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CHAPITRE XXXIII

BLUIlirrS DE TERRE EN ASIE.

MSTBUCTIOlf BBS VILLES ft'lONlE.

ta plus grandes et les plus belles p de la confédération ionienne, ne et Milet, étaient situées sur les * de la mer, et devinrent par la te des temps des ports considérables florissants; mais les changements ftnos dans la configuration du pays, encore que les guerres et les inprivèrent peu à peu ces diffères cités de leurs éléments de pros- ": et des douze villes de la conion ionienne il n'y a plus que qui ait conservé son importance {•tojwrciale. Tous les ports situés à tabouehure des fleuves ont été cornai et les sables se sont accumu- * « si grande quantité , que le golfe ■Mfoèse a été converti en un marais Wientiel; et rentrée du golfe de

Milet ayant été comblée , il s'est formé un lac, connu aujourd'hui sous le nom de lac Bafi. A mesure que les éléments de prospérité diminuaient, la population se transportait dans d'autres villes ? et les contrées environnantes devenaient désertes. La destruction du port d'Éphèse a amené la dépopulation de la vallée du Caystre ; et lorsque le commerce maritime de Milet fut anéanti , la vallée du Méandre redevint déserte et stérile, comme avant l'arrivée des premiers Grecs. Les monuments anciens ne furent pas démolis pour être employés dans de nouvelles constructions; la solitude régna partout , et nous verrions peut-être encore debout ces beaux édifices des plus belles époques de la Grèce si des phénomènes volcaniques ne fussent venus compléter la destruction et le bouleversement de ces contrées.

L'Asie Mineure fut, plus qu'aucune autre contrée de l'Occident, exposée aux tremblements de terre, et ces phénomènes se sont renouvelés assez souvent de nos jours pour que nous ayons une idée des ravages qu'ils causaient quand la contrée était couverte de villes nombreuses et de monuments magnifiques. Les anciens écrivains, tout en conservant la mémoire de semblables événements ont aussi cherché à expliquer la cause inconnue qui leur donnait naissance, et parmi les phénomènes extérieurs qui les accompagnent on doit dire que les observations des anciens ne manquent pas de justesse.

Pausanias s'étend longuement sur ce sujet dans son septième livre. Les tremblements de terre, dit-il, sont annoncés par certains pronostics, comme de longues sécheresses, par des vapeurs qui obscurcissent le soleil , la lourdeur de l'atmosphère , des tourbillons de vent qui déracinent les arbres , et le dessèchement des fontaines, oe dernier symptôme est surtout exact , et nous l'avons observé nous- même. Ceux qui ont observé les tremblements de terre comme Pausanias , en distinguent de plusieurs sortes. Le plus doux (1) de tous, s'il y a rien de doux dans un si grand mal, est celui dont l'effet est de faire pencher

(e) "Ifaioç doux.

tao

un édifice d'un côté, et de le » élever par une secousse contraire. On a vu des colonnes prêtes à tomber se remettre sur leurs bases, des murs prêts à s'écrouler se redresser, et des poutres se déplacer et reprendre leur position. La seconde sorte est celle où les secousses sont si continuelles et si violentes, que les plus solides édiûces s'écroulent comme s'ils étaient battus par des machines de guerre. Il signale comme le plus dangereux de tous le tremblement de (erre qui se manifeste par des se- Gousses verticales, auxquelles rien ne résiste ; il compare assez bien ce mouvement au travail des taupes (i), qui creusent sous la terre, l'enlèvent et la font boursoufler. Les villes maritimes ont un autre danger à craindre , c'est l'irruption des eaux de la mer. . ^ Dans le tremblement de terre d'Hélice en Achaïe , la mer innonda la ville et tout le pays d'alentour. Nous avons cité d'après Pausanias et Pline le tremblement de terre qui engloutit la ville de Sipylus(2l). Les exemples cités par Pline sont plus nombreux encore ; et il n'est pour ainsi dire aucun écrivain qui ait parlé de l'Asie Mineure sans mentionner de pareils désastres.

Les phénomènes qui selon Pline accompagnent les tremblements de terre ne diffèrent pas de ceux qui sont décrits par Strabon. Il ajoute que le phénomène s'opère de la même manière que la détonation dans une nuée orageuse, c'est-à-dire que l'électricité joue un grand rôle dans ces mouvements du globe : les puits et les fontaines modifient leur débit. Phérécyde ayant goûté l'eau d'un certain puits annonça qu'il y aurait en cet endroit un tremblement de terre (3).

Agathias explique ces phénomènes terrestres , de la même manière que ses prédécesseurs: il tut témoin du grand tremblement ne terre qui ravagea l'île de Cos, sous le règne de Justinien, dans Tannée 538 ; il atteste que la mer envahit les bas quartiers de la ville de Cos, et que l'eau des puits devint salée.

On a remarqué dans certaines cir-

(i> Pline, liv. VU, ch.

(a) Voy. page aa8.

(3) Pline, liv. II, 95.

constances que des fontaines augro taient leur débit, tandis que des font nés situées à quelque distance ta saient, que des puits débordaient, tau que 1 1 'autres puits étaient mis à sec : < s'explique par le mouvement d'oodf tion qui se manifeste dans les coae intérieures de la terre , la nappe M fère se trouve en quelques lieux n ment resserrée que les sources ri plus d'écoulement , et cette contrat de la même nappe peut projeter1 dehors l'eau des puits Les vapi sortant des fissures de la terre sont core un phénomène que quelques i logues ont révoqué en doute ; mal est attesté aujourd'hui par de nombf témoins compétents.

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