‹ Asie des moussonsChapitre 51 sur 84 · C. LA VILLE ET LA liAIE DE KA(;OSHIMA (KIOl -SIOUj · texte numérisé non relu

C. LA VILLE ET LA liAIE DE KA(;OSHIMA (KIOl -SIOUj

La ville est disposée en damier sur une baie en voie de dessèchement. .\ l'a r rièri'-|>la 11 , ciiuli'es et cônes vnleaiui|ues.

G. t., I. IX. l'L. XXXVIII.

LA NATURE JAPONAISE

Méditerranée, capables d'interrompre la végétation cinq ou six mois, mais aussi de tonifier l'organisme humain.

Au printemps, la température ne se relève que lentement, comme dans la plupart des climats maritimes. En mars, il gèle encore une nuit sur trois ou quatre, et les prairies jaunies par l'hiver ne reverdissent guère qu'en avril. Alors débute la mousson marine, avec ses vents chauds et humides qui viennent du Sud- Ouest sur la mer du Japon, du Sud sur le Pacifique. Légers et variables, ces vents sont interrompus fréquemment par des périodes de calmes : c'est l'époque favorable pour la navigation. C'est aussi celle où les fleurs éclosent de toute part et où débute la culture du riz. On profite, pour transplanter les jeunes tiges dans les terres détrempées, des grandes pluies qui tombent presque chaque jour de la mi-juin à la mi-juillet; ce sont les « pluies des prunes », qui arrivent à la maturité de ce fruit.

Les nuages obscurcissent le ciel entier; le temps est déprimant, d'une chaleur moite. Août est un peu moins humide que le début de l'été; puis les averses reprennent avec plus de force encore en septembre. Ces pluies de saison chaude sont dues à une succession d'aires cycloniques qui se déplacent lentement des parages de Formose et de Changhaï vers Kiou-siou et Hondo. Elles amènent de véritables trombes d'eau.

Le total annuel des précipitations, dans le vieux Japon, n'est presque nulle part inférieur à 1 mètre, tandis qu'il s'abaisse

au-dessous de 500 millimètres dans le Nord de Hokkaido. Il dépasse 2 mètres en nombre de stations. A Tokyo, 28 p. 100 des pluies correspondent à l'été, 34 p. 100 à l'automne. Or la température est alors élevée. Dans la capitale, la moyenne d'août est de 25°,4, et le maximum absolu, de 36o,6. C'est à cette coïncidence de l'humidité et de la cha'aur que le Japon doit sa parure de fleurs et un peu de l'exubérance tropicale (fig. 35).

En octobre, les pluies sont encore très fortes, mais la chaleur diminue. Les gingko des temples perdent leurs feuilles jaunies; les forêts d'érables s'empourprent en novembre. Le riz est moissonné, suivant les variétés, de la fin d'août à la fin de novembre. Malheureusement, le début de la récolte correspond au moment où les typhons sont les plus fréquents et les plus violents. Ils balaient

Fig. 35. — Le climat du Japon.

Importance des précipitations : 1, Moins de 750 millimètres; 2, De 750 à 1 000 millimètres; 3, De 1 000 à 1 500 mUlimètres; 4, De 1 500 à 2 000 millimètres; 5, Plus de 2 000 millimètres. — 6, Trajectoire ordinaire des dépressions cycloniques; 7, Isothermes de janvier. — Échelle, 1 : 22 000 000.

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de préférence les riches plaines du Sud-Est, et nulle part en Extrême-Orient ils ne causent plus de sinistres.

Tel est le cours ordinaire des saisons, très variable d'ailleurs d'une année à l'autre, selon l'intensité des moussons, le nombre des dépressions cycloniques, et aussi, a-t-on pu penser, selon la force de l'Oya-shiwo, qui dépendrait de l'abondance des glaces dans la mer de Béring. Avec sa chaleur humide, la majeure partie du Japon nous apparaît ainsi comme un prolongement de la zone subtropicale. Mais le relief et surtout la latitude introduisent bien des diversités.

