CHAPITRE XXVIII
ORIGINE DU BOYAUME DB PBB6AM1 — PHILÉTBBB. — BOMÈNS.
La position formidable du château d Pergame avait été remarquée par Lys maque, qui le choisit pour y dépos»
ses trésors, estimés 9.000 talents <j 47,000,000 de francs; il en conOa ' garde à Philétére de Tium en Papou gonie (3). Ce personnage, qui d'unpo*
(1) Voy. Pliue, éd. de 1770» ^ d
Poiosioet, liv. "V, cb. 3».
(a) Anab., Vil, S, 4. , ,
(3) Slraboo, XIII, 6j3, dit q« il wf
Tyina en Cappadoce.
m devait bientôt s'élever à la
■e puissance, était fils d'une
itf courtisane nommée Boa.
csfoofé dans son enfance un
ti la suite duquel il était resté
e; cependant, guidé et protégé
■e, officier de l'armée d'Anti-
i commença à prendre part
im publiques. Docime étant
service de Lysimaque emmena
iftuefère, qui captiva Lysimaque
■ esprit d'ordre et d'économie ,
pwe le choisit pour son tréso-
iBâdonna le commandement du
•de Pergame, où était renfermé
feu dépôt. Pendant quelque
fe prince grec n'eut qu'à se louer
Mité de son intendant; mais
fer, menacé d'une disgrâce pro-
'pr suite des intrigues d'Arsi-
■ne de Lysimaque, n'imagina
moyen de se sauver que de se
indépendant. Tout dessein de ce
touait infailliblement un appui
«princes grecs rivaux ou ja-
Mssdes autres. Séleucus appuya
|& ambitieux du ministre de
g, et ce prince ayant péri dans
■■«qu'il livrait à Séleucus aux
« Sardes, Philélère se vit en
■du rang suprême, sans avoir
•■ttre ses ennemis autrement
*J moyen d'intrigues habile-
•*«, et qui lui permirent de
Jwnt vingt ans d'un pouvoir peu
J U traité passé avec Séleucus
«•restituer les trésors de Lysi-
J* nsrait pas été observé, et les
w* étaient devenus des ennemis
■JJûWes; mais le sort fut encore
^J* a Philétère; car après sept
«ûostilités Séleucus mourut vic-
*« trahison de Ptolémée Cérau-
Ll?wi* *trtpme «tait tr°p po-
Çwlaisser de nouvelles inimi-
**der
>Pper autour de lui; il fit le corps de Séleucus et avoir rendu les honneurs fu- P>» le renvoya à Antiochus, fils et
s^pk-L? P"nce- A Partir de <*
ttdn w Put Jomr tranquille-
Ù^^Temement de l'État qu'il
*um*\ il contracta des alliances
s taiPTmce8 Y0i8ins et Put réunir m P°ovoir le gouvernement
l*U»TQUon. (A8IB MlNKUBB.
d'une grande partie de l'ASolide (1).
Plus heureux qu'Hermias le mettre d'Assos, Philétère légua le gouvernement de Pergame à son neveu Eumène, et ce prince, qui brillait par des qualités solides, sut défendre vigoureusement l'héritage qu'il venait d'acquérir. Antiochus exigeait toujours l'exécution du traité signé par Philétère; les deux princes finirent par se déclarer la guerre, et les environs de Sardes furent encore le champ de bataille où se décida le sort du futur royaume de Pergame. Antiochus fut vaincu et mourut peu de temps après sa défaite. Eumène régna vingt-deux ans et mourut Pan 241 avant notre ère.
ATTALE Ier.
