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CHAPITRE XLIII

RUINES DE PBIÈNE.

L'antique Priène est connue aujourd'hui sous le nom de Samsoun kah si :

elle est absolument déserte. La ville était bâtie sur une des pentes abruptes du mont Myeale, ayant au sud-ouest la plaine du Méandre, et à l'ouest la mer.

Les murailles , qui sont encore d'une conservation parfaite, sont un bel exemple de l'appareil hellénique connu sous le nom de pseudisodomon ; quelques parties sont en assises réglées et a

(i) Lequien, Orien* Christiauus, t. III, p. 717.

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bossage. La pente de la montagne étant très-rapide, l'intérieur de la ville est dispose en terrasses sur lesquelles s'élevaient les principaux édifices ; la ligne des murailles forme un grand triangle, dont l'acropole occupe le sommet et dont la base est parallèle à la plaine.

La partie supérieure de l'acropole est défendue par un grand ravin qui sépare cette forteresse du reste de la montagne. On est étonné de voir le sol tout hérissé de rochers comme si jamais ces chemins n'eussent été fréquentés par des hommes; des escaliers rustiques, taillés dans le roc, conduisaient à l'enceinte, mais ne sont pas beaucoup plus praticables.

Cette partie haute de la ville ne parait jamais avoir été occupée par des maisons.

En descendant de la citadelle, on arrive sur une grande esplanade où s'élevait le temple de Minerve. Malgré l'état de destruction où se trouve cet édifice, comme tous les morceaux sont encore sur le sol, et que ce sont des blocs de marbre de grande dimension, il est possible de rétablir l'édifice dans 'toutes ses parties. L'enceinte sacrée du temple de Diane est dirigée de l'est à l'ouest ; on y arrive par des propylées de marbre, dont le plan diffère peu des propylées d'Athènes ; une façade avec quatre colones d'ordre ionique donnait accès à un vestibule soutenu par deux rangs de pilastres , et du côté de l'enceinte un autre frontispice, de quatre colonnes, faisait face au temple.

Le caractère d architecture de cet édifice ne dément pas l'époque indiquée par l'inscription, c'est-à*dire le temps où les arts de la Grèce étaient à leur apogée.

Le temple était l'ouvrage de Pythius, l'un des architectes les plus savants de l'antiquité. Vitruve (1), après avoir énuméré les connaissances multiples que doit avoir un architecte, ajoute : « Pythius, cet ancien architecte qui s'est rendu illustre par la construction du temple de Minerve dans la ville de Priène , avaitécrit un ouvrage sur l'architecture, dont la perte est bien regrettable. Il était au nombre des architectes grecs qui pensaient que l'ordre dorique était

(i) Vitruye, Ijv. I, ch, I.

peu convenable pour la eonstr des temples ; il partageait cet avii les architectes Tharcnésius et H gène. Aussi fit-il d'ordre ioniq temple de Priène (1). »

Le temple qui s'élevait au mil!

l'aréa était périptère et hexastj avait six colonnes de face et ou les côtés ; l'ordre était du style 1 pur , et ne brillait pour ainsi d»

par ses proportions : ce n'est qtt les temps de décadence que la prd des ornements est venue altérer!

reté des lignes.

La frise était lisse et la cornicl née de denticules et de palmeltes tour de l'édifice le terrain est joni débris de colonnes et d'architravi appartenaient sansdouteaupéribol la terrasse où est situé le templ descend par une pente rapide, qu tait sans doute un escalier, sur la te inférieure où était 1b stade et l'agoi

Le stade, est parallèle au mur dcj rasse ; il n'a qu'un rang de siégesd qui regarde la plaine; la plupart dm sont enlevés, mais on peut bieftj de l'ensemble. L'agora ne se dis]

Elus que par une enceinte jonchée i ris, il n'y a pas une seule colon»

bout dans Priène. Le reste de la était occupé par des habitations; ( voit pas comment la ville commuai avec le port quand la mer était roi On voit encore les;vestiges d'un thé c'est le monument le plus ruiné de Il suffit de constater que Priène 0 pas privée d'un genre d'édifice <?

retrouve invariablement dans toulj villes de l'Asie, grandes ou petN L'ensemble des murailles qui m partout soutenaient des terrasses e qu'il y a de mieux conservé; dest carrées s'élèvent de distance en tance. On compte aujourd'hui trois tes ; il y en avait sans doute une • trième dans le haut de la ville; elles toutes dans un état de ruine qui ne mettrait de bien les reconnaître q faisant des fouilles.

