LB THÉÂTRE
En avançant dans l'intérieur de la contrée, on marche de surprise en surprise, eu observant les nombreux et magnifique* théâtres qui décoraient les villes de ces riches provinces. Là, tout est disposé pour une vie de plaisir et de repos. De nombreux portiques qui abritaient les citoyens, des fontaines qui tempéraient l'ardeur du climat, et des ombrages frais sur. ces montagnes aujourd'hui dépouillées, voilà le tableau que présentent à l'imagination les ruines austères .de ces cités désertes. On est d'autant plus surpris en entrant dans l'enceinte du théâtre de Hiérapolis, que rien n'y retrace le ravage de l'homme. On. voit, que les décombres qui remplissent l'orchestre se sont accumulés là par. l'effet du temps; mais l'oeil n'est pas affligé de l'aspect, de ces cabanes, de ces ■> tristes masures qui, dans nos villes d'Europe , enlèvent aux ruines, tout leur intérêt poétique. Quoique Hiérapolis ait été bien souvent visitée et décrite, il n'y a pas encore un voyageur, cependant, qui ait eu la constance d'eu mesurer les ruines d'une
manière complète. Il y a, en effet , un obstacle majeur; c'est que ces lieux sont complètement privés d'eau douce ; ou en trouve à peine dans un puits situé à une demi-lieue de là, au pied de la colline, et dont les familles turcomanes défendent rapproche avec une jalousie peu commune. Il est donc extrême* .«eut difficile de séjourner dans la villa
L'UNIVERS
avec des chevaux et des domestiques nombreux.
La disposition de la scène du théâtre est identiquement la même que celle du théâtre d^Aizani ; on y remarque cinq portes de front ; plus, deux petites portes déguisées, qui conduisaient dans les salles du postscéniuro. Les chambranles des principales portes sont encore en place; ils sont décorés de festons et de rinceaux, et, parmi les innombrables fragments de l'architecture de la scène, on voit des fûts de colonnes cannelées en spirale , des bas-reliefs de style romain , dont l'un offre le triomphe de Bacchus, légèrement mutilé. La grande salle du postscénium est ornée de colonnes ioniques en tuf; elle était probablement voûtée; quant à la cavéa, elle n'a rien de remarquable. La diazoma ou la précinction du premier étage n'est qu'an mur uni sans escaliers. A droite et à gauche de la façade , dans le mur de soutènement des gradins, sont des vomi toi res qui conduisent à là précinction du premier étage.