Attale I*r, cousin et successeur d'Eumène, était fils d'Attale et d'Antiochide, fille d'Achœus. Cest lui qui fut le premier proclamé roi, après une grande victoire qu'il remporta sur les Galates (2). Aucun prince n'était venu à son secours ; les Gaulois, dont le nom seul était un épouvantai! pour les peuples de l'Asie, marchaient sur Pergame, et l'armée d'Attale était glacée dé terreur; c'est alors que le prince s'avisa d'un stratagème qui a été regardé de nos jours comme la première tentative d'un art qui ne devait se produire que bien des siècles plus tard ; il écrivit a l'envers sur le creux de sa main le mot Niha (victoire) et l'imprimant sur le foie d'une victime que l'on immolait, il montra aux soldats étonnés le viscère portant lisiblement le nom de la victoire. Les soldats, convaincus de la protection des dieux, reprirent courage ; un combat acharné eut lieu , et les Gaulois furent mis en fuite. Cette victoire, remportée sur un peuple que l'on avait regardé jusqu'alors comme invincible, excita dans toute l'Asie un enthousiasme indicible; des tableaux représentant cette bataille furent exécutés et déposés dans les temples, l'un à Pergame, l'autre à Athènes (3).
(i)Slrabon, XIII, 6a3.
(a) Strab., XIII, 6*4.
(3) Polyœo., Strab., Riusanias, liv. Y, ch. 9.
) T. II. • l4
L'UNIVERS
La puissance <f A ttale, accrue par cette \ictoire, le mit à même de se mesurer de nouveau avec les rois de Syrie, ses ennemis naturels. Séleucus Céraunus marcha contre le roi de Pergame ; mais ce dernier sut adroitement se défaire de ce nouvel ennemi. Séleucus mourut assassiné dans les défilés du Taurus , et dans le même temps les Pisidiens soulevés firent une irruption en Syrie et forcèrent Achaeus, qui marchait contre Pergame, de revenir sur ses pas.
Dans ces conjonctures la plupart des villes de l\€olide et de la Mysie firent leur soumission -, les habitants de Téos et de Colophon envoyèrent les clefs de leurs villes ; Cymé, Smyrne et Phocée furent annexées au nouvel État , et le prince A ttale fut proclamé roi. Il fit alliance avec la république de Byzance , et sut également acquérir l'amitié des Rhodiens. Cette ligue des deux républiques avec le nouveau roi avait pour but de s'opposer à la tyrannie des princes grecs, qui s'emparaient de toutes les côtes et imposaient des charges intolérables au commerce maritime. Les rois de Bithynie avaient pris part dans ce conflit, et remportèrent d abord quelques avantages sur le roi de Pergame; mais comme ce dernier avait fait alliance avec les Romains contre Philippe de Macédoine (l), il se trouva en mesure de résister à tant d'ennemis, et put se faire restituer les provinces qui lui avaient été enlevées.
Philippe, qui faisait la guerre en barbare plutôt qu'en prince civilisé, dirigea un corps d'armée contre Pergame. Tous ses efforts dans l'attaque de cette ville ayant été inutiles, il tourna sa rage contre les dieux ; il ne se contentait pas de brûler les temples, il brisait les statues , renversait les autels et arrachait jusqu'aux pierres des fondements. Les y£toliens ayant fait la paix avec Philippe, ce prince retourna en Macédoine, et le roi A ttale accomplit en paix un règne de quarante-quatre ans. Il réunit Sous ses lois tout le territoire qui s'étend jusqu'à Adramyttium et jeta les premiers fondements de la bibliothèque de Pergame.
(i) Voyet le* rois de Bythint*; p. Si.
EUMENE II.
Eumène II, fils d'Attale et d*Apo nis de Cyzique, succéda à son père, demeura l'allié des Romains dam guerre contre Antiochus et contre 1 sée. A chaque victoire il recevait peuple romain un accroissement de ritoire; il reçut de plus d'Antiochu somme de quatre cents talents tant p ce qui lui était dû que pour le blé q avait fourni aux rois de Svrie. \ tant de prospérité finit par faire ni le soupçon de la part de ceux mé< qui avaient comblé de faveurs le roi Pergame -r il fut accusé de favorise!
secret l'ennemi des Romains, etcooj on n'avait aucune preuve certaine, envoya Tlb. Gracchus en Asie coni commissaire pour examiner la condi de ce prince. Aucune charge ne m élevée contre lui , sur le témoignage!
vorablè que le commissaire Gracd adressa au sénat, les Romains rendin à Eumène leur ancienne amitié.
