CHAPITRE XVI
KYPjBPA.
La ville moderne qui remplace Ta] cienne Hy psepa est appelée par les Tun Tapoè; mais les Grecs lui ontconser son nom, et l'appellent aujourd'hui scie leur prononciation Hypipa.
On ne saurait du reste avoir de douj sur sa situation , car elle est bien déte minée par Strabon (1). Il dit qu'en de cendant du Tmolus vers la plaine d Caystre , on trouve la ville d Hypaepj Cette petite ville est à une lieue N.-(j de Demich. Elle est souvent citée pi les auteurs anciens, qui lui donnq toujours l'épitbète de petite.
« Le Tmolus, escarpé et d'une ateen « sioo pénible, s'abaisse en deux ?q « sants;d'un côté vers Sardes, de l'autt « il se termine à la petite Hypaepa. | Ovid., Métam., XI, t$0.
Hypaepa était célèbre par la beauti de ses femmes, qui se distinguaient sorj tout entre les Lydiennes par la grâce 4 leurs danses (2). Le culte de Diane per^ siaue ou d'Astarté s'y était perpétué j même du temps des Romains. Pausaniaj raconte avec, étonnement la jongierii d'un mage (3) , qui allumait sur un au tel du menu bois sans le secours du feul Parmi les habitants d'Hypsepa il y aw une tribu qu'on appelait les Lydien persiques, sans doute à cause du cultt qu'ils avaient embrassé. Toutes les inroj cations se faisaient en langue barbare et inconnue aux Grecs. Hypaepa es| placée sur la pente du Tmolus, a^ abords d'une plaine élevée et entourée de montagnes ; son enceinte est coupée par un ravin profond, dans lequel il n'y a de l'eau qu'une partie de Tannée. Cinq ponts antiques étaient jetés sur ce] ravin; on eu voit trois qui subsiste^ encore. En suivant la pente de la moni tagne du côté du nord, on reconnaît une] grande partie des murailles ; elles sontj construites en petits moellons de gneiss,] et ne paraissent pas remonter à une haute antiquité. La ville d'Hypaepa. ' été florissante, même sous 1 empire
(i) Strabon, liv. XIII, p. 617.
(a) Etienne de Byzance, sub. toc. Mf*P*-
h) Pautanias, liv. V, chap. XXXVH.
ASIE MOV EURE.
On trouve quelques débris dire chrétienne; et l'inscrioeîiée plus haut prouve qu'il y avait fa moments assez importants. Pour la ville, je partis du pont qui m milieu du village de Tapoè ; kpjus large et le mieux construit.
«me sâile arche, tant soit peu ï Le parapet est de marbre blanc, eftédu pont, on voit par terre un ta corinthien d'un travail ordik l'autre est un torse de marbre lit avoir appartenu à une Muse, est d'un travail analogue à k la Vénus.
le voisinage du pont, on remarfortrée d'un souterrain taillé dans qui conduisait sans doute hors rs; mais aujourd'hui les ébouenipéchent de le parcourir dans son étendue. Je remontai le ravin » second pont, que je traversai, i dans un vaste champ planté i d'une grosseur prodigieuse, tons cet endroit que Tannée préon avait opéré des fouilles pour ma des marbres ; en effet , un i grands édifices de la ville se face en ce lieu. Il existe encore galerie souterraine, et qui, •ôastruction, parait avoir appari en grand temple. J'y pénétrai «difficulté, et j'observai avec t un genre de construction puait tout a fait étranger à l'art a. Cette galerie se compose de corridors parallèles de 4n430 de ; le mur de séparation a lm,70 or, renfermant dans sa consplusieurs fûts de colonnes de Leur diamètre est de lm,20; ils bruts à la surface et espacés de '#3. Ces fûts de colonnes sont reliés ne muraille également en granit , i Élite de petits moellous avec des k décharge formant une sorte de . t; les colonnes entrent dans le sol, i est couvert de décombres, et péit par le haut dans l'épaisseur des , -j de la galerie. C'est évidemment « abstraction d'un portique dont les «tome» correspondaient aux fûts qui PWdinsla galerie; D'après la disposa* heu , il est à croire que cette PM appartenait à un temple , mais «ooe construction différente de ceux
des Romains; l'espacement des colonnes et le soubassement sont tout à fait en dehors des règles de leur architecture. Cest peut-être là que se trouvait le temple dédié à une divinité persique, et dont Pausanias a parlé.
Ce temple avait été fondé par Artaxerxe; les Lydiens s'en firent toujours honneur comme d'un des principaux centres de la religion des mages , et réclamèrent à ce sujet des immunités au peuple romain. La Lydie ayant été souvent désolée par des tremblements de terre, il serait possible que les arcs de décharge dont la construction paratt postérieure à celle des colonnes , aient été établis pour consolider l'édifice.
Le théâtre est situé sur la colline de l'autre côté du .pont. La scène n'a que 65m de diamètre; les gradins, qui étaient de marbre , ont été enlevés, et les restes d'un four à chaux attestent que les Grecs ont employé jusqu'aux derniers débris de cet édifice; il ne subsiste aujourd'hui que le mur de soutènement des gradins qui étaient en petits moellons de granit. Les ruines du proscenium ont fourni environ vingt voitures de marbre pour l'église des Grecs.
La statue de la Vénus a été trouvée dans l'angle à droite de l'orchestre. Les ruines d'un édifice composé de plusieurs salles existent encore au bas de la colline.
Plus loin, on aperçoit un soubassement de bonne construction , sur lequel était un petit temple dont les colonnes sont cannelées en spirale ; les murailles sont bien conservées. Dans cette partie , on aperçoit encore une petite poterne.
L'étendue de la ville d Hypaepa ne m'a pas paru différer beaucoup de celle d'un grand nombre de villes anciennes; il faut croire qu'elle a été beaucoup augmentée depuis le temps d'Oviae. Je quittai ces ruines avec le regret de ne pas les avoir visitées une année plus tôt, car j'aurais trouvé ces édifices d'un meilleur état de conservation.
Comme les voyageurs qui ont exploré cette région avaient toujours supposé que Birghé était l'ancienne Hypaepa , ie voulus visiter cette ville, éloignée de deux lieues à l'est de Tapoè, afin de m'enquérir si elle n'était pas en effet sur le site de quelque antique cité.
Les ruines a'Hypaepa ont aussi fourni
L'UNIVERS
à fiirghé des colonnes, des chapiteaux et d'autres fragments de sculpture qui sont employés dans les édifices publics. Mais la ville de Birghé ne renferme aucune construction antique ; elle est si* tuée sur un torrent qui descend rapidement du Tmolus, Un pont d'une structure pittoresque réunit les deux parties de la ville; de beaux arbres ombragent ses rues ; et ses maisons, peintes de diverses couleurs , lui donnent un aspect de richesse et de gaieté que n'ont pas communément les villes musulmanes. La grande mosquée est couverte par une coupolede plomb ; elle aun portique avec des colonnes de granit, dont les bases sont des chapiteaux antiques. Un voyageur anglais a pensé que le nom de Birghé avait été donné à cette ville à cause des tours (rcSpYoi) qui s'y trouvaient; mais il n'existe autour de la ville aucune trace de fortification.
Le 4 octobre, je quittai la ville pour franchir le Tmofus. L'agha de Birghé m'envoya des chevaux et mit à ma disposition plusieurs hommes de sa maison pour m'enseigner la route, car ces passages sont peu fréquentés , et passent dans le pays pour ottrir peu de sécurité aux voyageurs.