CHAPITRE IX
SANGABIU8 — 8ÀKKAB1À.
Le grand fleuve phrygien , celui qui dans son parcours réunit les eaux de tout le plateau de la grande Phrygie , le Sangarius, appelé aujourd'hui Sakkaria, est resté jusqu'à notre âge un des cours d'eau les moins connus de l'Asie Mineure. Dans l'ignorance ou l'on était de la constitution de ses nombreux affluents, la géographie historique ne pouvait faire un pas sans s'égarer ; les villes anciennes placées dans le bassin de ce fleuve restaient inconnues; nul ne pouvait imaginer que le cours supérieur se composât de trois branches principales. T. es anciens géographes avaient nardé le silence sur ce fait important, et parmi les modernes, plus d'un voyageur érudit avait longé le cours du Sangarius, sans se douter qu'il fût sur le bord d'une branche de c» fleuve. La géographie de cette partie de l'.Asie .Mineure restait dans une obscurité complète, que ni l'esprit judicieux de Danville, ni les combinaisons deRennel ne pouvaient parvenir à dissiper : le prei lier faisait tomber dans un lac le cours supérieur ou rivière d'Angora; le second, au lieu de mettre la ville de Pcssinunte dans la grande vallée près des sources du fleuve , plaçait cette ville au nord dans une vallée transversale. Le colonel Leake, dérouté par les itinéraires, plaçait Pessinunte sur la rive nord du Sangarius, dans le voisinage de Bevbazar, et Gordium dans les régions inférieures du plateau de Galatie. Voilà où en étaient les connaissances géographiques de ces régions , lorsqu'en juin 1834, je déterminai pour la première fois l'identité de cette rivière avec le Sangarius. Le résultat de ces observations fut d'abord la découverte de Pessinunte, et l'explication d'une foule de passages d'auteurs anciens qui jusqu'alors étaient restés inintelligibles; en un mot on pouvait dresser la carte de la Phrygie sur des bases toutes nouvelles.
Le savant Cari Ritter, qui, dans ses ouvrages, tient à rendre à chacun la justice qui lui est due, s'est attaché à cons-
tater ce fait avec plus de soin que jt l'eusse fait moi-même (1).
Après avoir franchi du sud au a la branche méridionale du fleuve, i étonnement fut grand de me trou deux jours après sur la rive gai d'une grande rivière , que les indig1 nommaient encore Sakkaria. c'est seulement que le mystère géograj me fut expliqué. Depuis ce temps sieurs voyageurs ont fait connaître tout ses détails, le cours sinçru" ce fleuve qui reflète la coot'oi exceptionnelle du pays.
Strabon détermine d'une mai assez exacte la position de la soure Sangarius. « Entre Héraclée et CI* doine coulent plusieurs fleuves nombre desquels sont le Psillis, le pas et le Sangarius. Ce dernier p sa source dans un bourg nommé gia, à environ cent cinquante st 27 kil. 70, de Pessinunte; il trayei plus grande partie de la Phrygie tète, et une partie de la Bithyri sorte qu'il n'est guère éloigné*!
médie, de plus de trois cents sa 55 kilomètre 50, àTendroit où il « le Gallus (2), qui a sa source à dans la Phrygie Hellespontique.L* garius devenu navigable borne 11 thvnie vers la côte où il se déchar] devant laquelle est l'île de. Thyuia Pline, qui parle plusieurs fois du garius (4), ne dit jamais que ce fl est formé de plusieurs branches;!
résulte ce fait, (jue, pour les ancien Sangarius n'avait qu une seule sofl au bourg Sangia, et que les autres* d'eau avaient des noms différents!
n'ont pas mentionnés. Les moderrt contraire, ne donnaient le nomdel garius qu'au cours d'eau supérieur, indigènes l'appellent en effet SakKg niais négligeaient la branche m«jj nale, qui est le vrai Sangarius; * toutes les erreurs et les incertitudes géographes.
" Le Sangarius a porté différents no
(0 Cari Ritter Erdkuude, t. tt.P; * 458-588. Hamilton, Researches m As»' nor, l. I, 438.
(*) Voyez page gr.
(3) Strabon, XII, 543.
(4) Liv. V, 3a.
l'antiquité; les Grecs rappelaient ou Saogaris (1). Hésychius le une Sagarius, Phitarque, le çéoihe. dit qu'on fappelait primitivet Xerabate, parce que dans les les chaleurs de Tété il est très-souà sec, il ajoute la fable suivante :
, fils de Myndon , ayant souvent les mystères de Cybèle\ injuria ftres de cette déesse , qui, pour se r, lui envoya des accès de fureur à desquels il se jeta daus le fleuve Batate, qui changea alors de nom r prendre celui de Saga ris. Il vaut m s'en rapporter au document transpar Strabon et croire que le mot 3rius dérive tout simplement du Sangia, où était située sa source, iive fait naître le Sangarius dans tait Adoreus, dont la situation est DDne ; peut-être veut-il parler d!un sous-affluents descendant des monts qui séparent les deux branches feipales de la Sakkaria (2).
Ids pouvoir déterminer d'une mapositive la situation du bourg Sanbous pouvons la fixer approximaleot dans le groupe montagneux bnge la plaine de Kara hissar, et )rme la ligne de partage des eaux les deux mers. Nous avons suivi, ittant les carrières Synnada et en dirigeant vers le nord par Bayât vallée de Doghanlou près de Khosh pacha khan, un cours d'eau qui • * jeter dans la Sakkaria à Tchandir, iage situé à vingt-huit kil. sud de tori hissar; on y remarque un pont de ferre de construction byzantine qui est tas doute le pont de Zompus souvent tentionné par les historiens byzanfts (3). Les affluents principaux du Nve sont: au nord, la rivière d'Angora Dguri sou; au sud, la rivière de Seïd el hazi, le Thyrabrius ou Poursak, le allus ou Bédré tchaï (4).
Sur le versant nord des montagnes de •fat prend naissance un petit cours
(0 Ptol., liv. V, cb. i. Arrien de E*p.
M Til Liv., XXXVIII, î8.
(3j Anu. Comuinc, p. 472. Pttcéphore Bry-
>»iui, n, 5a.)
U) Toy. pour pbs de détails Ritter Erd-
«de,t. IX. Syttènedu Sanguins.
d'eau qui va se jeter dans le Sangarius , il peut être identifié avec le fleuve Àlander, près duquel campa Manlius.