CHAPITRE XXXUL
SYNNADA.
Synnada était le chef-lieu de Phrygie centrale, et réunissait sous juridiction un grand nombre de peti villes, telles que Docimia, Beudos, Ai bura et Euménia. Elle devait sa forii tion à un certain Acamas, qui aprà guerre de Troie vint s'établir en Pb
fie, et appela autour de lui de do reux colons de Macédoine. La fi fut d'abord appelée Synnaia, nom d le sens impliquait une assemblée colons, puis par corruption Synuadal Etienne de Byzance fait remarquer < le bourg Docimia était très voisin cette ville. Strabon ajoute quelqi renseignements géographiques ut pour tien déterminer la position cette place. « Synnada, petite ville, située à l'extrémité d'une plaine louj d'environ soixante stades, onze ■ mètres , et plantée d'oliviers. Au-d de cette plaine on trouve le bourg D| mia et la earrière de marbre syoDl que, comme le nomment les Romii car chez les indigènes il se nomme J cimite ou Docimée. Dans le coron»
cernent, on ne tirait de cette carri que des blocs de médiocre grande mais aujourd'hui le luxe des roflM en tire des colonnes d'une seule dm qui se rapprochent de l'albâtre p la variété des couleurs , et quoiqtf ait fort loin pour voiturer de tels I deaux jusqu'à la mer,, on ne laisse j de transporter à Rome des coloj et des tables d'une grandeur et dl beauté surprenantes (2). » i
Cicéron désigne cette vil le sous les de Forum synnadense (3) ; il trati cette ville lorsque partant d'Épbèse i rendit en Cilicie , en passant par L* oie, et Apamée.
Manlius traversa Synnada , en M chant contre les Gaulois ; nous la trouvons, ensuite nommée parmi* évéchés de la Phrygie salutaire ;\ nom rentre peu à peu dans l'oubli, qu'on cesse d'exploiter ses a
(t) Et. Byz., tk. Synnada, (a) Strabon, XII, p. 577.
\SÎE MÏflEURE.
moi ne le retrouvons plus que mentioooé par Paul Sileotiaire, à l'occasion de la description de Sainte-Sophie (l).
Bien des tentatives infructueuses iraient été faites par les précédents explorateurs de l'Asie, pour retrouver ces carrières; nous fûmes plus heureux que nos devanciers et le 5 juillet 1834 , nous retrouvions le gissement de ces marbres, et les traces des immenses exploitation» qu'y entreprirent les Romains.
Mous savions par les itinéraires anciens que Synnada était située sur la route de Dorylée à A pâmée cibotos (2) ; nommions de plus qu'elle était voisine des carrières de marbre; il suffisait de retrouver soit dans la nature calcaire des montagnes, soit dans les ruines des riUes de ces parages, quelques indices de ce marbre facile à reconnaître entre tous les autres.
Nous avions retrouvé à Kara hissar on bloc de marbre blanc, veiné de viobt, provenant de ces carrières; et bous avions appris, en outre, que la petite ville de Eski kara hissar, l'ancien Kara hissar, contenait une quantité de roioes. Nous mîmes à profit ces ren- Kignements.
Traversant dans la direction du nord la plaine de Kara hissar, dont la largeur «tde neuf mil le*; nous atteignîmes les collines qui bordent la plaine, et nous âmes encore neuf milles pour arriver * Eski kara hissar; cette dernière ville ttt donc éloignée de dix-huit milles géographiques, ou de trente trois kilomètres de Kara hissar; les environs de b nue sont jonchés de débris de mar- *e, parmi lesquels on reconnaît le Jjarbre de Synuada ; on en trouve des tocs bruts non équarris, dans les dotales des champs. Eski kara hissar est «tuée sur le penchant d'une colline volcanique; c'est un bourg de très-peu «importance; mais elle occupe l'emplacement d'une ville qui a dû être assez considérable, car on en retrouve les Wiges sur trois mamelons qui sont sépares par une vallée , au fond de laquelle coule une rivière assez forte pour avoir motivé la construction d'un pont, u est bâti partie en marbre , partie en
(i) Deuxième partie, vers ao5.
W Table de Peutinger.
lave; l'arche-est de forme ogivale.. On . retrouve dans la villa un certain nowbig d'inscriptions, mais aucune ne mentionne fe nom ancien. 11 v a près d'uue maison une grande cuve de marbre monolithe, ayant dans l'intérieur plusieurs gradins; les croix sculptées aux deux extrémités indiquent que c'étaient des fonts baptismaux à l'usage des Grecs, qui baptisent par immersion. Ce qui -tend à prouver l'ancienne importance d'Eski kara hissar, c'est que nous y trouvons une inscription hononorifique dédiée à l'empereur S. Sévère Pertinax : La ville honore le grand, le divin empereur, César Lucius Septimus Sévérus Pertinax Auguste, Arabique, Adiabénique , Parthique, très grand, maître de la terre et de la mer. Les anciens n'avaient pas T habitude d'élever de pareils monuments dans les villages.
Cette autre inscription appartenait à un monument d'une certaine importance réparé par Eumonius. Cette inscriptioan'est pas antérieure au troisième siècle de notre ère.
Voici, voyageur, le monument élevé À ta mémoire d'un 'excellent pasteur et prédicateur de la parole divine. Maximion l'avait bâti avec un grand labeur; mais par l'effet du temps il arrivait a la décadence qui accompagne le temps comme une servante. Alors Eumonius, renouvelant la construction comme un savant et noble médecin , rétablissait le monument comme il était jadis, à cause de la gloire de son aleol, dont U a votonUers hérité.
D'après tous ces indices, nous étions disposé à assimiler Eski kara hissar à l'ancienne Synnada ; les carrières que nous allons décrire n'en sont qu'à douze kilomètres, et le village de Séid el ar représentait pour nous le bourg Docimia.
Cette détermination n'a pas été acceptée par Cari Ritter. Il regarde Kara hissar comme l'ancienne Synnada, quoique cette ville soit éloignée des carrières d'une distance de trente-cinq kilomètres. Eshi kara hissar est Docimia, et Séid el ar reste innommé.
Il faut convenir que la plaine de Kara hissar, représente mieux la plaine « de soixante stades » de Strabon ; mais le haut rocher est un caractère tellement tranché qu'on s'étonne qu'il ait été passé sous silence par le géographe grec. Aujourd'hui la grande plaine ne produit plus d'oliviers ; il est reconnu
LTJHIVERS.
dans le pays que cet arbre ne croît pas à.ooe distance de vingt lieues de la mer.