ITINÉRAIRE DE KEDIZ A KABA HT
De Kédiz à Ouschak. 46 kit Sitchanli. 108 Kara hissar. 30
1 86 k il.
Le Menzil bané, la Poste, compte heures de marche de Kédiz à Oosc La route suit la direction du sud, du sud-est. Après une heure de mi on arrive près d'une rivière qui ( ses eaux à l'Hermus, elle pren< source dans Je Mourad dagh, et s'apj Mourad tchaï. C'est cette rivière M. Hamilton regarde comme le n ble Hermus. Le pays est bien cou quoique les Turcs aient encore en ui
des jachères, les terrains culsont si étendus, que cette méa moins d'inconvénient ici que Jes autres pays. La récolte consiste lé et en orge. Le terrain est argiet propice à la culture du pavot, lit une des richesses de cette pro- Les montagnes sont de nature «, couvertes d'une maigre forêt Après deux heures de marche, Te au sommet de la montagne, un des embranchements du dagh, qu'on aperçoit au nord , sommets couverts de neige. De I on jouit d'un spectacle aussi "inattendu : une grande partie du développe aux regards; d'un côté its sommets de l'Olympe se contavec le ciel ; de l'autre, le Tau- " ses longues chaînes bleuâtres, la vue s'étend jusqu'à Aîdin et jusqu'à Smyrne ; on a sous les le pays qu'on vient de traverser, ' comme une mer furieuse; pas ce d'habitation ne s'offre à la litude etnature sauvage; rien qui Ile la présence de l'homme; ce col une altitude de deux mille cent au-dessus du niveau de la mer.
route descend ensuite dans un et frais vallon, où les caravanes iteneur ont coutume de faire halte, montagnes qui forment le revers ital sont de nature volcanique, mais i époque plus ancienne que les volli de Roula. La lave est de nature banque, cassante, presque vitrifiée ; les Mes de la montagne sont couvertes de lads blocs accumulés sans ordre ; plus h, le terrain est recouvert d'une coutépaistt de feldspath foedu: c'est ce pu appelait autrefois la roche de vue. On y trouve de l'obsidienne *iK(l). Au milieu de tousces terrains, * n'observe aucune trace de cratère.
Nui prouve la haute antiquité de ces bnations, c'est que presque partout I rifçétation est abondante. Le terrain wsnique est remplacé par le grès, à tagine de la value d'Ouschak ; une rite source prend naissance entre les D0*es du grès ; elle arrive à la surface tsol en bouillonnant comme un puits
(»)Voy.
.HauHtoD , Mcsêarchei, etc.t \.
artésien, mais il n'y a point de culture pour utiliser ces belles eaux ; elles forment un ruisseau oui va se jeter dans la rivière d'Ouschak, qui est encore un des affluents de l'Hermus. Cest là que se fait le partage des eaux entre l'Hermus et le Banas tchaï ; cette rivière est une branche du Méandre.
En quittant Ouschak , on a dix-huit heures de marche à faire jusqu'à Sitchanli , sans traverser aucune ville ; le pays est cependant bien peuplé et eurtout bien cultivé. Les nombreux villages, entourés d'arbres et pourvus d'abondantes fontaines , varient agréable* ment l'uniformité de la plaine, qui se termine par un bel horizon de montagnes. La culture du pavot occupe la plus grande partie du terrain, le reste est semé en blé et en orge; on y fait peu de tabac, et la récolte de Ta soie est nulle. Les moutons à grosse queue, dits cara* mauli, forment la totalité de l'espèce ovine. Il est extrêmement rare de rencontrer la variété à longue queue ; en effet, la masse de graisse produite par la queue des caramauli est pour les indigènes une précieuse ressource: elle remplace le beurre dans presque toutes les prépara* tions culinaires; aussi, maigre fanondance du laitage, le beurre en Asie Mineure est- il d'une très-médiocre qualité, mal fait et presque toujours rance, attendu que pour le faire , on se contente de secouer une peau de noue, une outre remplie de lait, suspendue entre trois perches.
Après trois heures et demie de marche, on franchit une montagne argileuse, et l'on redescend dans une plaine qui a environ six kilomètres de large et qui est peuplée de nombreux villages. Le village de Ahat keui, l'ancienne Trajanopolis, estsitué sur la pente des montagnes qui bordent cette plaine au nord, et à trois heures de la route de Kara hissar.
Kn suivant la vallée, on arrive au village de Osman keui bâti au pied de la pente nord. Ici la vallée se resserre considérablement ; elle n'a pas un kilomètre de large. Sur la pente opposée est une source d'eau minérale chaude; les indigènes en font usage, niais leur établissement est tout rustique : les baignoires sont des trous creuses dans lg terre, et
L'UNIVERS
la salle des bains est formée par des branches d'arbres plantées en terre et tissées en forme de claie. Tout ce pays est abondamment pourvu de sources; mais la plupart n'ont pas un écoulement facùe et forment des marécages aux environs.
On fait halte au village de Kara keui, après une journée fatigante de dix heures de marche; le lendemain on a encore huit heures de poste à faire avec les mêmes chevaux jusqu'à Sitchanli, village où se trouve le Menzil bané.
Sitehanli est située dans une vaste plaine où les anciennes armées se sont souvent rassemblées ; sa position correspond au Campus metropolitanus. A la suite de ces plaines on rencontre un terrain marécageux d'une étendue de plusieurs kilomètres, de l'est à l'ouest; en hiver il est impraticable, il faut faire un long détour au nord pour le franchir; en été, la terre argileuse est fendillée en tous sens : il est couvert d'une végétation d'iris blancs, dout la fleur est assez agréable. Deux villages s'aperçoivent sur une hauteur ; ils sont abandonnés en été, sans doute à cause du mauvais air. Les habitants ont pour habitude de disposer leurs récoltes en grandes meules, qu'ils recouvrent d'une couche de terre glaise ; les foins se conservent ainsi presque toute l'année à l'abri des pluies et de l'humidité.
Cette plaine de Sitchanli se termine à l'est par un col montagneux qui la sépare de celle de Kara hissar. Ici l'on commence à retrouver le terrain trachytique dont la conformation est des plus intéressantes; ce ne sont pas des couches horizontales plus ou moins accidentées, mais les abords de la route sont couverts de blocs énormes de trachytes superposés et appuyés les uns sur les autres. Il y a des blocs dont la base n'a pas plus d'un mètre carré et qui s'élèvent à une hauteur de sept ou huit mètres; ils sont entourés de blocs plus petits. On ne peut expliquer cette singularité qu'en supposant que les épanchements trachy tiques se sont refroidis dans un agglomérat de tufs plus tendres qui auront été enlevés ensuite par l'action des eaux. Nous arrivons dans un pays où les faits de ce genre sont de plus en plus multipliés, et ces ré-
gions présentent des phénomène? gw logiques qui ne se retrouvent en aucu autre lieu du globe. La nature de o trachytes est assez uniforme ; la coula change du violet au bleu ; leur dure dépend du plus ou moins de consem tion du feldspath, qui se décomposa l'air. Ces formations singulières sJ surtout remarquables aux environs <j village de TchaKeu, le dernier que F<j rencontre avant d'arriver à Kara hissai ici la culture du pavot absorbe toati les autres : nous arrivons en effet i centre de la culture de cette pi aute;aœ les indigènes appellent-ils la tille Aphoum kara hissar, le château noir i l'opium.
Maintenant que nous avons tnm la Phrygie dans sa plus grande larçem nous ferons halte dans les principe villes que nous avons rencontrées.