‹ Asie mineureChapitre 187 sur 428 · MILET SOUS LES TUBCS · texte numérisé non relu

MILET SOUS LES TUBCS

On voyait encore îl y a un demi-siècle un village nommé Palatcha, construit sur les ruines de Milet ; aujourd'hui tout ce lieu est à peu près désirt : quelques maisons, faites avec des claies, sont habitées pendant une partie de Tannée par des pasteurs ; mais une fois que les chaleurs se font sentir tout le pays devient désert.

Milet à l'époque où Aïasalouk était une place de guerre doit avoir été une ville musulmane assez peuplée : il reste encore un certain nombre de petites mosquées en ruine, ainsi qu'un vieux caravanséraï abandonné ; l'architecture de ces monuments turcs est du même style que celle des mosquées d' Aïasalouk : elles sont du milieu du seizième siècle.

On cherche en vain la trace des murailles anciennes; le seul édifice antique qui attire aujourd'hui les regards et qui marque l'emplacement de la ville est un théâtre construit tout en blocs de marbre, mais qui est dépouillé de tout ce qui pouvait le rendre intéressant; la masse entière du proscenium a été eulevée, les colonnes, les chapiteaux et toutes les décorations ont disparu.

Ce qui le distingue des autres théâtres de l'Asie, généralement établis sur le penchant d'une colline , c'est qu'il est isolé de tous côtés comme le théâtre de Marcel lus à Rome; malheureusement la décoration extérieure a été enlevée comme le reste, mais une grande partie des vomitoires et de la galerie circulaire subsistent encore, mais sont remplis de terre; plusieurs inscriptions ont été recueillies dans le courant du siècle dernier par les voyageurs qui ont visité Milet : aujourd'hui on n'en trouve plus de vestiges.

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Comme cette place est située sur la route qui d'Épfaèse ou de Scala-Nova conduit dans le sud de l'Asie Mineure, on est obligé de la traverser; mais elle D'offre aujourd'hui qu'un très- faible intérêt sous le rapport de l'antiquité.

L'action prompte et puissante du christianisme sur l'esprit mobile des Grecs se fit sentir à Milet comme à Éphèse, et dès les premiers siècles l'Église nouvelle eut des adhérents nombreux ; mais les schismes et les hérésies y trouvèrent d'aussi fervents disciples.

Toutes ces luttes, obscures et aujourd'hui oubliées , n'ont pas peu contribué à la nuWde cette ville.

Sous les empereurs byzantins, elle eut encore un reste d'importance; car nous voyons les ruines de quelques églises grecques dans le style de celles d'Éphèse. Mais exposée comme elle l'était à toutes les attaques des hordes qui débouchaient par la vallée du Méandre; en proie aux miasmes qui s'exhalaient de ses marais nouvellement formés, sa population se dispersa de plus en plus. Milet devint dans le douzième siècle la propriété de l'émir Aïdin , qui résidait à Guzel-hissar ; elle passa plus tard dans l'apanage des Kara-Osman- Oglou; et aujourd'hui qu'elle est entrée dans les domaines de la Porte , ce n'est plus qu'un amas de huttes abandonnées pendant une grande partie de l'année , a cause du mauvais air, et qui ne présente plus rien qui puisse appeler l'attention.

En sortant de Milet du côté du sud , on marche longtemps dans un terrain nu et sablonneux ; une petite éminence, également de sable, indique peut-être l'emplacement de l'île de Ladé, qui avait un port, puisque c'est là que les confédérés grecs s'étaient donné rendezvous : ce n'est qu'une conjecture , car on n'y retrouve aucune roche qui indique que ce fut une fie. Ce fait seul peut donner une idée de la transformation qu'a subis ces rivages.

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