CHAPITRE XLIÏ
f PJUBNE.
La fondation de Priène remonte à l'époque où les Cariens, les Léïéges et les Lyciens, étaient seuls maîtres du pays; cette partie de la cote était alors occupée par les Cariens, qui reçurent une colonie de Cretois et ne firent plus qu'un peuple avec eux. Les Ioniens, sous la conduite d'Aiidroelus, étant abordés sur cette cote se rendirent maîtres de Milet, et s'y établirent à demeure. Quelques Années après, Androclus alla secourir les habitants de Priène , qui étaient en guerre avec les Cariens. Ce chef fut tué dans le combat, et les Ioniens rapportèrent son corps à Éphèse. Les Ioniens s'établirent ensuite à Priène et à Myus; ils étendirent leurs conquêtes et dépouillèrent peu à peu les Cariens de toutes leurs villes. Comme il y avait des Thébains parmi les Ioniens, Philotas Thébain et iEpytus Athénien, fils de Nélée, furent les chefs de la colonie de Priène(l). Strabon regarde ;Epytus comme le fondateur de Priène : les colons thébalns conduits par Philotas ne seraient arrivés que plus tard ; ces colons auraient donné à Priène le nom deCadmé, par la raison que Philotas, second fondateur de cette colonie, était de Cad niée en Béotie (2). Priène, soit à cause de son voisinage du Panionium, soit à cause de la noblesse de son origine, était en droit d'élire le
Président des fêtes panioniennes, en honneur de Neptune Héliconius. On choisissait pour roi du sacrifice un jeune homme de Priène qui se chargeait du soin de la fête.
On sacrifiait un taureau à Neptune :
les Ioniens croyaient que le mugissement de la victime au moment du sacrifice était agréable au dieu (3). On suppose que le nom du . mont Mycale se rattache aux sacrifices qui se faisaient dans les environs (4). Priène ne paraît
(i) Pausauias, 1. H, a.
(a) Id., XIV, 636.
(3) Id., VIII, 384.
(4) Du mot |xvxàoy.a;, mugir.
avoir eu d'autre illustration dans quité que sa qualité de ville saint n'a jamais eu d'existence politiqm
rndante, et son sort a toujours < celui des autres villes d'ionie.
que les rois de Lydie tournèren armes contre les villes grecques, ne put résister, et fut prise par Ardys. Sous le règne de Cynifla recommença contre les Ioniens; i semblée générale eut lieu au nium; Bias de Priène ouvrit u qui ne fut pas écouté par les Prié" mais que d'autres villes, Téos et P mirent à exécution. Bias propos; Ioniens de s'embarquer avec leurs les et leurs objets les plus précii d'aller s'établir en Saraaigne,oùil deraicnt une cité unique qui cor drait toute Flonie. Les Grecs préfl la guerre à l'abandon de leurs 1 Thaïes de Milet, qui descendait famille phénicienne, avait ouvert tre avis : il proposait de n'avoir seul conseil général, qu'ils établis Téos, ce qui n'empêcherait pasf autres villes ne continuassent àl verner par leurs lois particulières, è de ces avis ne prévalut (1).
Priène resta soumise aux Perses} l'arrivée d'Alexandre, non sans avi dissensions intestines et ses tyrai mestiques , comme Milet et Éphès souffrit cruellement sous le goir ment de Tabatès, général perse, < tard de la part de Hiéron, un < propres citoyens. Lorsqu'elle eut son autonomie, elle resta attachi confédération ionienne.
La situation de Priène sur les] abruptes du mont Mycale était tj grate pour que cette ville fût janii pelée à prendre un grand déve ment, même quand elle était plafl ritime. Dès que les alluvions du ] dre eurent fermé ses ports, la roi la ville fut consommée ; il serait u sible aujourd*hui de reconnaître placement des deux ports de Priène des deux était disposé de rnami pouvoir être fermé. Du temps de bon, Priène était déjà devenue nm méditerranée (2) ; elle était à qua
(x) Hérodote, 1. 1, 170.
(a) Slrabon, XII, 579.
ASIK MINEURE.
8(7 kiJ.) delà iner, aujourd'hui la jr est presque doublée.
inuoes de Priène, telles qu'elles tot aujourd'hui, démontrent claitque cette ville ne fut jamais Titre religieux comme étaient les lana. Le commerce, l'indus- I puissance maritime étaient conpdaos les murs de Miiet, sa voi-
1 monuments de Priène sont tous
ers au culte et aux jeux publics,
nient partie des fêtes religieuses ,
' s cite le temple de Minerve avec
lue très-antique de la déesse (1 ).
de cet édiûce formant un
i de décombres peuvent encore
s; on retrouve aussi les ruines
lettre et d'un stade; tous ces
lents réunis sont du goût le plus
[fanaient un splendide ensemble
lit sur les terrasses de Priène
ait la vallée et la mer. Richard
», qui étudia ces ruines il y a un
neillit une inscription en grands
s qui était gravée sur une des
i temple et qui est ainsi conçue :
Le roi Alexandre ]
iœ temple à Minerve Poliade.
été de cette inscription cona?ec rétendue des inscriptions de l'époque romaine. Alezan* sans doute occupé au siège de lorsque les Ioniens, moins jaloux la habitants d'Éphèse, prièrent ~ tdre d'inscrire son nom au fronde leur temple.
ignore complètement à quelle Priène rut tout à fait aban- * par sa population. Durant toute iode romaine , elle eut une exisassez obscure; sa déchéance comfat consommée par rétablissement religion chrétienne dans ces con- Séanmoins on y observe quelques d'églises, et plusieurs des évéques nommés dans les notices ecclésias-
tëae appartenait â la province ^*; elle était sous la métropole d'Epson premier évéque, Théosébius, ■erivit aa concile d'Éphèse ; son se- 14 éréque Isidore fut représenté au
('ihosania*, Uv. VIII , ch. 5.
concile de Chalcédoine par Etienne, métropolitain d'Éphèse (acte 6 du concile de Chalcédoine); Etienne, évéque «TÉphèse, pour Isidore, évéque de Prièûe; et pour les autres évêques de la province d'Asie (1); le troisième est mentionné sous ce titre : Paul, évéque de la vill* de Priène de la province d'Asie. Il est fait mention d'un quatrième évéque, nommé Démétrius , qui avait donné vingt écus d'or pour la construction d'une église. Il nvest pas nécessaire de rappeler que ces églises primitives étaient des édifices de très-petite dimension; d'après les ruines qui subsistent encore on pourrait les appeler de simples cha-
D'après l'aspect des ruines de Priène, on peut être assuré que cette ville fut renversée tout à coup, par un tremblement de terre dont le souvenir s'est perdu; les temples, les portiques et toutes les murailles sont écroulées et forment des monceaux de décombres, où on voit que ni le temps ni la main des hommes n'ont contribué en rien à cette destruction. La plupart des temples de rionie se présentent à nos yeux dans le même état, et la manière dont ils sont abattus ne laisse aucun doute sur la cause de leur destruction.
Cest à cette époque que les habitants de Priène auront abandonné leur ville, pour se retirer à Smyrne ou à Éphèse; le retrait de la mer avait déjà, comme nous l'avons dit, porté un grave préjudice à cette ville.