CHAPITRE XVII
8ÂBDE8.
Lorsque nous descendions les pentes du Tmolus, éclairées par un resplendissant soleil d'automne, nous avions devant les yeux une plaine vaste et nue, sans ondulations , sans la moindre culture, et de loin en loin quelque pan de mur, quelque monceau de ruines venait seul rompre la stérile uniformité du sol. C'était l'emplacement de la ville de Sardes. Aucune ville, à l'exception de Babylone, ne peut offrir un plus triste tableau de l'anéantissement de toute puissance humaine. On a peine à comprendre que de tant d'édifices somptueux, de tant de murailles amoncelées pour défendre cette ville qui passait pour la reine de l'Asie, il ne reste que quelques pierres. Les différentes dominations qui ont succédé aux Lydiens n'ont pas laissé plus de vestiges; on se reporte involontairement aux menaces faites par l'ange des chrétiens aux habitants de la ville de Sardes, et l'on est forcé de se dire que jamais prophétie ne fut mieux accomplie.
L'époque de la fondation de Sardes est restée ignorée; selon Strabon elle est postérieure à celle de Troie ; mais avant la création de Sardes il existait au pied du Tmolus et sur le même emplacement une ville nommée Hydée: c'est du moins ce qu'on peut conjecturer du passage de Strabon, aussi bien que des citations empruntées à Homère et à Pline. Le premier de ces auteurs (l), après avoir cité les vers d'Homère aioute : Il n'existe point de lieu nommé Hyda chez les Lydiens, et quelques lignes plus bas : il y en a qui pensent qu'Hyda est Sardes même, crautres que c'était la citadelle de cette ville qui se nommait Hyda. Pline (2) ne met pas en doute que Sardes et Hyda ne soient la même ville; ceci du reste est d'accord avec le passage d'Homère, puisque, selon
(i)Strabou, XIII, 6a6.
(») Pline, V, *9.
le poète, Hyda était au pied du Tmc et voisine du lac Gygée.
Etienne de Byzance (l) confinw même fait; d'après Apollonius, bit rien de la Carie, Hyda était la résida d'Omphale, reine des Lydiens et de Jordanos ; mais, poursuit cet auti Léandre, surnommé Nicanor, lui do le nom de Sardes.
La citadelle occupe une colline ( accès difficile, mais dont nous nej vons aujourd'hui connaître la ra primitive : c'est une branche avance^ contreforts du Tmolus, toute comfl des terrains de transport, caillou!
sable, d'une désaggrégation facile.j doit attribuer à cette circonstance démolition complète de la citadelle, i il reste à peine quelques vestiges api ciables; encore sont-ils posténeu l'époque des rois de Lydie.
Le roi Mélès, qui passe pour être!
décesseur de Candaule, bâtit la atad sur un rocher inaccessible, qot « mandait la vallée de PHermus. mè tent de l'avoir entourée de fortes a railles, il voulut encore consulter devins de Telmissus; les prêtres lui noncèrent que la ville ne serait jaB prise si Ton promenait autour des»
railles un monstre à tête de lion I avait été engendré par une de ses % mes. Mélès avait exécuté ce que jesj vins prescrivaient pour toutel encefl à l'exception de ce côté de la citaw en face du Tmolus et qu'il avait negi| comme naturellement défendu, i L'ascension à l'acropole ne pem facilement exécutée que du cote du ouest, les terres friables des autren tés rendant' les chemins assez ditnq on n'y trouve du reste que quew murailles, mais aucune disposition ciale ; les autres explorateurs qu^ comme après nous ont tenté ceuj cension n'ont pas eu à constater u, très résultats. Hamilton(2): , jpn« J0 à ces observations un coup d <wi w logue, constate que « le trart . w \ saillant de l'acropole, ou pWjM qui fut l'acropole de Sardes, est «a traction rapide du sol causée par « sion des eaux et des torrents. i°«l
(i)Et. Byz.,wr.Hyde.
(a) Research in Aaia Mmor, l. '» P
SSt
fcde riMMD sommet est détruite, tapaoo d'un étroit sentier élevé, ré p» un double mur et des Isa verticaux, et quelques pans k notenus seulement par les accumulés au pied. »
oposition des collines oui s'é- * sud de la ville a tellement le ni que les derniers vestiges ne tarderont pas à dis-
^orienter dans les ruines de li «t nécessaire de suivre le ■ Pactole; c'est le ruisseau qui Prâ do temple. On sait qu'il tra- «agora (1) et de plus qu'il baiw«nte du temple de Cybèle.
^^ir: ô mère de Jupiter lui-même.
Marneuse , nourrice du genre (Cybèle), honorée sur les rives lie chargé d'or (2). » On sait de > l'agora était au centre de la * de ce point qu'on peut se «opte des principaux raonufi existent encore.