‹ Asie mineureChapitre 118 sur 428 · ÉTENDUE. — FBONTIBBBSDU BOYAUME DE LYDIE. — MONTAGNES. — FLEUVES · texte numérisé non relu

ÉTENDUE. — FBONTIBBBSDU BOYAUME DE LYDIE. — MONTAGNES. — FLEUVES

Au temps de leur plus grande puis* sance, les rois de Lydie ont possédé toute l'Asie en deçà du fleuve Halys. Le royaume de Phrygie était anéanti , et tous ces peuples, autrefois divisés, obéissaient au pouvoir de Crésus : il faut en excepter cependant les Lyciens et les Ciliciens.

Mous ne devons considérer ici le royaume de Lydie qu'à son point de vue géographique, et ne tenir compte que du territoire qu'il a occupé, soit à son origine, soit même comme province romaine. Pline est l'auteur oui détermine le plus clairement les limites de la Lydie sous l'empire romain. Il tient compte du territoire de l'ionie, qui sous les rois lydiens était complètement incorporé à leur empire.

La Lydie est au-dessus de l'ionie : elle est arrosée par le Méandre ; ses bornes à l'est sont, la Phrygie; au nord, la Mysie ; au sud , la Carie. On l'appelait jadis Méonie : elle est traversée par le mont Tmolus ou Timoius, couvert de vignobles, qui donne naissance au Pactocle. (3). Le mont Messoçis, parallèle au Tmolus, fait aussi partie de la Lydie : il forme le revers nord de la vallée du Méandre. • Du côté de l'est, nous savons avec certitude que la province s'étendait jusqu'au fleuve Lycus, Îiui coulait à l ouest de Colossae et ormait les limites communes de la Lydie, de la Phrygie et de la Carie (3). Il faut peut-être y comprendre les villes de Nysa, de Trailes et de Magnésie sur Méandre; mais les auteurs ne sont pas d'accord sur ce point. La Lydie est traversée de l'est à l'ouest par le cours de l'Hermus , qui reçoit le fleuve Hyllus, appelé aussi Phrygius. La province de laquelle sort l'Hermus et qui, à cause de sa nature volcanique, reçut le

(i) Hérod., I, 93. (a) Pline, V, 39.

(3) Hérodole, ^11, 3r.

L'UNIVERS

nom de Catacécaumène, est considérée comme ayant fait partie de la Phrygie Épictete. Strabon (I) exprime son embarras pour s'expliquer à ce sujet :

« Vient ensuite le pays connu sous le nom de Catacécaumène , soit qu'il appartienne à la Mysie, soit qu'il dépende de la Méonie, car ces deux opinions ont leurs partisans. » Toute la Lydie était traversée de l'est à l'ouest 'par une grande route qui conduisait de la côte jusqu'à Suze ; elle était divisée en stations, à chacune desquelles on trouvait des maisons royales et des lieux de repos à l'usage des voyageurs ; ces établissements existent encore dans toute l'Asie et la Perse, sous te nom de caravanseraï (palais des caravanes) : les voyageurs y sont reçus gratuitement. La route passait continuellement par des lieux habités; on comptait pour traverser la Lydie et la Phrygie jusqu'aux rives du fleuve Halys vingt stations, qui comprenaient quatre-vingt-quatre parasanges et demi de trente stades chacun, ce qui fait deux mille cinq cent trente-cinq stades; mais on n'est pas d'accord sur la mesure du stade employé, les uns l'estiment à cent [uarante-sept mètres soixante-dix-huit, je stade olympique étant de cent quatrevingt-quatre mètres quatre-vingt-quinze cent.

Le territoire de la Lydie est d'une extrême fertilité, et la réputation de la contrée se soutient encore malgré l'état de décadence où est tombée l'agriculture. Les vallées du Méandre produisent presque toutes les figues qui sous le nom de figues de Smyrne paraissent sur tous les marchés du monde, et si les vignes du Tmolus ne fournissent plus les vins qui faisaient les délices du roi Phanaeus (2), les raisins secs de Lydie sont aussi un objet d'exportation considérable. Le coton des plaines de Kirk Agatch, les huiles d'olive et de sésame sont aussi des objets de commerce qui, joints aux articles de droguerie et de teinture, faisaient de la ville de Smyrne une des places de commerce les plus importantes de l'Orient.

(() Strabon, XIIF, 638.

(*) Virg., Géorg., H, 97.

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