ÉGLISE. — AGORA
Pour aller du théâtre aux autres ruines, il faut franchir un grand espace dans lequel s'élèvent çà et là des fûts de colonnes disposés sans ordre. On arrive ensuite à deux tours rondes qui flanquent une porte triomphale percée de trois arcades , se rattachent à une muraille , et forment comme une vaste enceinte dans l'intérieur de la ville.
Cette enceinte paraît avoir renfermé des portiques et l'Agora. On observe encore une colonnade dorique surmontée de quelques pilastres d'ordre ionique; mais ces restes sont d'une médiocre architecture , et extrêmement ruinés. Du côté du nord , les murs vont se rattacher à un vaste édifice quadrangulaire, qui était une église de style primitif; la nef se compose d'un grand arc à plein cintre, dont la retombée porte sur trois arcs latéraux qui formaient comme des chapelles. Le rond de l'église est formé, par un hémicycle; cette architecture est tout à fait primitive , et sans oser dire qu'elle remonte aux premiers chrétiens qui se déclarèrent partisans de la foi après les prédications de saint Paul,
on peut la regarder comme un des tri anciens temples du christianisme, construction est analogue à celle tous les autres monuments; ee se des blocs énormes placés les uns s les autres , et soutenus par leur pro»| poids. On ne voit dans cet édifice s cun autre ornement qu'une croix çn
âue sculptée sur chacun des pie* roits.
Tout l'espace entre cette église et côté du nord est occupé par des toi beaux de différents styles, et qui « presque tous porté des inscription mais la nature poreuse de la pierre permet pas de les lire avec facîli Parmi ces tombeaux, il y en a, comt je l'ai dit, qui ont la forme d'un pt temple; ce sont ceux que les ancM appelaient Mvîj|Aa. Mais la forme la p générale est un soubassement oiai dans lequel est pratiquée une chamfa et qui est surmonté d'une sorte de notaphe, qui est appelé Bfipoç da les inscriptions. Il y avait un an genre de tombeau qu'on appelait "Hp* et qui surtout était destiné aux va queurs des jeux et aux hommes de 4 tinction. Le T<*?oç était ordinai rem un tombeau souterrain ; mais Tes pi sion générique est hxa^tâ^m pour <
K rimer l'action de déposer dans le te eau.
CHAPITRK XLI.
THEM1SONIUM. — TBFBKB.
D'après la table dePeutinger, The sonium était située à trente-quatre n les au sud de Laodicée; Strabon nomme après Colossae : la courte nom clature qu'il donne des villes de Pbry descend du nord au sud. Etienne Byzance se contente de dire que c'a une ville de Phrygie. Le texte de F sanias soulève cependant une certa difficulté au sujet de l'emplacement Themisonium et de l'antre Steun Nous avons vu que selon le même ; teur cette grotte était située dans le pi d'Aizanieetdans le mont Dindyinènel Dans son voyage de Pliocide il revi*
(i) Pausanias, liv. VIII, ch. 4; tir. X,1 Sa. Strabon, XII, 576. V°y. ptf . 397,
air le même wjet, et ajouté : ces Phrypens, qui sont originaires d'Aizanie, ont bus leur pays l'antre Steunos, ils en mi fait un temple de la mère des dieux, rbemisonium, au-dessus de Laodicée, st une fille qui appartient aussi aux faygiens. Ces peuples disent que du «f» que les Gaulois exerçaient leurs ïiganoages en Ionie, les archontes de foemisonram furent avertis par un rage qu'ils attribuèrent aux dieux Horde, Apollon et Mercure, de l'existence ton antre où les habitants seraient en toté, eux, leurs femmes et leurs enmts, c'est en mémoire de cet événe- KQt qu'on voit encore devant l'entrée t la grotte de petites statues de ces eux qui sont connues sous le nom de piiœîtes, on dit que cet antre est à »te stades de la ville, il est arrosé de tnàeurs sources.
Ainsi d'une part, Themisonium était à rate-ouatre milles romains ou cin- Bnte kilomètres, au sud de Laodicée, d'autre part il ne serait qu'à trente Mies ou cinq kilomètres et demi d'un ta de L'Aizanitide ou du Mourad «h.
L'emplacement de Themisonium n'est » encore déterminé par des insérions ou quelque témoignage irréfutaw ; on est disposé à placer cette ville fc/enéqui appartient au territoire sud b Phrygie. M. de Corancez dans sa £*e à travers la Lycie , décrit ainsi une' et ses eu virons.
•Nous mimes plus de deux heures «cendre le revers du Taurus, et nous •s trouvâmes enfin dans la vallée de fcné, oui a une largeur de trois lieues ;
* ftt dominée à 1 ouest par la chaîne
* nous venions de franchir... au nord, *aUée s'étend à perte de vue, et elle wgit à mesure que l'on avance dans te direction. 11 paraît que cette val- 1 communique avec celle du Lvcus à ^t de l'ancienne Colossae ; c est au uns ce qu'annonce le courant de la *requi en arrose le fond. Ce course dirige vers le nord; ainsi elle nmiuiique avec le Méandre par les Rdu Lycus, et la vallée du Méandre t se rattacher à celle de Téféné.
Le village est construit au pied des ntagnes; il domine toute l'étendue de rallée. il y a vers l'une de ses extré-
mités des ruines en brique et en pierres de taille, elles indiquent que ce lieu est sur l'emplacement a'uoe ville ancienne, mais par ce qui reste de ces ruines, on peut juger qu'elle était peu considérable (1). La plupart des cartes modernes placent en effet Themisonium au bourg de Téféné , sans tenir compte de cette distance de trente stades, qui est certainement une erreur ou de l'auteur ou d'un copiste.
CHAP1TRK XLII.