La côte Ouest de Hondo se distingue nettement des côtes Sud et Est de la grande île, surtout par le régime des pluies. A Tokyo, les mois les plus humides sont ceux de la saison chaude, et plus spécialement ceux où surviennent le plus de dépressions cycloniques : mai et septembre. Mais, sur la côte Ouest, la mousson d'été n'arrive que déjà relativement appauvrie; les pluies cycloniques y sont encore considérables, mais inférieures à celles qu'apportent les vents du Nord-Ouest, qui se sont chargés d'humidité sur la mer du Japon. Aussi Niigata a-t-il son maximum principal en décembre; en hiver, pas de jour sans pluie ou sans neige. Les montagnes voisines s'enveloppent sous 5-6 mètres de neige. Dans les Alpes Japonaises, vers 37° la:^itude Nord, la neige détermine la forme du toit, dépassant de beaucoup les murs, chargé de lourdes pierres; souvent, on est obligé de se rassembler dans les étages supérieurs et de ménager des galeries tout le long d'une rue pour aller d'une maison à l'autre. Tandis que, sur tout ce versant Ouest, le paysage est alors caché sous d'épaisses nuées, qu'arrêtent les montagnes, des sommets de celles-ci, on découvre la plaine de Tokyo sous un ciel clair et ensoleillé. D'autre part, les régions littorales de l'Ouest ont un total annuel de précipitations plus élevé, si l'on compare, à latitudes égales, Sakai (1 m. 922) à Tokyo (1 m. 500) ; Niigata (1 m. 793) à Nobirou près de Sendaï (0 m. 866). Elles sont en effet plus près des montagnes condensatrices, que des plaines séparent de la côte Est. Le rôle du relief apparaît comme essentiel dans ce fait et dans le suivant. Si les bords de la Mer Intérieure ne sont certes pas une région sèche, ils ont cependant des pluies moins abondantes que ceux des mers extérieures, parce que des hauteurs font écran de tous côtés. Moins torrentielles, les pluies n'y risquent pas autant de compromettre les cultures; les vents y sont moins redoutables, la température plus égale; ainsi le climat, comme le sol ont préparé là une région féconde (fig. 36).

Mais le principal facteur de diversité, dans un pays si allongé dans le sens du méridien est naturellement la latitude. La température moyenne de janvier est de 6°,1 à Kagoshima, 3° à Osaka, -3°,! à Hakodaté. La gelée, assez rare dans les plaines de Kiou-siou, visite celle de Tokyo 67 jours par an, contre 120 à 150 au Nord du 38® parallèle. (Peut-être celui-ci marque-t-il une limite climatique, comme étant la ligne extrême atteinte l'hiver par le principal courant du Kouro-shiwo?) Avec la température, les précipitations décroissent en général vers le Nord, à mesure que la mousson passe sur des mers moins chaudes. Nagasaki reçoit 2 m. 039; Hiroshima, 1 m. 461; Hakodaté, 1 m. 142; Nemouro, 0 m. 826. La côte Nord-Est de Hondo est la partie la plus sèche, et l'une des plus froides, du vieux Japon; Kiou-siou est la plus humide, la plus chaude. Entre son climat semi-tropical et celui des provinces septentrionales qui rap-

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pellent les pays tempérés d'Europe, la transition est insensible à travers les mille nuances locales créées par le relief.

Nagasaki Nemouro

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Tokyo

FiG. 36.

Régimes pluviométriques au Japon.

