CHAPITRE XXIX
SÉID EL GHAZI. — PBYMNESU.
La plaine d'Eski cheher, ou de Di rylée, est bornée au sud par une rifiè qui coule de l'ouest à l'est et qui n'a autre chose que la branche sud do Sa garius, dont le cours est obligé des»
vre la ligne des collines qui serrent i contrefort au plateau central de I Phrygie.
Ce pays offre toutes les condition désirables pour recevoir une populafoi nombreuse , un terroir fertile et <ta eaux abondantes; aussi dans i'aBtiqvfô les viiles étaient nombreuses dansa»
région. Les voyageurs qui l'ont traw sée ont reconnu presque de lieue* lieue des vestiges d'anciennes villes àtâ les noms ne sont pas encore détermioâ et les auteurs mentionnent plusiews villes comme San tabarts, Masassa^Zom* pus, etc., dont il faut retrouver la place. La seule ville qui ait survécu à la roi» de toutes les autres est l'antique Pr/mnesia, qu'on appelle aujourd'hui Sèw ei Ghazi ; elle est bâtie sur la pente septentrionale d'une colline, et offre, il «* vrai, bien peu de vestiges de la haut* antiquité; mais elle est demeurée «Jebre parmi les Musulmans comme lieu de sépulture d'un des héros de leur histoire, de Sidi el Battal, Gd le Ma*
né, dont le nom a été changé en celui deSéid el Ghazi, Séid le Conquérant.
H «ait né à Malatia . et fut tué dans
Êe bataille contre les Grecs en 739, islerècnedu calife Aroun-al-Rachyd.
peut être assuré que le caractère rsr' ox de l'antique Prymnésie Ta saude la destruction /Cette ville était Kèbre par le culte qu'elle rendait à la ère des dieux et au roi Midas déifié ; Bt du moins l'induction qu'on peut sir des anciennes médailles de Prym- ». Au temple païen a succédé un •nastère byzantin avec une église; «cet édifice qui a servi de sépulture Séid el Ghazi , et qui depuis le huiîœe siècle a toujours été soigneuse- Bit entretenu.
La ?ille de Séid el Ghazi n'offre par t-méme aucune espèce d'intérêt; elle Idans un état de décadence qui prouve t les pèlerinages des pieux Musul- ID8 ne suffisent plus à faire vivre sa filiation. Nous avons trouvé dans lie ville une inscription portant le u de Nacoléia; MM. Bartli et Mordbd ont constaté dans la même locad'autres inscri plions portant égalât le nom de Nacoléia ; mais ils estent qu elles ont été apportées d'un o voisin. EnOn une inscription portt les mots : • ta sénat et le peuple des ymnésiens ont honoré Publius Aliai Niger, mort encore jeune , » a délé la question, et l'on s'accorde pour ttifier Séid el Ghazi avec l'ancienne pnaesia. Cette ville n'est citée ni par •bon ni par Etienne de Byzance; llémée la met au nombre /lés villes h Phrygie centrale : c'est à peu près i seuls documents que nous offrent ►auteurs anciens.
L Aujourd'hui Séid el Ghazi est le lieu P résidence d'un votvode qui est sous h ordres du .gouvernement d'Eski ►ter. Les habitants sont pour la plu- Prtlivrés à l'agriculture, et vont passer m* partie de l'été au Yaëla, U tombeau de Séid el Ghazi s'élève g la pente de la colline, et domine la "■«• Ceat un ensemble de bâtiments P contient une mosquée à minaret, b couvent de derviches et le tombeau ■ guerrier musulman. On y reconnaît fa constructions de différentes épo- 9ks:U est probable que primitivement
cet édifice était un couvent byzantin ; les Seldioukides y ont ajouté une école, et les Mewlevis derviches de Konieh y ont établi un couvent. Le tombeau de Séid el Ghazi est au milieu d'une chapelle ou turbé ; il se compose d'un grand sarcophage couvert de tapis et de tentures dans le genre des tombeaux de Broussa ; un autre tombeau placé à côté du premier, renferme les cendres d'une princesse désignée sous le nom de Kral kiz si, la fille du roi. Les Turcs donnaient le nom de Kral aux souverains de Moscovie et de Servie : c'est sans doute quelque fille d'un de ces souverains qui aura épousé un émir musulman. Il est impossible de tirer d'autre renseignement du vieux gardien de ces sépultures (1).
Pour parcourir la vallée de Nacoléia et le Yapul dagh, il vaut mieux partir de Séid el Ghazi que de faire un long détour par Kara hissar : on est plus certain de trouver des guides.