TB
La plupart des voyagea» qui visitent les ruines de Sardes prennent une route opposée à celle que nous avons suivie , et partent de Smyrne en suivant la vallée de rilermus. Nous donnerons la description de cette route, qui est plus directe, et nous aurons occasion d'examiner près de Nymphio le seul monument anté-hellénique de la Lydie.
La route directe de Smyrne à Sardes est la même qui était suivie dans l'antiquité; elle remonte la vallée du Mélès jusqu'à la ville moderne de Bournabat, se dirigeant sur In petite ville de Nymphio, l'ancienne Nymphactum située à vingt-huit kilomètres a Test de Smyrne.
Après avoir remonté dans toute sa Ion* gueur la plaine de Bournabat, on franchit le col qui forme la ligne de partage entre les bassins du Mêlés et de l'Hermus. La chaîne du Sipylus appelée Manisa dagh reste au nord , le Tmolus au sud. IjB col de Nif dagh relie les contreforts inférieurs des deux chaînes. Le village de Nymphio, appelé Nif par les Turcs, est sur le versant oriental du col, dans une vallée qui reçoit les eaux de ce bassin et les porte à l'Hermus.
Cest le Nif tchaî, qui prend sa source à quelques milles à l'ouest de Nymphio, sua son cours à Test et va se jeter dans rilermus Nous n'avons aucun moyen d'identifier ce cours d'eau avec quelque rivière ancienne, à moins d'y voir le fleuve Cryos ( froid) de Pline (i ),
2ui était un des affluents de l*Hermu*; i limpidité des eaux du Nif tchaï, alimenté par la fonte des neiges, conviendrait assez bien au fleuve Cryos. La vallée de Nymphio est couverte d'une riche végétation. Les arbres à fruit s y mêlent aux essences forestières, et forment des groupes d'une luxuriante verdure; les cerises de Nymphio sont les plus célèbres des environs de Smyrne ; les platanes et les sycomores atteignent des proportions inusitées : aussi Nym-
(i) Pline, uv.Y,ao.
phio était-il célèbre à l'époque Bj tine comme lieu de plaisance des m reurs. Andronic le jeune ût consi à Nymphseum un palais, qui existf core: c'est un grand édifice carré,!
ornements d'architecture, bâti en alternantes de moellons et de il avait trois étages d'appartei
Êremier est percé de six fen< i face de cAté est un grand espace 2ui paraît avoir été occupé par us une ouverte. La construction etl position de cet édifice ont une tj analogie avec le palais de Constat Constautinople. ( Voy . pi . 5 1 .)
L'autorité des prinees byzantitf place à celle des latins pendant une; tie du quatorzième siècle, quand cal niers étaient maîtres de toute la pi occidentale de l'Asie Mineure : rïu beau temps de la puissance génois* sarcophage byzantin encastré daaf fontaine de la place publique cost un bas-relief héraldique contenant!
paons, des fleurs de lys et un pi passant: une inscription grecquetfj vers mystiques n'est pas propre àcfti quelque renseignement sur l'origiat ce bas-relief (1).
Mais ce qui rend la ville de Nymf un lieu de pèlerinage obligé pour t antiquaire qui veut connaître les me ments de l'Asie, c'est le bas-relief soi! dans le roc qui te trouve à queto kilomètres de distance de Nympbio* la vallée de Kara bell. H futdécoo| en 1889 et immédiatement sigoU l'attention des savants. .
La première impression que pw ce monument est sa ressemblance l les bas-reliefs assyriens soalptcs , # de Beyrout, dans la vallée du M* Kelb. L-
11 est taillé dans un rocher caw gris très-dur, à une hauteur de quart mètres au-dessus du torrent.
Une niche en forme de pylow surmontée par un fronton sert de « à la figure. Sa hauteur est de a « sa largeur en bas est de 2" *° 6* haut de 1" 90.
