‹ Asie des moussonsChapitre 53 sur 84 · A. LE TEMPLE DE MIYAJIMA · texte numérisé non relu

A. LE TEMPLE DE MIYAJIMA

Sur la Mer Intérieure (départoinerit de Hiroshima).

l'Iiul. Fi;inri> lUielhin.

l'iiol. Tiiniii'liit.

li. VALLÉE DE YOSHIXO.

Environs de W'akayania, à 50 kilomètres au Sud-Ouesl, d'Osaka.

G. U., L. IX, Pl.. XL,

LA NATURE JAPONAISE

laires célèbrent l'apparition de certaines fleurs. On déserte en foule les villes pour aller admirer, dès février, celles des pruniers; en avril, celles des cerisiers, emblème des samouraï; au début de mai, les azalées et les glycines; les lotus à la canicule; en novembre, les chrysanthèmes et le feuillage rougi des érables.

Le charme de cette nature fit des Japonais un peuple de visuels, habitués à vivre en plein paysage et à en jouir délicatement. Jusque dans ses couches profondes, la population sait en apprécier la beauté gracieuse, les couleurs changeantes d'un ciel tantôt doux comme le ciel parisien, tantôt zébré par les averses de la mousson, tantôt nettoyé par les vents du large et d'une pureté cristalline. Elle suit des yeux les lignes nettes, élégantes et capricieuses du relief, rehaussées de mille détails qui accrochent et amusent le regard : rocs aigus, ramures des pins, frêles ponts de bambous, coins retroussés des toits. Aussi le souci esthétique se manifeste dans la disposition de l'habitation, dans la vie quotidienne du plus menu peuple, — autre différence avec la Chine. De quelle façon très originale le Japonais sent la nature, c'est ce que M. Louis Aubert^ a finement analysé et que nous ne pouvons redire ici. Indiquons seulement sa préférence pour les sites traditionnels, ceux où l'on est venu en pèlerinage depuis des Siècles, qui ont inspiré plusieurs générations d'artistes et de poètes : l'émotion religieuse et ces multiples souvenirs s'unissent au plaisir des yeux pour rendre plus chère cette nature humanisée, si intimement mêlée au passé de la race, accueillante malgré ses caprices, qui rend l'elïort nécessaire, mais fructueux. D'où le patriotisme si vif, qui est essentiellement l'amour d'un beau pays, où il faisait bon blottir sa vie dans le même coin que les aïeux. D'où, aussi, cet attachement si tenace au sol natal. Le Japonais s'est toujours plu à le parcourir, et il y voyage encore beaucoup, en touriste autant qu'en pèlerin. Mais, avant notre époque, il a beaucoup moins visité l'étranger que le Chinois. Celui-ci s'expatrie volontiers et s'adapte vite aux milieux nouveaux; encore aujourd'hui, le Japonais est retenu par un lien beaucoup plus solide à ses îles. Il lui faut leur climat, leurs habitudes de vie, leurs paysages accoutumés. On n'émigre qu'assez rarement, poussé par l'ambition ou par la misère. La rapidité étonnante avec laquelle le Japon s'est transformé ne doit pas nous faire oublier la force qu'y ont conservée les traditions : elle provient surtout de la religion, de la morale familiale, mais aussi du culte de cette nature aimable et des idées, des mœurs qu'elle a marquées de son empreinte.

BIBLIOGRAPHIE

Cartographie. — La carte du Japon est scientifique ment dressée par les soins du Service géo- GRAPHiQXJE JAPONAIS Créé en 1888. Les mesures de bases et la triangulation sont à peu près terminées dans tout l'Empire. Les levés sur le terrain sont très avancés. Ils sont exécutés à l'échelle de 1 : 50 000 fl : 25 000 et 1 : 10 000 pour les régions les plus importantes). Les cartes à 1 : 50 000 publiées comprennent à peu près la moitié du Japon proprement dit. 92 feuilles ont été publiées à l'échelle de 1 : 20 000 primitivement adoptée ; elles sont actuellement ramenées à 1 : 25 000. Le Service a publié en outre des cartes à 1 : 200 000 pour le Japon propre et la partie méridionale de Hokkaido, une carte générale à 1 : 2 000 000 (1926, noms en caractères latins), comprenant le Japon propre, la Corée et les parties voisines des côtes de Chine (cartons à plus petites échelles pour Sakhaline, Formose, les Kouriles, les Riou-kiou, les îles Bonin et Mariannss). En préparation, cartes à 1 : 1 000 000, de l'Asie orientale.