Les mauvaises dispositions de la 1 publique avaient motivé un décret I sénat en vertu duquel toutes les star de ce roi seraient enlevées de la r qu'elles occupaient dans les lieux blics. A ttale, frère du roi, fit m vf à Rome, et obtint la révocation dudi Sous le règue de ce prince une ai sade du peuple romain débarqt»
port d'Élée, et se rendit à Pergame le but d'obtenir la permission de o
Sorter à Rome la statue de la mère d ieux, qui se trouvait à Pessinante La ville de Pergame dut à Eun»
un accroissement considérable; il' para les ravages des dernières gaern et construisit des monuments map flques, qui existaient encore dutemp»' Strabon; il Ht planter et décorer le .
céphorium bâti par Attale. Polybe i et Strabou (2) se contentent de n* tionnerce lieu comme un ensemble temples, de statues et de portiques sa dire quelle était sa destination. Une H cription que nous avons retrooree si le penchant de l'acropole de P«^an nous fait connaître que le Nicépb<w«i était un temple consacré à Minerve n
(i) Liv. XVt, cl». Ier.
(?) Liv. XIIT, 6a/,.
jiéetlueépoore, auquel était attaché "' s de prêtresses (1). Nous potier que cette inscription se remplacement même de nacrée qui par conséquent déiferAcropolB.
ne fut réellement le fondateur
(bibliothèque de deux cent mille
\ dont la perte est depuis tant
i regrettée de tous ceux qui ai-
i lettres (2). Afin de donner aux
i moyens les plus faciles pour
s les œuvres littéraires, il créa
i de peaux préparées pour
récriture, et qui depuis ce
ient conservé le nom de ia ville
fc industrie a pris naissance, Per-
t charte, dont nous avons fait
archemtn.l* papyrus, dont on
t usagé jusque-là, était cher et
Fabrication difficile. Les princes
► de l'Egypte, <)ui nroduj-
eeette plante, mettaient aesobs-
b nombre à la sortie d'un pro-
: la consommation allait tou-
ant ; la fabrication du par-
t acquit en peu de temps un dé*
*" ut considérable et aujour-
\ la ville de Pergame se dis*
r ar l'habileté de ses maroqui-
i la bords du Selinus sont coii-
? fabriques de tanneries et de
ries, et cette modeste industrie,
i le principe fut si utile aux let-
«rrait plus qu'aucune autre ï*é-
* i titres de noblesse, eu égard
. rté de son origine et à un
' non interrompu pendant plus
t siècles.
, j encore il y a quelques an-
icinstantinople le bazar des co-
foi pouvait donner une idée de
dostrie dans l'antiquité et 'faire
dre comment un livre en re-
ait être reproduit avec une ra-
tive assez grande. Les copistes
étaient si bien habitues ad'
t et au format de ce lîvjre gué
5 , pas un mot ne dépassait
» livre écrit brut passait entre les indu satineur, delà entre celles du
Voj. Description dé f/tw my*,***'.
[v Sbiboa, xni, 6*4
miniaturiste, oui mettait les titres, les ornements et les arabesques; le corps des copistes turcs, appartenant à la classe des oulémas, s'est opposé longtemps à la propagation des livres imprimés.
Cest une errai» de croire qae le Coran contienne rien qui soit contraire à l'adoption de l'imprimerie.
Il est singulier que les Romains, qui ont connu Remploi des eytiudres, des sceaux, et des tessères gravées, n'aient jamais eu l'idée de ia reproduction mécanique de récriture; le manque de papier les a arrêtés dans cette vole plus que toute autre cause.