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CHAPITRE LUI

J&UINES DE TÉOS — SIGADXIK. — SEVRI HISSAR.

Téos était située sur la cote sud de la presqu'île Erythrée, dans la partie la plus étroite entre le golfe de Smyrne et la merde Samos. La ville était ellemême bâtie sur un isthme formé d'une part par la baie de Sigadiik à l'ouest, et d'autre part par un golfe aujourd'hui

Çresque comblé qu'on appelait golfe de éos, à l'est de la ville : ce sont ces deux ports qui faisaient la puissance maritime

(i) Lequico, Orietis €hr.% t. lit.

L'UNIVERS

de Téos. Le port de Sigadjik est l'ancien portus Gœresticus, dont nousavons parlé plus haut; c'est un des plus sûrs de la côte , mais son entrée est difficile. Ce port fut primitivement occupé par les Chalcidiens, qui vinrent s'établir sous la conduite de Gérés ; c'est celui que les Romains appelèrent Gaercsticus portus, et que Straoon nomme Cherraetdae (1), il était situé au nord et à l'ouest de Téos et distant seulement de trente stades de la ville.

La ville moderne de Sigadjik est bâtie dans la partie orientale du golfe et sur l'isthme ou était Téos. Tous les matériaux de l'ancienne ville ont été employés dans la construction de la ville moderne, elle est entourée de murs et défendue par un château délabré.

Cette ville quoique moderne a été pour les antiquaires une mine riche en monuments antiques. La plupart des inscriptions des Téiens ont été encastrées dans les murailles, et se sont trouvées ainsi sauvées d'une ruine complète. L'abondance des carrières de marbre dans le voisinage de Téos permettait aux habitans d'être prodigues en monuments épigraphiques : aussi peu de villes anciennes de l'Asie en ont produit un aussi grand nombre, et il est certain qu'on ferait encore des découvertes précieuses en ce genre si l'on pouvait remuer les énormes blocs des temples écroulés. Les inscriptions de Téos méritent d'autant plus d'intérêt qu'elles contiennent pour ' la plupart des actes politiques et des traités conclus avec les autres États.

L'ancienne Téos est séparée du territoire de Sigadjik par une légère éminence qui enclôt presque toute la presqu'île. Les ruines du temple de Bacchus forment une masse énorme de décombres. 11 est facile de retrouver tous les membres principaux de l'architecture de l'édifice. Les architraves et les morceaux de corniche n'ont pu être enlevés ; les cimaises sont ornées de têtes de lions et de pal mettes, les chapiteaux, d'ordre ionique, sont du plus beau style et d'une grande simplicité ; cet édifice a été étudié en détail par les architectes anglais Chandler et Pars, et les plans qu'ils ont publiés dans leur ouvrage sur

(i) Strabon, X1Y, 643.

les antiquités ioniennes paraissent d plus satisfaisants.

Le temple était hexastyleet périptèr il avait six colonnes de front et on sur les côtés ; les colonnes étaient a nelées : Hermogène en fut l'archited

Le temple était au milieu d'une ai entourée de portiques : c'est du reste disposition commune à tous les grau temples de l'Asie; les fondations portique sont à fleur de terre, très-f de travaux seraient nécessaires p reconnaître complètement ce bel \ semble d'un monument clasàqoe.

Le second édifice qui appelle lattu tion est le théâtre, assis sur une des < lines qui entourent la ville et dont face est tournée vers le sud, contrai ment aux prescriptions de VitruvcT le proscenium est détruit, et du haut dernier gradin on jouit d'un magnifii panorama; mais c'est une erreur < d'imaginer que les anciens spéciale avaient pour fond de tableau la a pagne voisine et l'immensité de Pboria

3ue serait devenue la voix des arts ans ce vaste espace? Il est deari d'ailleurs par une foule de monuiw existant, que la partie ou'on app proscenium s'élevait jusou à la bioti du dernier gradin , et de plus qw théâtre était couvert par un ïélari qui s'étendait sur l'orchestre et ta la cavea. Cependant presque tous voyageurs qui visitent les théâtres ai ques s'extasient sur le panorama d jouissaient les spectateurs assistant i représentations. A Catane, c'est 11 qui est censé composer les intermèd et sur la côte d'Asie, ce sont les Spfl des et le Tau rus. Que l'on soit bieil suadé que le spectateur grec était* la salle de spectacle presqu'aussii clos que los modernes dans les leurs, que les distractions du dehors ne naient pas troubler les émotions la représentation.

Nous ne parlons du théâtre de Ti que pour mémoire , car ce monin»

est dépouillé de ses sièges et de tons i ornements ; son étude n'apporterait i cune lumière nouvelle à ce que »

savons déjà par l'examen des Uiééti de la Pamphylie.

