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Le nom ofliciel est Taïwan

3. Dans le détroit de Formose, l'archipel rocheux des Pescadores appartient au Japon depuis 1895. H avait été occupé par l'amiral Courbet qui y voyait une excellente base d'opération dans les mers de Chine.

LE JAPON

du chêne. Vers 2 000 mètres apparaissent les conifères, des arbres géants, Tsuga, Chamœcy paris, dont certains atteignent 60 mètres, et dont un seul fournit autant de bois qu'en France un hectare de beaux pins. Les résineux montent seuls jusqu'à la zone des broussailles, vers 3 000 mètres. Cette flore de montagnes ressemble beaucoup plus à celle du Japon qu'à celle de la Chine pourtant plus proche. Il y eut sans doute jadis une terre qui unissait Formose au Nippon; une flore littorale s'y répandit, distincte de celle de la Chine qu'occupèrent des espèces continentales. Mais cette connexion fut rompue depuis une époque géologique très reculée, comme le prouve le nombre d'espèces endémiques propres à Formose. Si le vieux Japon, atteint par les récentes migrations végétales parties de la Corée, compte plus d'espèces arborescentes que sa colonie, celle-ci, grâce à sa chaleur humide et constante, porte par contre des forêts plus belles et moins pénétrables.

Ainsi s'explique le rôle de refuge joué par ses montagnes. La silve tropicale y a préservé l'indépendance des peuplades chassées des plaines par la colonisation chinoise. Aujourd'hui encore, c'est le « pays sauvage », qui couvre toute la moitié orientale de l'île, avec une population de plus de 100 000 habitants. Malgré leur réputation de férocité, ces « sauvages » ne sont nullement des hordes misérables de chasseurs errants. La plupart de leurs tribus semblent provenir d'un afflux malais qui développa une certaine civilisation dans les riches plaines de l'Ouest. Refoulés dans les montagnes, ils y vivent en sédentaires, dans de curieuses cabanes souvent à demi engagées dans le roc. Ils pratiquent l'agriculture nomade et se nourrissent surtout de millet, de riz de montagne, de tubei^ cules. Ils semblent même plus attachés au sol que les Moï de l'Annam. Mais ils avaient conservé la coutume, si fréquente dans l'Insulinde, de la chasse aux têtes, et ils n'entendaient pas laisser les envahisseurs pénétrer dans leurs retraites. Or, pour leur malheur, le camphrier y croît à la hauteur de leurs villages; c'est pour abattre cet arbre que les Japonais se hasardèrent à violer leur refuge que les Chinois avaient respecté. « La question des sauvages, c'est la question du camphre » (Davidson). Les montagnards ont su longtemps arrêter les bûcherons, les soldats nippons; il fallut longtemps se borner à les empêcher de ravager les tribus soumises, et reprendre, en le modernisant, le vieux procédé chinois de la frontière surveillée par une ligne de postes fortifiés. Actuellement, sauf dans deux districts, le besoin de se ravitailler a amené leurs tribus à se soumettre. La police japonaise, qui semble avoir pleinement réussi ici, les désarme; en retour, on leur donne le moyen de mieux cultiver leurs terres (pl. XLVIII, A et B).

La masse de la population est formée de Chinois venus des provinces littorales voisines. Jusqu'en 1683, Formose resta indépendante de l'Empire; aussi fut-elle l'abri des partisans de la dynastie Ming après l'invasion mantchoue, de milliers de proscrits, de pirates qui infestaient les mers du Sud et qui, plus d'une fois, y installèrent la capitale des rois de la mer. C'était une terre barbare où accouraient tous ceux qui désiraient une vie libre et aventureuse. Parmi ces réfugiés se distinguent, par leur nombre et leur énergie, les Hakka, population méprisée du Kouang-tong. Pour échapper aux exactions des mandarins, ils s'établirent sur les terres vacantes que la peur des sauvages laissait libres sur les pentes de l'Ouest et du Nord, et entrèrent en relation avec les tribus les plus redoutées. Beaucoup moins entreprenants sont les gens du Fou-kien, qui occupent la majeure partie de la plaine où ils essaimèrent après la conquête chinoise.

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