Le bas-relief représente un pe* nage armé, scuplté de profil, » "
(i) Il a été gra*é dant la *•**' "* logique, touce 1S4&
tù côté de l'Orient. Sa coiffure et porte sur le devant un tqoi rappelle l'urœus des coifi égyptiennes; il tient une lance t n roaio gauche et dans la main mire; dans sa ceinture est passngaye; il porte pour tout vêtem courte tunique striée obli- «; sa chaussure est recourbée à (asiatique. Tout cet ouvrage lécn méplat sans modelé, et l'actfa pluies a fortement agi sur le V gui présente une surface rabol fa face de la figure et à la hau- 't la tête sont quelques emblèmes, i lesquels on distingue un oiseau i signes disposés comme des
noment est situé sur l'ancienne
Wcooduisait de Sardes à Smyrne,
i les savants qui ont visité cet
surnage, comme ceux qui en ont
L* le dessin, ont été d'accord pour
tattre le monument décrit par
i en ces ternies : « On voit
sNonie deux figures de Sésos-
;tées en pierre, Tune sur le
■fii va d'Éphèse à Phocée, l'au-
'ÂBfli de Sardes à Smyrne. Cha-
Wwnte un homme de quatre
«pins un spithame , tenaut une
tas sa main droite et un arc
Ht main gauche, avec le reste de
t répondant à cette armure,
, moitié éthiopieu et moitié
£*> Sur la poitrine de la figure ,
bot d'une épaule à l'autre, on lit
pseription gravée en lettres égyp-
T*i «t dont voici le sens : C'est moi
M^s puissantes épaules 0nt rendu
TMece pays (t). » Le spithame
*« longueur d'une demi-coudée,
** décrue dans ce passage aurait
■JtJJ*0* de six pi«ds €t demi : e'est
ptotnt la. hauteur de la sculpture
*** bell. Il y a cependant une va-
r j *'»c est placé dans la main
* du roi , et la lance dans la main
**; mais à l'inspection de cette
■m*), on verra combien cette erreur
««le ià expliquer. L'inscription pla-
J*T#«poitrine ne se voit plus; elle
■* effacée par l'action du temps.
lj')HèodolelUTren,io«.
■W'ajttli planche i.
Pour ceux qui voudraient objecter que l'ajustement de cette figure n'est pas tout à fait égyptien, Hérodote a soin de faire observer que le costume du roi était moitié égyptien et moitié éthiopien. Les chaussures à pointes relevées ne sont pas en effet de style purement égyptien ; mais on en a retrouvé de semblantes dans des tombeaux d'Egypte.
Du temps même d'Hérodote, l'opinion
3ue cette figure pouvait être le portrait e Memnon était assez accréditée pour qu'il ait cru devoir la combattre; il la repousse comme étant bien loin de la vérité.
Cette sculpture serait donc un ouvrage du quinzième siècle environ avant Jésus-Christ, c'est-à-dire un des plus anciens monuments de l'Asie Mineure qui aient encore été découverts. Un savant allemand, M. Kiepert, a visité ce bas-relief en 1843, et a publié à ce sujet uu mémoire (1), dont j'extrais les passages suivants, qui confirment mon opinion :
« Hérodote rapporte, comme on sait, d'après les récits des prêtres égyptiens sur les guerres de Sesostris , que ce prince parcourut toute l'Asie antérieure jusqu'à la Thrace, et laissa dans le pays des peuples vaincus des monuments portant son image, et des monuments qui rappelaient son nom , sa patrie, et le fait de la conquête. On sait aussi que quelques-uns de ces monuments subsistaient encore du temps de l'historien grec en Thrace, où lui-même les vit, un en Syrie, Palestine, et deux en lonie, sur le chemin qui conduit d'Éphèse à Phocée , et sur celui de Sardes à Smyrne. Il décrit ces derniers en détail. Ce récit de l'historien grec devait naturellement, malgré toute la véracité que Ton reconnaît à Hérodote, et qui s'est encore augmentée de nos jours, recevoir plus d'autorité quand les monuments mentionnés par lui , du moins ceux qui subsistent encore, seraient retrouvés , et qu'où serait en état de porter un jugement sur l'authenticité de leur origine égyptienne, en s'aidant des travaux modernes sur l'archéologie de ce pays.
, « On ne saurait douter qu'à des épo-
(i) Journal archéologique de Gberird, en allemand.