L'intérieur de la ville occupé J des jardins et des plantations doli^

ASIE MfttEUfcE.

e* difficile à parcourir : on ne peut ruminer un de ces mars en pierres kc&cs qui séparent les propriétés, sans y découvrir une quantité de fragments d'architecture qui trouveraient leur ftw dans un musée.

Cm une source de regrets pour l'am: ces modèles de la plus pure ardfeetare ionienne disparaissent l'un ■rèFautre ; s'ils étaient recueillis dans amusée d'Europe leur étude ne pourrait que former le goût des jeunes arfce. Qu'on n'imagine pas que des litres moulés sur les monuments remffoeotle même but: le coup de ciseau donné sur le marbre, le faire de Parin^ses moyens pratiques ne se transitait pas avec, un froid modèle.

fa autre édifice moins considérable

le temple de Bacchus, mois d'une tion de travail non moins égale, it vers le centre de l'isthme ; fi est

ivertde buissons et d'oliviers sau- : on peut considérer ce fait comme ive que ces ruines n'ont pas été depuis plusieurs siècles.

vaut de terminer l'examen de Pinde la ville, nous devons mention-

îm monument signalé par M. Hafton à l'attention des futurs explora- Us.

1 est situé au nord-est, et à la diske d'environ un mille du môle antt; il se compose d'une base pyraifale construite sur une éminence et tgortant les ruines d'un édifice de Pidimension, mais richement orné ; g le peut égaler la délicatesse des Mpbres des corniches oui sont étenm sur le sol : l'édifice était construit fcpands blocs de marbre jaune. On y N'ait par des escaliers dont la longueur k l'est à l'ouest est de quarante-cinq M* et du nord au sud de trente-huit, «monument était entouré d'une coftoade qui peut encore être reconnue ^ trois côtes ; elle se compose de huit tares en marbre gris placés à distoc» égales, avec des demi-colonnes enjnes dans les deux côtés opposés : le «nord est long de cent quarante et B pas et le côté de l'ouest de cent niante.

ks murs de Téos ont environ six wmetres de circuit, on peut les suivre «atout leur parcours. Les anciennes

murailles ayant été détruites par Tissapherne, ont été reconstruites quand les Teiens sont revenus habiter leur ville : on a de plus réparé la grande muraille qui séparait du continent le petit isthme sur lequel la ville était assise ; elle défendait le quartier de l'invasion des eaux d'un petit ruisseau qui se jetait dans le port du sud et qui a contribué à l'ensabler : cette partie des murs est la mieux conservée.

D'après une inscription qui existe encore près de là , cette partie de la muraille et les tours adjacentes auraient été reconstruites par Apollodore et Encrâtes dont les fonctions ne sont pas indiquées. Toutes les murailles sont bâties en blocs de pierre de taille poses en assises réglées : on ne voit plus les vestiges que d'une seule porte ou plutôt d'une poterne qui conduisait au port.

Elle est sans ornement, la baie est surmontée d'une architrave.

Le port du sud, celui que Tite-Live distingue par les mots ante urbem, tandis que le port de Sigadjik était désigné comme étant a tergo urbis, est aujourd'hui converti en marais. On voit les vestiges d'un môle au milieu des alluvions, mais rien de ce qui peut constituer un arsenal maritime.

La petite ville de Sévri hissar est à quatre kilomètres au sud -est de Téos sur la route de Smyrne; elle ne mériterait aucune mention spéciale si on n'y eût transporté comme a Sigadjik un certain nombre de débris des monuments de Téos. Elle est située dans un vallon où prend naissance le ruisseau qui va se jeter dans le port; ce qni attire surtout l'attention, ce sont de grands blocs de marbre dont l'usage n'a pas encore été deviné; les plus grands ont environ trois mètres en tous sens, les autres ont moins de deux mètres : ce sont des grands cubes taillés à facettes prismatiques formant autant de tablettes ou de petits escaliers, on ne saurait mieux les comparer qu'à d'énormes cristaux de sulfate de soude; ils portent presque tous des fragments d'inscriptions latines inintelligibles, on y lit surtout l'indication Loco 1111 : jusqu'ici ceux qui ont voulu expliquer l'usage de ces blocs n'ont abouti qu'à des conjectures peu satisfaisantes.

wc

^UfiiVEES.

lies grandes carrières d'où ont été extraits les marbres de Téos sont dans le voisinage de Sevri hissar, elles fournissent une roche grisâtre et cristalline 2ui appartient à la formation calcaire e la presqu'île Erythrée.

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