Les ruines de Priène ont été bien diées par les architectes envoyés i eir par la Société anglaise des mm mais cette mine précieuse d'ardue

(i) Vitruve, liv. IV, ch. 3.

ASIK JHNEURE.

m «t loin d'être épuisée , et l'on Vt certain de faire des découvertes intéressantes si I'ob visitait Priène icdes moyens de remuer cette masse te accumulés.

tombeaux des Priéniens situés i voisinage de la ville ont par leur k grande ressemblance avec ceux Mens. Ce sont des excavations ta le flanc de la montagne, dans des on introduisait les cercueils; lit nombre d'inscriptions a été par Cbandler, le reste est iné-

kalé si est situé à quatre ou kilomètres de Kélibesch, gros viluement habité par des Grecs ; us bas est un autre village du nom, habité par les Turcs. Kéli- «à douze kilomètres de Soukeui ■fcieh, gros bourg où réside l'agha mande le district. Ceux qui voui miter Priène feraient bien de Ér<Tun cawas à Seukieh, attendu (Grecs de Kélibesch sont assez tau étrangers.

ruisseau considérable descend il Mycale, et va se jeter dans . Plusieurs géographes sont à identifier ce cours d'eau avec Gosus, cité par Pline et par as Hérodote en décrivant la baie Mycale dit positivement (1) que te perse quitta sa position, et s'aapres avoir dépassé le temple des nides, de Mycale jusqu'à l'embouidu fleuve Gœsonet du Scolopéis, fc laquelle est le temple de Cérès e, bâti par Philiste fils de Pasi- Or,commela bataille de Mycale se sur le revers nord de cette mondans la plaine où était le Panio- (Tchangli), le Gœsus ne peut coula f allée du Méandre; c'est un i d'eau qui se jettent dans la mer, Seala-Nova et Mycale.

K, qni décrit la côte en allant du to nord, mentionne d'abord le cap Pfo(2). Sur la partie do la côte nom- 'Trogilia'Je promontoire de My- 0« l'embouchure du fleuve Gessus, tà* la Panionie. Le fleuve Gœson * Kpbore se jetait dans un lac. Il y

WHtwdote,lXf97.

WW,iif. V, 99.

aurait lieu de croire qu'il s'agit de deux rivières différentes (1).

LES RUINES DE PBlÈttB DRAPEES MANN EST (2).

Sur la rive nord, et près de l'embouchure du Méandre, s'élevaifla ville de Priène, dont le territoire s'étendait jusqu'au fleuve. Priène n'a pas été longtemps une ville maritime. Du temps de Ptolémée et de Strabon elle était déjà éloignée de la mer; cependant Hérodote fait mention de la flotte que cette ville envoyait au secours des Ioniens (3), et Scylax nous apprend qu'elle avait deux ports, dont l'un pouvait être fermé. Les nombreux détours du Méandre du côté de Myus devaient aussi se porter vers le territoire de Priène.

Un enfoncement du golfe de Milet s'étendait encore jusqu'à Myus à l'époque romaine, et devait se prolonger jusqu'au voisinage de Priène; mais les marécages qui se formaient rendaient ces parages impraticables aux navires, et peu à peu le fleuve portait son embouchure plus au large vers l'ouest. Les ruines de Priène sont aujourd'hui connues sous le nom de Samsoun kalé si, situées au pied d'une haute montagne, à un mille environ du Méandre et un peu plus de la côte maritime.

Un petit fleuve qui s'appelle Kélibesch tchaï, et qui la plupart du temps est à sec coule de la ville vers le Méandre; ce ne serait autre chose que le fleuve Gœsus de Mêla (4) , qui aurait eu son embouchure dans la mer ; mais aucun observateur ne l'a encore reconnu.

Priène était une colonie des Ioniens (5); elle faisait partie des douze villes de l'alliance ionienne , mais d'après Hérodote elle appartenait à la Carie.

Priène ne fut jamais une ville puissante et considérable; en 1230 les Turcs s'emparèrent de la province.

(i)Voy. Mêla, Hv. I, 17.

(a) Géographie der Greechen und Rômcr, t. III, »64-

(3) Hérodote, liv. VI, 8.

(4) Mêla, liv. 1, 17.

(5) Pautaniai, liv. TU, *.

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