MONUMENTS
Malgré la renommée de puissant de richesse qui s'est attachée au soun des rois de Lydie, cette province n'4 pas à l'étude de l'archéologie des ml ments aussi nombreux et aussi re blés que la province voisine, l'Ii ne saurait aujourd'hui citer un i nument qui fût évidemment l'< d'un prince lydien : il faut cq en excepter les tombeaux de la {A de Sardes ; mais, jusqu'à ce que «s!
numents aient été soumis à une in tigation spéciale, ils se présentent!!
yeux comme des tertres naturels, i
La destruction des monuments à Lydie s'explique facilement par guerres acharnées et incessante*' ravagèrent ce pays. C'est en effet plateau central que se sont di plupart des grandes batailles d'où dait le sort de ces contrées. La f de Thymbrée, comme celles d'I[ de Magnésie, et, dans le moyen âge,»
de Dorylée entre les croisés et les1 sulmans.
La constitution du pays, ooiaf de larges vallées et de montagnes ( nitiques, n'offrit jamais aux Lydienl éléments de ces constructions gigaÉ ques ou de ces ouvrages taillés dan roc par lesquels se distinguèrent d très peuples. La brique était l'élcrt
Erincipal employé dans lesconstructifl [érodote, qui ne manque pasd'obsa les monuments des arts dans les pays* décrit, dit à propos de ce royaume!
« La Lydie n'offre pas, comme certl autres pays, des merveilles qui méril place dans l'histoire, sinon les pailW détachées du Tmolus par le Pactok Il semble que le génie artiste des Lydi s'est plutôt porté sur l'exécution objets fabriqués en matières précieuf Les étoffes et les bijoux, les trôna les cratères d'or étaient le luxe qi affichaient le plus volontiers; mais p contenir ces somptueux mobiliers palais de Crésus était bâti de briq recouvertes de dalles de marbre, et maisons des habitants de Sardes étai
(i) Hérodote, 1, g3.
deebaume. Il faut cependant
■èv justice à ce peuple, qui eut une
'hoee marquée sur les progrès que
Gnes firent dans les arts: c'est chez
Lg&os que les artistes grecs trou-
miétodier et à pratiquer leur art.
S bon naturelle des premiers de la musique fut tellement ries Grecs, que la musique introduite non-seulemeut représentations scéniques, mais aussi les cérémonies re-
— j, qui se plait souvent à donî tournure dramatique à ses en- ~~*s historiques , nous montre ; inventant les jeux dans Je e se soustraire aux ennuis d'une e qui dura pendant dix-huit ans :
i jwrs on aurait peut-être pensé wer la terre avec plus de soin, ^cotent les dés, les osselets, et la (1). Les Romains paraissent itifié le mot d* Hérodote, puisque i divertissements ils donnèrent le ^Uidi ( Lydi). Le vêtement des î, qui se rapprochait des modes es, n'était pas du goût des Grecs, ^toujours regardé les peuples de ■jjfe comme efféminés : ils eurent T'y à compter avec eux lorsque ^■annades pensèrent à envahir t mais ces princes avaient dans . Jfflées les contingents des Ca riens, r*lnr côté passaient pour le peu- JM» guerrier de la Péninsule. Ils ^■taical principalement à cheval, '«lances très-longues, et exceltdans la cavalerie (2). Mais à la **une révolte contre Cyrus il fut *it aux jeunes gens de cesser de r des armes, de se revêtir de longs taux et de chausser des cothurnes.
•le Lydiens le costume royal constata le diadème, le sceptre et le «au de pourpre (3) : c'est ainsi que g*» ont représenté Grésus sur son
j£ ««Bique et la danse remplacèrent ^'ttercicedes armes, et l'éducation " jwnesse fut plus spécialement ^ *erg l'étude des arts. Les roseaux
W°*. HaUc, III, i95.
de Celœnae fournissaient des flûtes mélodieuses, et Orphée lui-même ne dédaigna pas de chanter sur le mode lydien. Marsyas, Amphion, Mélampide sont les compositeurs les plus célèbres dont l'antiquité nous ait conservé les noms. ta musique lvdienne charma les peuples d'ionie pendant toute la période hellénique.
Les intérêts et les goûts des Lydiens les portaient principalement à tourner leurs vues du côté de l'Asie centrale.