^UNIVERS
ques trè*reculéea .les rois, égyptiens n'aient fait des conquêtes en Syrie, à cause de la proximité et de l'importance de cette contrée pour l'Egypte, à laquelle eUotsert de rempart contre l'Asie antérieure. Il était beaucoup plus intéressant d* savoir si, dons les contrées septentrionales plus^teigrtées, des monuments d'origine égyptienne répondraient aux descriptions d'Hérodote et attesteraient sa véracité. La découverte d'un tel monument était donc d'une grande iranovtance historique* et celuici, placé a sep! lieues de Smyrne , à une demi-lieue du chemin de Sardes, répond parfaitement, tant nar sa forme que par l'emplacement où il se trouve, à un de ceux qu'Hérodote a décrits.. M. Le psi us en fît le sujet d'un mémoire à l'Académie de Berlin 4 et y reconnut que le monument appartenait à Rbarasès Sésostris. ».
Cependant H. Kiepert,t comparant le costume de. ce personnage avec ceux des bas- reliefs de Ptérium près de Bogaz keui, incline à penser que c'est un ouvrage assyrien et non pas égyptien ; nous ne combattrons pas cette opinion, nous insistons seulement sur ce fait que le.. monument de Kara belL est bien certainement eelui qui a été vu et décrit par Hérodote.
La route actuelle de Nympbio à Sardes ne passe plus par le défilé de Kara. bell ; elle suit le cours de la rivière jus* qu'à sa rencontre avec la vallée de.
lHermus; tout le pays présente un aspect de richesse et d aisance dû aux industrieuses cultures pratiquées dans le pays; l'irrigation, des jardins , la greffe des arbres fruitiers sont pratiquées ici aussi habillement qu'en Europe.
La vallée va toujours en s'élargissant vers l'est; elle prend alors le nom de Kavakli-déré. Toute la formation des montagnes est de calcaire compacte, qui fournit d'excellentes pierres de construction : cette formation appartient à la partie supérieure du terrain de transition. A la sortie de la vallée il y avait sur la rivière un pont de sixarchcs, aujourd'hui à moitié ruiné; il <est d'ouvrage musulman , et fat sans doute construit lors- 3ue Magnésie du Sipyle était la résidence e la famille des sultans.
La plaine dans laquelle on arrive a
quatre ou cinq kilomètres de large: est bien arrosée et bien cultivée es gnmes, que les jardiniers portei Smyrne. A l'extrémité de cette pi se trouve la petite ville de Gassaba, le nom en turc signifie une forten quoiqu'elle ne soit rien moins que tifiée. Elle est habitée par des agr teurs, car en Turquie la sécurité villageois n'est pas assez assurés j qu'ils puisseot habiter des feroisq surtout des maisons de campagne lées. Nous avons remarqué a Cad des volailles dune très-belle ventu surtout des dindons magnifiques, qt motivé pour nous le nom anglaises volaille (I). Ce sont surtout les ne) les pastèques et les tomates de Cm qui ont à Smyrne la plus grande fl tation; il s'en fait une consomr ~ énorme. Les Grées, comme les ont un goût particulier pour les concombres, qu'ils mangent crusai pépins. Lorsque la moindre ïrx vient aider la rare fécondité terre, l'agriculteur est réconrij centuple de son travail : il est penser qu'un sol aussi fertile «M grande partie en friche. *
Le village de Debrent est éloigjj deux heures de marche de Cassa* est situé sur une hauteur au oiej laquelle passe un torrent qui n as^ guéable au moment de la fonta^ neiges. On traverse ensuite un A cimetière abandonné, dans lequel j sieurs .fragments d'architecture i employés en guise . de monument nèbres. Ou remarque sur la rooN parties encore bien empierrées , * débris de murailles indiquent qui) là un centre de population. Eu if chant du territoire de Sardes, on J menée ù reconnaître aux abords jjj route un certain nombre de ta«J dans le genre de ceux de Bin tépe?
monuments appartiennent sans écm la même période historique ose les; miers.Le village de Achmetdji, sim»
kilomètres de Sardes, est environne jardins, et dans une situation P« resque; depuis ce lieu jusqu'à Sarfl»
plaine est occupée par les y°ur0T turcomans nomades, chez lesqn«,s
(c) Turkey.
ASfB'NIlCEIJlLE*
\m ta dé provisions, du laitage, Mue «t 4n. «estons. La seule a» dans les ruines de Sardes est m eu mrunier.dti Pactole.