Ouvrages d'ensemble sur le Japon. — H. Cordier, Bibliotheca japonica. Dictionnaire bibliographique, Paris, 1912. — Fr. von Wenckstern, Bibliographyofthe Japanese Empire, Tokyo, 1895-1907, 2 vol.

1. Les Maîtres de l'estampe japonaise, 2°- éd., 1922, Librairie Armand Colin.

LE JAPON

— F. Challaye, Au Japon et en Extrême-Orient, Paris, 1905; Le Japon illustré, Paris, 1915. — Basil Hall Chamberlain, Things Japanese, 5"= éd., Londres, 1905 (plein de faits et d'idées); Basil Hall Chamberlain et W. B. Mason, a Handbook for travellers in Japan, 9^ éd., Londres, 1913 [Collection des guides Murray]. — Impérial Japanese Government Railways, Officiai guides ta Eastern Asia, II, III, Japan, Tokyo, 1914, 2 vol. — ■ G. Migeon, Au Japon. Promenades aux sanctuaires de l'art, Paris, 1908. — Pan- Pacific Science Congress, A. Australia, 1923, Proceedings; B. Japan, 1926. Ces congrès ont été l'occasion de nombreuses publications intéressantes pour le Japon, dont une série de guides d'excursions scientifiques et une précieuse synthèse : Scientific Japan, Past and Présent, Tokyo, 1926. ■ — J. J. Rein, Japan nach Reisen und Sludien, Leipzig, 1905 (essentiel). — F. von Richthofen, Aus seinen Tagebûchern in Japan (Mitteil. des F. von Richttiofen Tages, 1912, p. 19-195). — Y. Takenob, The Japan Year book, 17'" annual publication, Tokyo, 1923. — Unser Vaterland Japan. Ein Quellenbuch geschrieben von Japanern, Leipzig, 1904. • — Voir les analyses des travaux japonais dans la Bibliographie Géographique de l'AssociATioN de géographes français.

Descriptions, géographie physique. — Is. Bird, Mrs. Bishop, Unbeafen tracks in Japan, Londres, 1880 et 1900. — Bulletin of the Impérial Earthquake Investigation Committee, Tokyo. - — S. W. CusHiNG, Coastal plains and block mountains in Japan (Annals Ass. of Amer. Geographers, III, 1913, p. 43-61). — Ch. Davison, The Japanese Earthquake of 1923 (Geogr. Journal, LXV, 1925, p. 41-61). — ToYOKiTsi Harada, Die Japanischen Inseln. Eine topographisch-geologische Ubersicht, Berlin, 1890. — B. Hayata, The végétation of Mt. Fuji, Tokyo, 1911. — S. Honda, Description des zones forestières du Japon, Paris, 1900. — Japanese Journal of geology and geography, Tokyo, Vol. I, 1922 (surtout géologique). — ■ Ministry of Agriculture and Forestry, Forestry of Japan, Tokyo, 1926 (zones de végétation). ■ — M. Revon, La végétation au Japon (Annales de Géogr., XIV, 1905, p. 52-63). — E. M. Sanders, The climate of Japan and Formosa {Monthly Weather Review, XLVIII, 1920, p. 404-408). —Ak. Tanâka, Archipel du Nippon {Bull. Soc. Roy. Belge de Géogr., 1894, p. 502-525; 1895, p. 24-34; vaut surtout pour le littoral). — W. Weston [Exploration des Alpes Japonaises] (Geogr. Journal, VII, 1896, p. 125-149; XXVII, 1906, p. 18-35; XLVI, 1915, p. 188-200); A wayfarer in unfamiliar Japan, Londres, 1925. — • N. Yamasaki, Morphologische Betrachtung des Japanischen Binnenmeers Setouchi (Peiermanns Mitteil., XLVIII, 1902, p. 245-253); Physiographical studies of the great earthquake of the Kwanto district, 1923 (Journal Faculty of Sciences, Impérial University of Tokyo, section II, ii, 1926). — The Hydrographie Department, Impérial Japanese Navy, On the form of the Japan trench (Records of Océanographie Works in Japan, Tokyo, Vol. I, mars 1928, p. 25-26).

G. U., I. IX, l'L. XLII.

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