La végétation. — ■ Ces diversités se retrouvent dans la végétation, dont l'abondance et la variété étonnent tout nouveau venu. Sauf au Nord, c'est partout un splendide décor de verdure, une vie intense qui rappelle celle des tropiques, mais qui, bien loin d'être, comme celle-ci, une menace pour la civilisation, lui fournit une foule de plantes utiles. Les formes végétales les plus hétéroclites voisinent dans le même paysage. Des pins semblables à ceux de l'Europe centrale croissent à côté de bambous et même de palmiers chargés d'orchidées. A droite, une rizière, à gauche, un champ de blé, parfois près d'un camphrier géant dont le pareil ne se reverrait que dans la chaude Formose. « On croirait qu'on a mis dans un coin de France des plantes de serre apportées des cinq parties du monde. » Un nombre d'espèces prodigieux : deux mille sept cent quaiante-trois actuellement déterminées, sans compter les mousses, lichens, etc.

Dans les seules forêts, il y a cent soixantehuit espèces d'arbres, contre quatre-vingtcinq seulement en Europe. Naturellement, la plupart sont apparentées à celles du continent voisin, en particulier de la Corée et de la Mantchourie; mais le Japon possède en commun avec l'Amérique du Nord environ deux cent cinquante espèces, jadis répandues sur un vaste domaine que morcelèrent les événements géologiques.

La végétation spontanée, au moins dans la partie Sud occupée depuis si

longtemps, a été très éclaircie par la culture. Il en reste cependant assez pour nous faire reconnaître dans le vieux Japon tout entier un pays de forêts. On y a distingué deux grandes zones de végétation, l'une subtropicale, l'autre tempérée. La limite serait le 37^ parallèle, avec ces réserves que l'on retrouve au Nord bien des oasis de la première, et que la seconde englobe les massifs montagneux du Sud.

Dans la zone subtropicale, il faut mettre à part l'extrémité Sud de Kiousiou, surtout autour de la baie de Kagoshima. Cette région bien abritée, très chaude, possède en propre vingt-huit espèces d'arbres, dont dix-sept toujours vertes, parmi lesquelles des fougères arborescentes et la seule cycadée indigène du Nippon. La canne à sucre y produit pendant cinq ans, tandis qu'elle devient une plante annuelle dans le reste du Japon. Les autres cultures sont à peu près les mêmes, mais elles se distinguent par une opulence qu'on est loin de retrouver dès la plaine de Koumamoto.

Les autres parties de la zone subtropicale étaient jadis occupées par des forêts d'arbres à feuilles persistantes. Ces forêts primitives se sont conservées dans les montagnes presque désertes de Kiou-siou et de Sikok. Elles comprennent surtout de hauts chênes à feuilles persistantes, dont les nombreuses espèces

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1. Régime du Sud-Ouest, à fortes pluies d'été. — Régime de Hokkaido, à faibles pluies et à double maximum de saison chaude. — III. Régime de l'Ouest de Hondo, à maxima d'hiver et d'automne.— IV. Régime de l'Est de Hondo, à maxima d'été et d'automne.

Géographie universelle.

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sont associées à des essences toujours vertes, d'affinités tropicales : le cinnamomecamphre et autres lauracées, les magnolias, les camélias qui sont des arbres hauts de 10 mètres. Beaucoup de familles indo-malaises atteignent ici leur limite Nord. Les arbrisseaux, les grandes herbes forment un sous-bois épais. Des orchidées, des loranthacées parasites, des fougères épiphytes s'accrochent aux troncs qu'enlacent une multitude de lianes, comme la « rampante de fer » qui les relie par des câbles si solides qu'ils peuvent servir à soutenir des ponts; des glycines grimpent jusqu'à 30 mètres. C'est, en été, une profusion de fleurs, une variété de formes, une note toute exotique. Dans la moitié méridionale de Hondo, ces superbes forêts n'ont subsisté que près des temples, en bosquets qui voisinent avec les plantations de cryptomerias (pl. XXXVIII, A). Ailleurs, elles sont mêlées d'espèces à feuilles caduques et de conifères, ou elles ont cédé la place à des « forêts secondaires ». Quand elles ont été attaquées par la hache, le feu, ou encore ruinées par les éruptions volcaniques ou par les typhons, les arbres toujours verts sont très menacés par la concurrence des essences à feuilles caduques, chênes, charmes, etc.; ils peuvent repousser à l'ombre de ceux-ci, mais, si l'attaque continue, ils se font plus rares, puis disparaissent. De même, les feuillus ont été souvent éliminés par les pins rouges; à leur tour, ceux-ci, très exploités comme bois à brûler, sont remplacés par les bambous, dont on compte plus de cinquante espèces. Ainsi les bambous, en touffes parfois hautes de 20 mètres, si caractéristiques du paysage japonais, se sont substitués à des forêts de plus en plus dégradées.

