CHAPITRE LIX
SIBGB DE PHOCBB.
Les Romains se décidèrent enfin à faire un siège en règle. Le préteur Émilius Regiilus commandait la flotte en personne; il s'empara des deux ports (189 ans a?ant J.-C), et lança dans la ville une proclamation pour inviter les Phocéens à se rendre. La réponse fut la même qu'au temps d'Harpagus : ils refusèrent. Le 'consul fit commencer les attaques des deux côtés du Lampter; ce quartier était dégarni de maisons, et des temples en occupaient presque tout l'espace. On approcha le bélier, qui battit les murailles; mais les assiégés se défendaient avec acharnement : les brèches étaient réparées à mesure qu'elles étaient ouvertes.
De nouvelles propositions de capitulation leur furent adressées ; ils demandèrent cinq jours pour délibérer et ouvrirent enfin leurs portes. Les Romains entrèrent en ville, non pas en vainqueurs , mais en vertu de la capitulation. Aussi les soldats, qui comptaient sur le pillage, commencèrent-ils à murmurer, et plusieurs d'entre eux , malgré la défense de leurs chefs, se mirent à piller les maisons. Le préteur Émilius rassemble autour de lui sur la place publique les citoyens de condition libre , et après avoir arrêté le sac de la ville, il ordonna que toutes les propriétés publiques ou privées fussent respectées et rendit à Phocée son territoire, son gouvernement et ses lois (1).
Après la défaite et l'expulsion d'Antiochus, l'iEolide fut réunie aux États du roi de Pergame. Il est à croire que Phocée fut détaché de l'Ionie ; elle est en effet comprise dans l'iEolide par le géographe Ptolémée, qui ne pouvait ignorer que cette place avait fait partie de Pîonie.
Pendant la guerre contre Aristonic, Phocée avait pris parti pour ce prétendant, et s'était de nouveau mise en état d'hostilité contre Rome. Les consuls qui avaient vaincu Aristonic marchaient contre Phocée; mais la colonie de Marseille , alors puissante et amie des Ro-
(0 Tit-Liv., TXXVII, oh. 3r.
mains intercéda pour cette ancien alliée, et la paix. tut rétablie.
Lorsque les Romains furent tra quilles possesseurs de l'Asie, toutes \ villes furent soumises à l'administi tion proconsulaire et perdirent la physionomie originale; leur histoire confond avec celle de l'empire. Pbw dut se contenter du rôle de ville m chaude, et son nom est à peine m tionné pendant toute la période H maine. Les ports se comblaient loti ment, et sa population t'abandoiiMÈ