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li font environ 30 kilomètres

GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE. — Asie des Moussons, I,

LA CHINE

la plupart de ces voies ne sont plus entretenues, et les meilleures ressemblent à ce qu'étaient devenues les chaussées romaines au moyen âge; les dalles disjointes rendent la marche très pénible et se transforment çà et là en vrais lapiés (pl. XXXI, C). Beaucoup de routes ne sont d'ailleurs empierrées qu'aux abords des grandes villes, et, sur le reste du parcours, ce sont de simples pistes qui se déplacent continuellement pour éviter les fondrières qu'elles creusent sur leur passage; à chaque printemps, dans les provinces du Nord, il y a lutte entre le cultivateur qui pousse sa charrue en travers du chemin et le voiturier qui empiète sur les champs. Le tracé est plus fixe dans les régions de rizières, où il suit forcément les digues, et sur les plateaux lœssiques : ici les routes s'enfoncent d'elles-mêmes par la circulation, et finissent par s'encaisser en chemins creux, dominés par des parois verticales de plus de 15 mètres. Ces chemins empruntent le plus longtemps possible les grandes vallées, pour éviter les profonds ravins propres à la Terre Jaune; puis ils montent sur les plateaux et restent sur les crêtes, même quand celles-ci se réduisent à un isthme large de 2 à 3 mètres entre des abîmes (pl. XIV, B, et XXXI, B). Sans cesse ils sont obstrués par les éboulements ou l'érosion. Dans les montagnes, les routes empruntent les thalwegs et sont impraticables lors des crues; on n'enlève pas les blocs, que les voitures doivent contourner ou surmonter. L'une des voies les plus importantes, pour la politique comme pour le commerce, est celle de Pékin à Tai-yuan;or elle-même était encore récemment poussiéreuse en plaine, rocheuse en montagne, partout trouée de fondrières et très étroite. Sans doute, depuis peu, certaines routes du Chan-si, du Tche-li, du Hou-nan, ont été améliorées et rendues accessibles aux automobiles. Peut-être pourrait-on faire circuler sur les autres voies des automobiles d'un type spécial, qui rendraient de grands services (pl. XXXII, D).

L'état des routes a imposé le choix de véhicules frustes, très solides, dont le type reste immuable. Dans la Grande Plaine et sur les plateaux lœssiques, ce sont de lourdes charrettes, munies de deux roues seulement, à cause des courbes et des obstacles, traînées en général par des mulets, conduites par des rouliers qui font couramment des randonnées de 1 000 à 1 200 kilomètres. On y emploie aussi cette curieuse brouette chinoise, merveilleusement combinée pour porter avec le minimum d'effort des charges de 300 à 400 kilogrammes, quelquefois de 600, avec l'aide d'une voile quand le vent s'y prête (pl. XXXII, A et B). Ces véhicules s'arrêtent aux lisières des régions plus accidentées : par exemple, en arrivant au rebord du Chan-si, les marchandises sont chargées sur les animaux de bât venus du plateau. Les chameaux et les poneys sont employés au voisinage de la Mongolie, plus loin les ânes et surtout les mulets. Sur ces pistes, il faut un nombre d'animaux incroyable, puisque chacun ne transporte que le cinquième de la charge normale sur une bonne route. Et déjà dans les montagnes du Nord l'homme devient un animal porteur.

Chine du Sud. — Hors de la Chine septentrionale il n'y a presque pas de routes carrossables. Les voies les plus fréquentées sont en réalité des pistes dallées, en piteux état, larges de 2 à 3 mètres, escaladant les montagnes avec des pentes de 30 et 40 p. 100, en véritables escaliers. Pour les chemins secondaires, ce sont simplement des pistes ou, dans la traversée des rizières, des digues qui se rétrécissent souvent au point d'empêcher la rencontre de deux files de coolies ou de

l'Iidl, II. 11. llavies,

LF. <;iiAND CANAL, AU NOItD DU KIAN(;-SOU.

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