C'est dans cette zone subtropicale que les cultures typiques du Japon trouvent en majorité les meilleures conditions pour leur développement et atteignent leur plus grande extension. C'est le pays de grande production pour le riz, le thé, le coton, la canne à sucre. Celle-ci demande dix mois pour sa croissance; aussi ne dépasse-t-elle guère vers le Nord le 35® parallèle.

La végétation de la zone tempérée s'annonce déjà dans les montagnes subtropicales, à 1 100 mètres sur le Kirishima (dans Kiou-siou), vers 600 mètres sur le Fouji. Elle couvre presque tout le Nord de Hondo, et c'est là que l'on trouve encore les forêts les plus vastes du vieux Japon. Elles se distinguent de celles du Sud par la chute des feuilles l'hiver. Les arbres caractéristiques de cette zone sont le hêtre, l'érable dont onze espèces empourprent les flancs des montagnes à l'automne. Ils sont généralement mêlés à d'autres feuillus : plusieurs chênes, le peuplier, le bouleau, le châtaignier, le frêne, l'aulne, le saule, les magnolias sont encore assez fréquents. Dans les clairières, une multitude d'arbrisseaux : le Syringa, ÏEvonymus, la viorne; les chevaux disparaissent parmi des Petasites géants, des ombellifères, des fougères. Des lianes plus grosses que le bras s'élancent jusqu'à 25 mètres sur les dernières branches, chargées de fougères épiphytes. Il y a encore ici une exubérance de plantes grimpantes, une puissance du sous-bois tout à fait exceptionnelles dans les régions à hiver froid. Elles dénotent l'abondance des pluies et la haute température pendant la période végétative. On ne les retrouve nullement dans les forêts de conifères, dont les plus fréquents sont les Chamœcyparis, les Thuya, les Tsuga, les cyprès, les Cryptomeria, VAbies fîrma qui s'élève en magnifiques colonnes hautes de 46 mètres avec un diamètre de 2 mètres, le Pinus densiflora qui envahit les boisements dévastés, de même que les bouleaux, les aulnes, les bambous nains. A la différence des hêtres et des chênes, qui recherchent la chaleur humide.

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les conifères prospèrent surtout dans les montagnes élevées, exposées aux vents du Nord.

Les champs et les vergers ont un aspect plus septentrional qu'au Sud-Ouest de Tokyo. Nous ne sommes plus au pays des camélias et du thé. Sans doute, on revoit des oasis de la zone précédente dans les vallées et dans les plaines bien abritées. On y sème le riz dans le Nord de Hondo et même, çà et là, dans le Sud de Hokkaido. L'arbre à laque, le Diospyros kaki, le châtaignier sont plantés sur les versants de ces rizières et caractérisent la partie méridionale de la zone tempérée. C'est celle-ci qui produit le plus de soie de tout le Japon : le mûrier pousse partout dans le Sud, mais il est surtout répandu en cette zone, dans les montagnes au Sud, dans les plaines au Nord. C'est encore le domaine principal des arbrisseaux dont les fibres fournissent le papier. Par contre, le coton ne dépasse guère 38° latitude Nord ; au delà, la période végétative n'est plus assez longue, ni la chaleur assez forte. Dès le 38^ parallèle, les champs ressemblent souvent à ceux de France : du millet, du maïs, de l'orge, des haricots, le soja surtout. Le blé et les pommes de terre, gênés parles pluies sur le versant Ouest, prospèrent au Nord-Est de Hondo. La limite supérieure de la zone tempérée coïncide souvent avec celle de l'agriculture. Sur le versant Est des Alpes Japonaises, vers 37° latitude Nord, le riz et la pomme de terre montent à 1 200 mètres, l'orge à 1 260, le sarrasin à 1 500. Mais il n'y a plus guère d'habitations permanentes au delà de 1 000 mètres.

