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LES TRANSPORTS

Pour instaurer de toutes pièces un État équipé à la moderne, il fallait d'abord lui donner des moyens de transport. Dans cet archipel, il s'agissait surtout de transports maritimes : or, c'était le saut dans l'inconnu, puisque les shogoun avaient supprimé la navigation au long cours. On concentra les subventions sur un petit nombre de ports pour les rendre capables de recevoir les plus forts navires. Celui de Yokohama présente, sur les deux tiers de sa surface (326 ha.), une profondeur de 6 à 10 m. 50 au-dessous du niveau des plus basses marées; en le restaurant après le séisme de 1923, on a considérablement accru ses quais et son outillage; on le relie par canal à Tokyo, destiné à se fondre avec lui en un gigantesque organisme économique, future zone franche où les marchandises destinées aux réexpéditions seront manufacturées. Pour Kobé, un programme qui s'achèvera en 1933 lui donnera une surface de 17 millions de mètres carrés, bien protégée contre les vents du Sud et de l'Est, avec vingt-huit postes d'arrimage pour les navires calant 11 mètres. Ces deux ports sont complémentaires, et non rivaux. Yokohama vit des exportations, surtout de la vente de la soie et des soieries aux États-Unis. Kobé est l'avant-port du grand centre industriel d'Osaka, dont les bassins, également en voie d'agrandissement, sont plutôt destinés aux navires de faible tonnage; sa principale fonction est de procurer à Osaka des matières premières, coton, machines, etc. Le groupe Kobé- Osaka fait face à l'Asie, tandis que le groupe Yokohama-Tokyo tourne son activité vers l'Amérique; celui-là obtient la primauté quand ce sont les importations du Japon qui dominent, et celui-ci, quand ce sont les exportations. Dans l'intervalle, Shimizou, sur la baie de Sourouga, est devenu le principal vendeur de thé; Nagoya, au débouché d'une région très riche en riz et en soie, entouré de fabriques de machines, pourra recevoir des navires de 5 000 tonnes. Entre Moji, sur le détroit de Shimonoseki franchi par un ferry-boat, bientôt par un tunnel, et Nagasaki qui expédie la houille de Kiou-siou, on adjoint à l'industrieuse Hakata, près de l'ancienne ville seigneuriale de Foukouoka, un port moderne en vue de développer les relations avec la Corée.

En même temps, le gouvernement a encouragé la constitution d'une marine nationale. Dès 1869, il invita les particuliers à acheter des bâtiments étrangers; puis il favorisa la naissance de puissantes sociétés de navigation, auxquelles il distribue de grosses subventions. Le développement si rapide de la flotte commerciale est donc en grande partie son œuvre.

LA VIE MODERNE

De 177000 tonneaux en 1893, le tonnage des vapeurs passa à 1528000 en 1913; puis le grand effort de construction qui accompagna et suivit la guerre le porta à 3 565 000 en 1924, avec 237 navires de plus de 5 000 et 11 de plus de 10000 tonneaux, et à 4 140 000 en 1928. La marine japonaise, qui arrivait au sixième rang avant les hostilités, se place aujourd'hui immédiatement après celles de l'Angleterre et des États-Unis. Elle a de beaux navires de plus de 15 nœuds sur les lignes de Seattle et de San Francisco, de Melbourne, de Hong-kong, de Londres; des services réguliers sont assurés également vers la Sibérie, la Mantchourie, les ports chinois et sur le Fleuve Bleu jusqu'au Sseu-tchouan; vers Java et le Siam. Cependant elle n'a pas réussi, comme elle pouvait l'espérer pendant la guerre, à évincer de l'Extrême-Orient ses rivales des deux mondes; ce n'est pas sans difficultés qu'elle conserve sa place parmi les grands rouliers du Pacifique, et le pavillon anglais a repris sa primauté en Chine.

Le Japonais voyage beaucoup dans son archipel. Pourtant, en raison peutêtre de l'importance que conserve le cabotage, les routes sont restées souvent négligées et impraticables aux voitures, et c'est seulement au voisinage des grandes villes que l'automobilisme a pu rayonner jusqu'ici. Ce pays est passé directement de l'âge de la piste à celui du rail. Le réseau ferré est relativement très serré, bien que sa construction ait été laborieuse dans une contrée aussi accidentée : 3 km. 1 par kilomètre carré (France, 9). On a commencé en 1922 la réalisation d'un vaste programme avec l'électrification de la ligne de Tokyo à Kobé.

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