CHAPITRE X
ITINÉRAIRE DE BROUSSA A KUTAYAH COTYOEUM.
La grande route de Broussa à Kutayah suit une direction moyenne vers le'sud-est, mais en sortantde la ville elle incline à Test jusqu'à la petite ville d'Aineh gheu). Nous commençons par suivre la vallée de Ghœuk déré, et nous faisons ainsi douze kilomètres sur un terrain de cailloux roulés détachés de l'Olympe. Après trois heures de marche nous faisons halte dans une forêt de châtaigniers, nous franchissons ensuite
{plusieurs collines 00 nous retrouvons a formation calcaire; c'est un marbre iauue qui, poli en quelques places par le pied des chevaux, présente les plus belles couleurs : ce calcaire forme des stratifications inclinées de 35 à 40 degrés au nord. On monte continuellement pour aller de Broussa à Rutayah, et toute la région est composée d'un calcaire crayeux.
Après avoir traversé un plateau élevé où l'on trouve deux puits pour les caravanes, on descend dans la vallée de Ak sou (l'eau blanche), pauvre village qui ne boit que des eaux crétacées et blanchâtres. Il se fait dans son voisinage de grandes exploitations de bois.
On fait ensuite vingt kilomètres jusqu'à Aineh gheul sans rencontrer une cabane ; on marche sur un terrain d'argile blanche qui, en été, produit une poussière incommode et en hiver des boues affreuses.
La formation crétacée est très-répandue dans ces régions ; on commence à la rencontrer à douze kilomètres d'Aineh gheul, et on peut la suivre dans toute la Phrygie Épictète jusqu'à Cadi ou Ghédiz a l'occident, et jusqu'au delà d'Eskicheher à l'est. Elle est cernée par les terrains volcaniques de la Catacécaumèneetdu Haîmanab(l).
Aineh gheul est abondamment pourvu d'eaux courantes et possède plusieurs
11) Voy. page 91 col. 1.
L'UNIVERS
mosquées, Tune d'elles fut bâtie par le sultan Mourad ; ce sont des monuments sans intérêt ; les maisons sont bâties de terre et couvertes en tuiles.
En sortante" Aineh gheul on franchit, après une heure de marche, une chaîne de montagnes assez élevées courant de l'est à l'ouest, qui va se rattacher à l'Olympe. Toute eette formation est de gneiss , de syenite ou de mica-schiste, et par conséquent fait partie du système géologique de l'Olympe.
Les forêts qui couvrent ces montagnes sont de la plus belle venue; elles se composent d'essences de hêtre, de chêne et de châtaignier : il y a des billes de vingt mètres de haut et de deux mètres de diamètre. On arrive bientôt à la région des arbres verts; alors, plus de route tracée, on suit le lit des ruisseaux en passant au milieu des lianes et des épines ; on n'entend aucun être vivant, seulement dans le lointain le bruit du torrent vague comme un écho se mêle au frôlement du feuillage. Nous fîmes ainsi vingt-quatre kilomètres dans la forêt; sur le versant méridional de la montagne, que les indigènes nomment Ak dagh (montagne blanche) , la nature de la roche change ; on commence à rencontrer du calcaire, marbre lamellaire.
Cette formation calcaire couvre une grande étendue de pays et se rattache à l'ouest au Toumandji dagh, au pied duquel est la petite ville d'Inn Œuni, bâtie immédiatement au-dessous d'un haut rocher où se remarquent plusieurs chambres sépulcrales taillées dans le roc.
Le village de Tchoukourdji est 6itué sur un mamelon au milieu de ce vaste plateau , dont l'altitude est d'environ six cent cinquante mètres. La distance d' Aineh gheul est de soixante 'kilomètres : c'est là qu'est située la maison de poste.
Les forêts s'étendent encore au sud de Tchoukourdji; elles sont habitées par de nombreuses tribus de Yourouk, dont l'occupation est de couper les bois: on retrouve alors les routes plus praticables. Tous les villages de ces cantons sont très-misérables; ils ne sont habités que pendant l'hiver par les familles de bûcherons qui passent Tété dans les forêts. De Tchoukourdji à Kutayab on
compte vingt kilomètres: il fat encore un col de l'Ak dagh, dont titude dépasse douze cents métro; à partir de ce point la plaine deR se déroule aux regards dans on mense développement; elle estent de montagnes. Du côté du sud, c' chaîne du Mourad dagh, le mont dymène du pays Aizanien. La corn tîon des montagnes inférieures de dagh est étrange; elles sont foi de plateaux stratifiés composés ail tivement de roches dures et de plus tendres. La décomposition de!
dernières laisse comme suspendm assises plus solides, ce qui forme dej des falaises dont les flancs surploo le sol et produisent un effet singul
La rivière Poursak serpente dans plaine , se dirigeant vers le nord aller joindre la Sakkaria aux envi d'Eski cheher.
Kutayah s'étend au pied d'an I rocher; les nombreux minaretsdesi quées, les jardins qui les entourent courent à lui donner l'aspect d grande ville. Il n'y a pas de rauraill» faubourgs et les maisons de caroj se confondent avec la ville même.
La distance entre Nicomédie et tayah est évaluée delà manière suro sur le pied de six kilomètres par h de marche.
Nicomédie à :
Sabandja 6 heures, 36
Geiveh 6 56
Ak séraï 3 16
Nicée 9 54
Ghio 12 72
Broussa 6 36
Aineh gheul. ... 8 48
Kutayah 20 HO