couvents, comme au temps de Camoens (pl. XXVIII, A). Quel contraste avec Hong-kongl Lorsque les flottes européennes eurent forcé la passe qui donne accès à Canton, la «Bouche du Tigre », les Anglais obtinrent, en 1842, la cession de l'îlot presque désert de Hong-kong; puis, en 1898, ils prirent à bail la presqu'île voisine de Kowloon. Sur cet îlot de 75 kilomètres carrés, c'était à peine s'il y avait place pour une ville entre la mer et les pentes raides qui montent vers le Pic; l'un des problèmes les plus urgents est aujourd'hui de loger la population de la colonie, qui dépasse 625 000 habitants^. Les massives maisons à arcades de Victoria, ses énormes buildings qui escaladent la montagne, ses longs quais de granité donnent un air de force et de puissance à cette cité sortie du néant en quelques décades. En face de la ville, les immenses docks de Kowloon, déjà reliés à Canton par chemin de fer, et les ateliers de construction occupent à eux seuls plus de 50 000 ouvriers. Dans le détroit, c'est un va-et-vient de sampans, de jonques, de vapeurs chinois (car les armateurs cantonnais ont leurs lignes régulières), américains, européens. Les plus gros navires peuvent évoluer dans cette rade, presque sans souci de la marée. Mais la fortune de Hong-kong a surtout été assurée par le libéralisme de la Couronne, dont dépend la colonie. Le port est franc. Aussi tous les navires qui vont en Chine et au Japon y font-ils escale et déchargent une partie de leurs marchandises, qui seront ensuite réexpédiées dans tout l'Extrême-Orient. Que ce soit au Tonkin, aux Philippines, aux Indes Néerlandaises, au Japon, partout on retrouve des marchandises qui ont été entreposées à Hong-kong, le grand rendez- vous de l'Extrême-Orient. Cet îlot, où la lutte contre le rocher, les fièvres, les pirates fut assez rude pour décourager un instant même les Anglais, est devenu un des premiers emporia du monde grâce à leur énergie persévérante. Il faut toutefois remarquer que ce n'est pas une porte de la Chine comme Changhaï et Tien-tsin. De ces villes, les Européens rayonnent dans l'intérieur vers d'autres agglomérations urbaines. Très peu se sont établis à Canton; les difficultés des communications, peut-être l'hostilité des Cantonnais, leur ferment l'accès des deux Kouang, dont la pauvreté ne les attire guère d'ailleurs. Hongkong vit beaucoup moins de son hinterland que du transit. L'achèvement de la ligne de Han-keou pourra changer cette situation. Les fleuves du Hou-nan n'étant pas accessibles aux vapeurs, les houilles et les fers de cette province prendront la direction de Hong-kong. Peut-être la voie Nord-Sud, qui a fait la richesse de Canton, reprendra-t-elle ce jour-là une partie de son importance (pl. XXVIII, B).

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