VIE MATÉRIELLE
L'habitation. — Dans l'agencement de la vie matérielle, habitation, vêtement, nourriture, on découvre çà et là des emprunts aux autres peuples de l'Extrême-Orient, mais bien plus souvent une curieuse originalité. Ainsi les
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Chinois et les Coréens construisent en briques, en pisé, en pierre; les Japonais, j en bois, en bambous, en roseaux; la pierre n'apparaît que dans les soubassements des forteresses, par exemple dans les assises cyclopéennes des châteaux d'Osaka et de Nagoya. L'architecture montre peu de variété et n'a réalisé aucun | progrès depuis plusieurs siècles. Elle s'est arrêtée à un style partout identique, qu'il s'agisse d'une demeure riche ou pauvre. La maison n'est jamais complètement entourée de murs. Elle est bordée, au moins en grande partie, de vérandas. La nuit, ou en cas d'averse, on clôt celles-ci avec des volets de bois, ou seulement avec des cadres de bois, recouverts de papier à demi transparent; quand on allume, chaque maison ressemble ainsi à une grosse lanterne carrée. Ces écrans sont la seule clôture pendant les journées d'hiver; en été, on les enlève, et toute la demeure s'ouvre librement à la lumière. D'autres, glissant dans des rainures, séparent les diverses chambres, qu'on peut ainsi subdiviser ou réunir à volonté. De place en place, des piliers de bois s'appuient sur le sol, sans fondations; ils supportent le toit, fait en paille ou en tuiles, en bardeaux dans les montagnes, généralement plat, sauf dans les pagodes et les vieux châteaux, où il se retrousse à la chinoise. Les maisons des villes ont généralement un étage, presque jamais deux jadis; on y accède par un escalier qui mériterait souvent le nom d'échelle. Les pièces, toujours d'une propreté exquise, couvertes de nattes immaculées épaisses de deux doigts, frappent par leur nudité : pas un meuble, ni table, ni chaise, ni lit. Les meubles n'apparaissent que lorsqu'on a besoin d'eux; le reste du temps, on les enferme dans les placards. Un hôte arrive : on lui présente un coussin sur lequel il s'agenouille; et, s'il fait froid, un brasero, le seul moyen de chauffage, car la maison n'a pas de cheminées, et le Japonais ne connaît pas le calorifère (kang), pourtant si répandu dans la Chine du Nord et la Corée. Au moment du repas, on apporte à chacun un plateau chargé de bols et de soucoupes; pour dormir, des couvertures et de minces matelas qu'on étend à même sur les nattes et qu'on enlève le matin. En autre temps, rien qui rappelle la vie ménagère dans ce clair décor d'une simplicité ralTmée; rien n'encombre ces pièces où le regard ne s'arrête que sur quelques ol)jets d'art, des vases, des bronzes, des laques, des peintures sur soie (kakémono), placés d'ordinaire dans une sorte d'alcôve où se célèbre le culte des ancêtres (pl. XLIII, A, et XLV, B).
D'où vient ce curieux type d'habitation dont on ne retrouve l'analogue nulle part au monde? Chamberlain y voit le développement de la hutte préhistorique, construite en jeunes troncs d'arbres reliés par des cordes ou des joncs. Mais il faudrait suivre ce développement et montrer pourquoi il s'est fait dans ce sens. Ce type a, certes, ses avantages : l'air y pénètre partout, et la propreté y est facile; les matériaux coûtent peu dans ce pays de forêts, et chaque famille peut avoir sa maison, même dans les villes ; surtout sa légèreté réduit les accidents, les écroulements qu'entraînent les tremblements de terre. Mais, d'autre part, il manque de solidité, et l'on n'y a guère l'intimité du home; il est souvent la proie d'incendies, comme celui de 1657, qui dévora Tokyo sur une surface supérieure à celle de Paris; un autre, en 1899, consuma à Yokohama plus de trois mille maisons. Il est rare qu'on puisse passer sa vie entière dans la même maison. De plus, on n'y est guère protégé de la pluie, — à moins de mettre les volets et de s'enfermer dans l'obscurité, — ni du vent qui passe par les fentes, ni du froid. Sans doute, on rencontre des constructions plus solides dans le Nord et, dans certaines montagnes, des chalets semblables à ceux des Alpes. Mais déjà à Osaka ou à
l'Iiot. Francis liiicll.in.
A. — LE JAUDIX lilTSOUlil.M, A rAKA.MATSOlJ (siKOKj. Un (les trois r;im('iix jardins du Japon. Au fond, type d'Iiabitalion de riche Japonais.
I.'as«o< i;.lir.n lia i mon ii iise ili- I a ri liilci l ii re .ixcc le pa vsa(;e est l'un des li'ails caraeliM'isliiines du Japon.
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