Us n'attachaient aucun prix aux affaires maritimes; ce n'étaft .cependant pas l'intelligence du commerce oui leur manquait si on leur doit l'invention des monuaies d'or et d'argent et l'ouverture des premiers bazars (I), institution commerciale qui fleurit encore en Asie après trois mille ans, et que l'Europe ne s'est jamais assimilée que par exception. Les premiers navigateurs hellènes qui abordèrent sur les côtes d'Asie ne trouvèrent que des tribus éparses, au milieu desquelles ils s'établirent sans peine ; c'est ainsi qu'ils avaient occupé la plupart des lies de la Méditerranée. Tant qu'ils ne portèrent point ombrage aux États constitués qui existaient dans l'intérieur de la presqu'île, ils purent développer sans contrainte leur commerce et étendre leurs possessions territoriales. Mais cet état de liberté ne pouvait durer longtemps.
Les peuples d'Asie unirent par reconnaître que tout le profit du commerce maritime était entre les mains des étrangers. Cet état de choses ne tarda pas à donner naissance à un antagonisme qui dura pendant plusieurs générations et qui finit par une guerre dans laquelle l'Europe et l'Orient engagèrent toutes leurs forces.
Les Lydiens, cernés de tous côtés par descontrées montagneuses, n'avaient pas senti encore le besoin de s'étendre vers la mer; leurs plus grands intérêts les portaient vers 1 Orient, et le commerce des caravanes les mettait en relation avec les pays d'Assyrie , de Babylone et de l'Inde. La navigation de l'Euphrate et les rapports maritimes avec les pays limitrophes du golfe Persique étaient entre les mains des indigènes ; mais tout
(x) Hérod., I, 94.
le commerce d'exportation de l'Occident se faisait par l'intermédiaire d'étrangers, les Phéniciens et les Hellènes, qui en retiraient un profit considérable.
Les Lydiens avaient laissé ces derniers
Seuples fonder des comptoirs sur la côte 'Asie , leur avaient laissé acquérir de l'importance ; les colons de race hellénique s'étaient réunis en confédération : ils avaient ouvert des relations avec les États voisins ; ils visitaient les marchés, achetaient les produits et s'installaient au milieu des indigènes pour transporter les marchandises sur les marchés de la côte.
L'ancien peuple phrygien avait été repoussé par l'invasion sémitique qui venait du sud -est en Asie Mineure et
3ui s'établissait sous l'autorité des rois 'Assyrie; il fut soumis à Ninus et dans la suite aux rois de Lydie.
Les Lydiens, malgré leur origine européenne, étaient plus étrangers aux Grecs des côtes que les Phrygiens ; mais chez eux la culture des arts était bien plus avancée que chez ce dernier peuple : aussi les Grecs encore ignorants et incultes puisaient chez les peuples d'Orient le germe de leur civilisation.
Les Lydiens, qui avaient reçu de lu nature des dispositions remarquables pour la poésie lyrique, enseignaient aux Grecs ces mélodies populaires qui furent l'origine de l'élégie grecque, et le mode mélodieux de la musique lydienne fut transporté à Delphes et dans le reste de la Grèce.
L'influence de la civilisation lydienne sur celle des Grecs se fit sentir dès le temps des Héraclides, qui régnaient depuis Agron , fils de Ninus , petit-fils de Bélus. Les Orientaux étaient déjà, comme ils le sont encore, très-experts dans l'art de fabriquer les étoffes, de tisser la laine et de travailler les métaux ; la fabrique des armes de luxe, les broderies àl'aiguille étaient dès les temps les plus reculés l'occupation principale des hommes et des femmes d'Orient; mais la découverte de mines de métaux précieux donna à l'industrie des Lydiens une impulsion inconnue avant eux.
Les trépieds et les cratères d'or et de bronze sortis des ateliers de la Lydie allaient faire les ornements des temples les plus renommés delà Grèce, à une époque
où les Grecs ne savaient encore feh que de grossiers ouvrages de h
Dans le huitième siècle avant tore, Gygès envoyait à Delphes sk tères d'or, du poids de trente tj D'autres offrandes en argent ~ voyées par le même prince, et phiens les appelaient lesGygéai nom de celui qui les avait oc Les artistes grecs initiés à la fa des objets en métal savaieot aoni leurs produits un caractère plus di mais c'est, à n'en pas douter, daaf| rapports avec la nation lydienne ( puisèrent les premiers éléments art dans lequel ils ont excellé.
On est même en droit de suh que les Grecs ont emprunté quelq unes de leurs lois à l'empire de U Hérodote constate que les LyJ étaient gouvernés par des lois qm feraient peu de celles des Grecs; il I pas probable que le grand empin Lydie , qui flonssait dans un temps* Grèce était encore plongée dans lai barie, ait emprunté des lois à une ni qu'il connaissait à peine.