CHAPITRE II
VILLBS DB L'JEOLIDR. — BLB1.
La ville d'Élée était située à don stades au sud de l'embouchure du Cj que ; c'était déjà uue mauvaise coud tion topographique. En effet tous I ports de mer placés à l'embouchure d<
(i) Sirabon, XIII, 6aa.
{'à)h\.% XIII, fiai.
res sont sujets à l'ensablement, était Je port et l'arsenal de Perfm;knqpe nous visitâmes ces côtes, ne ackn état était tellement changé m. mb eûmes de la peine à pénépa milieu des marais jusqu'aux ■ JpM qui formaient autrefois le port, «•^irions dn Calque se sont avance plusieurs milles dans la mer.
haie de sable encombre l'entrée Tonte cette côte est absoludéserte, sans doute à cause de l'air ie) qui émane de ces marais, difficile de se peindre l'aspect de et de désolation que préseute côte de I JEolide; pas un bâti* ne vient mouiller dans ces pa-
ot impossible d'aborder par us non» rendîmes à Pitane et là I primes des chevaux pour aborder Mté de la terre.
t ferme turque où nous ne trou-
i que deux ou trois habitants, qui
i n'y passent pas la nuit , est la
fccoostruction de la moderne fclée ;
* s de joncs etde souchets servent
ut une multitude d'oiseaux aqua-
| %*fa races les plus variées.
*1 niait pourtant fixer le nom rao-
wde cette ville, qui vit si souvent
tssiix romains apporter d'in-
iWes légions, qui tut témoin de
sse des Attaleset de la lutte dé-
e deMithridate. Cest à Élée que
i, resté malade au moment ou il
■^prenait la guerre contre Antiochus,
E de ce roi un présent bien cher, la .,. ï de son jeune fils qui avait été prisonnier en naviguant dans les •wd'Eubée.
Tout souvenir de ces temps s'est fcaoui. Elée. s'appelle aujourd'hui fata Kozieu (la saline aux oies) . Quelle» pignons de murs sont les seuls •eaiges visibles de l'ancienne ville, h» découvrîmes cependant au milieu fa joncs un bloc de marbre grisâtre • lequel nous lûmes cette inscrip*
U sénat et le peuple ont honoré Titus J«tiw Quadratus, consul , proconsul de but elde Cyrène, envoyé de l'empereur J"»ls province de Cappadoee, envoyé de •«■pertor et lieutenant général de Lycîe et ^ Pinphylie, envoyé on Asie pour la
seconde fois, envoyé dans le Pont et U Bithyuie; Euphralus Murcellus Epulon ( ho* nore) le bienfaiteur et le constructeur de l,i ville.
Dans la conviction où étaient les Éléens que le nom de leur ville ne périrait jamais, on a négligé de l'inscrire sur ce marbre. C'est le seul monument épigraphique que nous ait offert la Saline aux oies.
Les Éléens croyaient que Pair du pays était tout à fait impropre à la production des mulets ; ils envoyaient leurs juments dans un autre district pour les faire féconder par des ânes (t). A défaut d'autre raison, on attribuait ce fait à une malédiction particulière ; car, selon la remarque d'Hérodote, il n'y avait aucune cause apparente ni dans la température ni dans aucune autre circonstance locale.
Kitché keui , le village le plus voisin d'Élée, est abondamment pourvu de sources et de fontaines ; mais les montagnes environnantes sont arides et peu Peuplées; tes habitants se procurent de eau au moyen de puits et de citernes.
A une lieue au sud de Kitché keui on passe une rivière appelée Kondoura tchaï dont le lit a environ cent cinquante mètres de large ; il prend certainement sa source dans la contrée volcanique de la Lydie ; car les cailloux qu'il roule dans son cours sont de nature volcanique; il nourrit une grande quantité de tortues aquatiques. Ce cours d'eau ne peut être que le fleuve Xanthus à l'embouchure duquel était située l'ancienne Myrina.
La topographie des villes de I'jEolide est exactement déterminée par Strabon (2); on peut la résumer dans le tableau suivant :
SUd. KUom.
de Pitane, embouchure
duCaïque 80 6,5*0
Élée 12 4,208
Grynium. - 80 6,620
Myrina 40 8,860
Cymé 40 8,360
Néontychos - 80 6,620
Larisse 70 12,880
(i) Hérodote, liv. IV, to.
'*)X!II.6c4-6aa.
L'UNIVERS
La ville de Grynium fut d'abord fondée dans une île qui s'est trouvée par la suite réunie au continent. Elle était célèbre par un temple d'Apollon bâti en marbre blanc et qui jouissait du privilège d'avoir un oracle, comme la plupart des sanctuaires de ce dieu. Le temple d'Apollon Grynéen était célèbre dans tout le monde grec; il est cité par Virgile en deux passages différents (1). La ville de Grynium appartenait aux habitants de Myrina, et du temps de Pline, elle était déjà déserte. Xénophon nous apprend que le roi de Perse Àrtaxerxès Ot présent de ces deux villes à Gongyle Eréthrien qui avait été banni de son pays pour avoir favorisé les intérêts du roi de Perse (2) ; ce même Gongyle était déjà maître de Pergame.
Grynium fut prise par Parménion, et depuis ce temps échappa à la domination des Perses.
Les ruines de cette ville ont complètement disparu de la surface du sol ; mais il y a quelques années les Grecs de Ménimen, qui construisaient une église, entreprirent des fouilles sur l'emplacement du temple et parvinrent à extraire de grands blocs de marbre blanc qui furent employés dans la construction nouvelle.
L'emplacement de Grynium est aujourd'hui un terrain vague et sans nom ; il est situé sur la route directe de Pergame à Smyrne ; les distances sont données par le tableau précédent.
Si l'on doit s'en rapporter à une note insérée dans la traduction française de Strabon (3) , les ruines de ce temple étaient encore visibles au commencement du dernier siècle. Une inscription copiée sur la porte est ainsi conçue.
* A Apollon Fatidique, Philaetère fils d'Attale. » Ceci concorderait avec les faits consignés dans Hérodote que les anciens temples de l'Asie furent brûlés par Xerxès; on ne peut donc y rencontrer à peu d'exceptions près que des monuments religieux postérieurs à Alexandre. Si le temple d A ssos fait exception, t'est que cette ville est presque tou-
(i) Yirç., £<:/., VI, 7a. JEn.y IV, 3,'»5. (a) Xénophon, Hcll.t III, 1,4.
(3) T. IV,pag. a 36.
jours restée au pouvoir des Perca La ville maritime de Mvrina M un port et un arsenal dont les ve-ii-j* ont disparu sous lesalluvions. Selon!
Mêla cette ville a été fondée par Mj rinus, un des premiers chefs de colcrt qui arrivèrent sur cette côte. Strabrt plus attaché aux traditions bornai ques (1), prétend qu'elle fut fon<M par l'Amazone Myrina , qui est enterrt dans la plaine de Troie. Elle prit I surnom de Sebastopolis (2), sans doul parce qu'elle fut reconstruite par I libéralité de Tibère (8) après le grai^ tremblement de terre gui ravage douze villes d'Asie et principalerod celles de l\Eolide. Il a été remarqii qu'aucune médaille ne mentionne i surnom.
Non loin de Myrina se trouvait 0 autre mouillage appelé Portus Areb vorum , près auquel était un autel 4 douze dieux.
La table de Peutinger marque doua milles pour la distance entre ces dw villes, soit 17 kil. 748. Ce qui s'accort avec les distances données par Strata