IV. — LE COMMERCE EXTÉRIEUR
La courbe du commerce extérieur montre un progrès suivi, mais assez lent jusqu'à la guerre avec la Chine, plus rapide ensuite jusqu'en 1915; puis viennent quatre années d'ascension brusque, après lesquelles se manifeste l'influence de la crise de consommation mondiale. Mêmes variations de la balance commerciale : presque toujours défavorable jusqu'à 1915, puis quatre années de grande exportation, et maintenant les importations dominent^ Remarquons que, en 1925, le commerce extérieur ne s'élevait qu'à 404 francs par habitant : on voit par là, comme par la faible consommation de charbon, que le
1. En 1926, 2 04ô millions de yen aux exportations, 2 377 millions aux importations. En 1927, 1 992 aux exporlations, 2 179 aux importations. Valeur théorique du yen : 12 fr. 72, avec des variations allant de l.'j fr. 60 en 1918 à 10 fr. 40 en 1925.
LE JAPON
Japon, malgré tous ses progrès, n'égale pas encore les grandes puissances économiques de l'Europe. Cependant il leur ressemble par le caractère de ses relations avec l'étranger, que détermine le développement de l'industrie. C'est le seul État asiatique où la première place revienne, pour l'exportation, aux objets manufacturés; pour l'importation, aux matières premières.
Parmi les premiers, l'industrie textile fournit 62 p. 100 des exportations : d'abord les tissus et filés de coton, vendus surtout en Chine, mais avec un fort recul sur 1920; les soieries, principalement les pongées, destinées aux États- Unis et à l'Angleterre; la bonneterie, expédiée dans toute l'Asie, Puis vient l'industrie métallurgique; moins active qu'en 1918, elle continue cependant à exporter des machines, des navires, des fils téléphoniques. Ensuite la porcelaine, le papier, les allumettes. Parmi les matières premières (7 p. 100 des exportations totales), la soie grège est la principale exportation du Japon \ qui donne les quatre cinquièmes de la production mondiale. La presque totalité est expédiée par Yokohama aux États-Unis, un peu en France; l'état de la récolte et du marché américain provoquent des variations du simple au double d'une année à l'autre, La houille est destinée surtout à la Chine et aux grands dépôts de charbon dans les ports du Pacifique, Parmi les produits alimentaires, le sucre de Formose et les poissons sont consommés en Chine; le thé, en Amérique, Dans l'ensemble, les statistiques montrent une grande diversité de produits, dont beaucoup y figuraient à peine en 1914, mais aussi la prépondérance de la soie, des tissus et filés. Or la soie est un article de luxe exposé à des crises de surproduction; les tissus et filés sont destinés à des pays neufs, dont le plus important, la Chine, commence à les fabriquer lui-même, et déjà leur vente dans l'Inde a beaucoup décliné depuis la fin de la guerre. On s'explique l'instabilité des exportations et de l'industrie.
Aux importations dominent les matières premières (60 p. 100) et surtout le coton brut dont les États-Unis et l'Inde se disputent la fourniture. La laine vient d'Australie; le lin, le chanvre et le jute, des Philippines, de la Chine et de l'Inde. On sait que le Japon est encore obligé de demander, surtout aux États-Unis et accessoirement à l'Angleterre et à l'Allemagne, une grande partie de ses fers à demi ouvrés et de ses machines. Les denrées alimentaires (14 p. 100) comprennent : le riz, qui vient, en quantités très variables selon la récolte et la prospérité japonaises, de l'Indochine française surtout, de la Birmanie et du Siam; le blé américain en quantités assez considérables; le sucre (de Java surtout) qui est réexpédié après raffinage (fig. 39).