La zone suivante, caractérisée par VAbies Vei7c/zii, existe seulement dans les montagnes : au-dessus de 2 000 mètres à Sikok, de 1 800 à 2 800 mètres sur les volcans voisins de Tokyo, de 1 070 à 1 600 mètres dans l'extrémité Nord de Hondo. Les conifères prédominent, avec plusieurs sapins, le tsuga, le picea, le mélèze; beaucoup de bouleaux dans le Nord-Est, avec des tilleuls et des rosacées. Sur les montagnes de cette zone, des rocs abrupts sont battus violemment par des vents glacés; aussi les arbres y sont souvent chétifs; toutefois, dans les endroits protégés, on découvre de magnifiques forêts de sapins encore intactes. Au delà de sa limite supérieure, on rencontre, sur les plus hauts sommets, la zone alpine. Sur le Fouji, la végétation monte jusqu'à 3 000 mètres au Nord et 3 220 mètres au Sud; les forêts, de feuillus d'abord, puis de conifères, commencent vers 1 000 mètres au-dessus de vastes prés-bois constellés de fleurs; elles s'arrêtent à 2 600-2 800 mètres et sont drues surtout vers 2 000 mètres, au niveau où se condensent en majeure partie les nuages qui encerclent si souvent ce volcan.

Des forêts qui le couvraient jadis, le Japon a conservé une grande étendue, presque 59 p. 100 de son territoire, — au lieu de 18 p. 100 en France. Plusieurs ont été dégradées, mais, à la différence du Chinois, le paysan replantait à mesure qu'il abattait. Souvent les faîtes qui séparent les thalwegs portent des bois qui ont isolé jusqu'à nos jours les communautés rurales des divers bassins fluviaux. Les montagnes de Kiou-siou, au Nord, sont encore parées d'immenses silves; l'État en tire un revenu important. C'est aux forêts que l'habitation, généralement en bois, emprunte tous ses matériaux, depuis le gros œuvre jusqu'aux meubles les plus délicats. Les poutres et les planches sont fournies surtout par les conifères : cèdres, pins, cryptomerias, cyprès, ceux-ci utilisés à la fois pour édifier les temples shintoïstes et pour fabriquer les objets à laquer; deux espèces d'ormes sont fameuses pour leur bois presque impérissable, qui résiste à l'humidité de la contrée. Le chêne est très employé pour l'ébénisterie; il est peu estimé

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toutefois, et on le transforme surtout en charbon de bois, qui est resté le moyen de chauffage ordinaire. Pour les meubles finement travaillés, on recherche le kaki, le santal blanc, le Zelkowa au bois très dur, le magnolia, le camphrier aux fibres soyeuses et résineuses avec lesquelles on fait des coffrets qu'évitent les insectes, si destructeurs là-bas. Les chênes à feuilles persistantes conviennent à la construction des vaisseaux; les hêtres, aux instruments agricoles; les kakis, aux sandales ou geta; les cerisiers, aux blocs entaillés pour l'impression des textes et des estampes. Diverses espèces, surtout le mûrier, sont cultivées pour la fabrication du papier. On sait les multiples usages du bambou. Les Japonais ont d'abord porté des vêtements de chanvre, puis de coton et de soie sécrétée par les vers qui vivent sur le mûrier, le chêne, le noyer. Leur nourriture est restée essentiellement végétale. On voit la place tenue dans le matériel de leur civilisation par une végétation aux ressources si variées.

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