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CHAPITRE XV

ROUTE À TB AVEBS LE TMOLUS.— VILLE d'hyp^pa. — TA#OE. — SOUBCBS DU PACTOLE.

Le territoire de la Lydie, quoique fertile et bien arrosé, était néanmoins dépourvu de forêts et de grands arbres ; aussi les satrapes avaient-ils choisi de préférence les versants de l'Olympe, à Dascylium, les bords du Méandre à Celantes, pour y établir leurs maisons de plaisance. Le mont Tmolus, oui forme la principale chaîne de la Lydie pouvait cependant faire exception : ses jardius étaient renommés , ses vignes produisaient un vin estimé.

Dans la région supérieure du mont Tmolus, habitait une population que Pline (!) désigne sous le nom de Me-

(i) Pline, liv. Y, aq.

garder le passage de la montagne ; il t dû par sa position élevée se trouve!

ranti d'une destruction complète.

Nous entreprîmes sans succès <fe trouver ce monument en franchi* la montagne dans le méridien de Sari cette course nous conduisit aux son du Pactole, qui n'avaient pas encore observées, et sur le versant sud du Tj lus nous visitâmes les ruines eue ignorées de la ville d'Hypaepa.

£n quittant la ville de Smyrne ai fîmes route au sud pour gagner la i lée du Caystre, et nous fîmes notre \ mière balte au village de Fortouna, le lendemain nous partîmes pour Bai dèr afin de gagner le haut Caystra. Ce partie de la plaine est inculte, sans q dulations, et couverte de buissons. 1 distance en distance sont élevés de p tits corps de garde couverts de feuilli composés de deux chambres, la pj mière sert ordinairement d'abri pour 1 voyageurs ; ils sont confiés à la garde < quelques zéibeks , milice irrégulière.

un. kilomètre de la ville s'étend un vas cimetière turc, dans lequel se trouve de nombreux fragments de marbra* tiques ; un grand sarcophage trouvé d« ce lieu a été porté à Bamdir. Aflcui inscription n'a fait connaître encore i

(i) Strabon, XIII, 6*5 (a) HérwteU», V,t#».

ÀSJBMWWJRE.

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e coton <

né fa fille (fottrocg rames sont : on peut supposer que ce sont du Larissa, qui était à vingt-deux efÉpbëse dans la plaine du Caysville était célèbre par un

jWfcde Baîndir est toute moderne;

une situation pktores-

Ja partie sud d'un des venants

les maisons sont bâties en

et en bois. Il y a environ,

mais deux surtout seule*

toutes en pierre; la plus ise*

est couverte en dénie et en*

portique qui se détache sur-

te cyprès. De nombreuses

arrosent les rues. Le quartier

le plus populeux : il compte

sept mille maisons; les Grecs

au nombre de quatre dents famii-

*y a aussi quelques Arméniens et

Jtifc. lie commerce des matières

du grain, de l'huile, des

y est assez florissant

est la principale culture qui les habitants de Baîndir. Cette toftée 3 ils en envoyaient au marrne cent quarante-cinq bal-»

1,— ou mutzeilim en ayant pré- JJjtixième partie comme impôt.

***£ se perçoit sur place : Pagha as les champs des agents qui la quotité des produits. Le . qui pèse einquant6*deuxoquesf' *àaot»-cinq kilos, se payait brut ~>«iiq piastres, c'est-à-dire 0,25<* La récolte du coton se fait en ; ilse sème en mai ; il faut pour site des terres légères et faciles -. -jr. Baîndir envoie aussi à Smyrne •rfasoie, des figues et un peu de laine. tau apercevons enfin une petite riy couverte de roseaux : c'est le Wre. Les anciens appelaient cet envi fa plaine Cilbiane; elle passait C très-fertile, et en effet de nos eben'apasperdu sa réputation (!)■:

(i) Eastathc, dans #pn commentaire , vers r^.h '49, édition d'Oxford, sot Denyf «Wépte.

Pline (y, cli. ag) met les sources du Cintre dans les montagnes qu'il appelle Cil- J?w H** « le même ameur nomme OU- J*« le peuple qoi habitait «ex environs. °" le distinguait en Citèiani infiuiorej et

elle donne encore d'abondantes moissons et des produits variés. Un peu plus haut était la prairie A sienne mentionnée par Homère (1). C'est là que le héros Asius était honoré (2).

Un peu avant d'arriver au fleuve, que nous laissons toujours à notre droite, on aperçoit quelques ruines : ce sont des constructions byzantines qui ont appar».

tenu à une église et à<un monastère. La petite église a la forme d'une basilique , ce qui caractérise les constructions antérieures à Justinien.

Le bourg de Caloé Lieu de naissance de l'historien byzantin Léon le Diacre, était situé dans le voisinage d'Hypaepa , et l'auteur grec le décrit comme une admirable résidence, au pied du mont Tniolus.

Léon le Diacre était né en 930, et rut l'historiographe de l'empereur Basile IL On peut, sans craindre de se tromper

Sandement, identifier avec Caloé cette santé, dont nous n'avons pu savoir le nom moderne; ces ruines ne sont pas éloignées de Yaka keui. Caloe a dû être embellie de monuments religieux d'une certaine importance : c'était un siège épiseopal, et les noms de plusieurs évoques sont mentionnés dans les actes des conciles. Hiéreelès mentionne cette petite ville sous le nom deColose : après avoir traversé le village de Yaka keui , on arrive à celui de Bourounjik.

La plaine du Caystre tourne ensuite légèrement au nord; nous franchissons un des petits acretères du Tmoius : ce sont des roches de gneiss très-micacé; le mica y est mêlé de parcelles très* menues. Nous arrivons enfin à Demich, grande ville éloignée de six lieues E.- N.-E. de Baîndir. Demich contient un peu plus de huit mille habitants; il y a dtiuze cents maisons turques, sept cents maisons grecques1; et «ne- quarantaine»

de maisons arméniennes. D après cette

superiores. lî parle encore alfom des CilbianiAgru Strabon (Jjv. XIII, p.. 6ag) dit cjue la plaine Cilbiane ("td KtXdiavdv itsotov) était entre le Tmoius et le Caystre. C'est dans cette région qu'étaient situées les mines de cinabre qui appartenaient ami ÉphéN«n« (Vilrove,Bv. VU, eh.*).

(xyittiade, liv. D, 461.

(a) Strabon, liv. XIII, p. *a?,

L'UNIVERS

estimation, elle est égale en étendue à celle de Baïndir. Un grand torrent descendant du Tmolus traverse la ville dans toute sa largeur, et sert à l'irrigation des rues. En 1840 on a bâti une grande église grecque, d'une assez belle apparence; une cotisation de 500,000 piastres, produite par la nation grecque, pourvoyait aux principaux frais. La plus

grande partie des matériaux étaient tirés e la ville d'Hypsepa , qui n'en est éloignée que d'une lieue. Les Grecs donnaient une partie de leur temps pour l'extraction des matériaux ; l'argent ne servait que pour payer la décoration, une partie des bois et les ouvriers venus du dehors. Aussi l'aspect de l'édifice annoncer il une dépense plus forte que celle qui a été faite en réalité.

Les ruines d'Hypsepa eurent beaucoup à souffrir de ces, constructions nouvelles , car ce qui restait d'édifices antiques fut complètement dépouillé de ses marbres pour décorer la nouvelle église ; et tout ce qui n'a pu être transporté, soit à cause de son poids, soit à cause de sa forme, a été brisé ou converti en chaux, attendu que Demich est sur un terrain de gneiss, et que la pierre calcaire y est fort rare. Toutes les inscriptions d'Hypsepa ont été employées comme dallage et comme revêtement , et aucun des prêtres n'a eu la curiosité d'en copier une seule.

On trouva dans les fouilles une statue de Vénus , oui a été transportée à Demich, et qui sert à soutenir l'escalier de l'école grecque. Ce morceau de sculpture date des beaux temps de Fart. La tête et le cou manquent, et l'on voit par la coupe des épaules que la tête avait été rapportée. Dans une muraille voisine, on lit deux inscriptions qui viennent aussi d'Hypsepa ; ce sont les deux seules qui n'ont pas été dénaturées :

Nicopolis, fille d'Artémidore , avec soo mari Hermolaûs , a élevé ce monument à sa fille Aphia.

Cette autre inscription est des temps chrétiens ; elle sert de dallage dans la cuisine de l'école : *

Martyriufl le très-notable scholastique et le plus illustre des légats, reconnais* *sant de la bonne inspiration de saint Théodore, a fait embellir cet ouvrage.

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