CELjBNjE. — APAMÉE CIROTOS. — DINAI RE.
Celsenae était la plus ancienne ville de la Phrygie, antérieure peut être à l'arrivée des Phrygiens dans la contrée. Les historiens se taisent sur l'époque de sa fondation , mais la fable y place un événement qui a bien sa signification.
Apollon, dieu des Tremiles et des Lyciens, vainqueur de Marsyas, ne représente-t-il pas les Cretois subjuguant les satyres ou hommes sauvages qui habitaient la contrée avant toute période historique. (2) Les Cabales, les Pisidiens, les Solymes, peuples qui étaient entrés dans la Chersonese par la côte méridionale , se trouvèrent en présence de peuplades aborigènes qui furent successivement absorbées par les deux invasions du nord et du sud. Celaeuae , par sa position exceptionnelle, l'abondance de ses eaux et les hauts rochers qui présentaient une défense naturelle, tut certainement un des lieux préférés des populations primitives. Le souvenir des premiers combats entre les indigènes et les peuples mieux armés se perpétuait jusqu'à Hérodote, qui crut voir dans le palais de Celaenae , la peau de Marsyas gonflée comme une outre et apnendue aux murailles (3). Le fils du roi Midas Lytersès , faisait de Celaenac sa résidence favorite.
Lorsque l'armée de Xerxès eut franchi l'Halys, elle entra en Phrygie, et vint à Celsenae , où sont les sources du Méandre et celles d'un autre fleuve qui ne lui
(i) Corancez, itinéraire, p. 4".
(») Voy.Pausania , liv. I, ch. iS.
(3) Hérodote, liv. Vif, ch. 36.
fUWIVEBS.
est pas inférieur, que Ton nomma le Catarrnactès, il prend, sa source dans la place publique de la ville, et va se je* ter dans le Méandre, Pithyus, Lydien de naissance, tils d'Atys, reçut à Celœnse Xerxès et son armée, et traita le roi avec la plus grande magnificence (1).
Xénophon donne sur l'ancien site de Celaenae des détails conformes à ceux d'Hérodote, niais il varie sur les noms des rivières qui arrosaient cette ville. Cyrus étant entré en Phrygie et ayant fait huit parasanges, vint à Colossae, qui est une grande ville riche et peuplée et y séjourna sept jours, de là on fif vingt
{>arasanges en trois jours de marehe, et 'on vint à Celaenae autre grande ville de la Phrygie, dans laquelle Cyrus avait un palais et un parc rempli de bêtes, sauvages , où il prenait le plaisir de la chasse. Le Méandre y prend sa source, et passe de là dans la ville. Au-dessous de la citadelle est le palais du roi, qui renferme les sources du Marsyas, petite rivière d'environ vingt-cinq pieds de large, qui va se jeter dans le Méandre; c'est là que Xerxès se retira après sa défaite et bâtit le palais et la forte-, resse (2). Les eaux du Marsyas sortaient de terre avec une telle impétuosité, que souvent elles jetaient des pierres audehors. Ce fait attesté par Tnéophraste, a été recueilli par Pliue (S). Strabon fait une description différente des sources du Marsyas ; selon cet auteur le Marsyas prenait sa source dans un lae nommé Aulocrène; selon Pline, ce lac était à dix milles d'Apamée. Cette dernière ville était située au confluent du Méandre et du Marsyas. « Il a sa source dans une colline appelée Celaenae, sur laquelle est une colline du même nom. » Et quelques lignes plus bas : * Audessus il y a un lac où croissent des roseaux propres à faire des embouchures de flûtes; c'est, dit-on, de ce lac que partent les sources du Marsyas et du Méandre (4). » Il s'ensuit que le Marsyas prenait sa source dans le lac d' Aulocrène, disparaissait sous terre et ressortait au milieu de la citadelle de Celaenae.
(() Hérodote, liv. V, ch. a8.
(?) Xénophon, Aneêas, tiv. l*%.cfc» a.
(3) Pline, liv. XUl,di.a.
(4) Strabon XII, Sft,' - "•"•
Le lae d' Aulocrène se trouve dans la vallée de Dombat: le nom d' Aulocrène était donné à une montagne, à une vallée et au lae.
Pline mentionne près. de h sourd du Marsyas deux fontaines qui jouissaient d'une singulière propriété, et auxquelles les Grecs avaient donné des nome caractéristiques. La première s'appelait KloeoOf et la seconde Geton (l), e'est-à'dire que les eaux de la preauè» faisaient pleurer * et «elles de la secoaè provoquaient le cire (2;. Le Marsp* était pour les Phrygiens l'objet d'oa véritable culte ; on kti offrait des «criices, et les offrandes étaient jetées dam la source, qui les engloutissait sou terre.
Alexandre, vainqueur des Pisidiemj se présenta devant Celsenae. Le eh&tsn était gardé par une garnison de nui Carions et de cent Grées, commando par Atizyès satrape de Phrygie. La po sittou formidable de \b citadelle arréb un moment la marche d'Alexandre : 1 craignait d?étre obligé d'entreoreaèi un siège difficile; mais lagarnneoii envoya des parlementaires, qui prow rent de rendre la place si elle n'étai secourue à une époque déterminée,!
qui fut accepté. Les secours n'étant m arrivés, Alexandre remplaça le satrip par Antigone son faeutenant* et y ton une garnison de quinze cents Macédi niens, c'est pour nous le dernier é* nement notable dans l'existence de Ci laenœ. Peu d'années après, la eréotia d'une ville grecque, placée dans si voisinage et dans des conditions ooi merciales plus favorables, porta »J ville phrygienne un coup dont elle a se releva pas.
La fondation d'Apamée fnt la ead de la ruine de Celaenœ; cette ville esi tinua cependant de subsister sous Cm pire romain ; Strabon la cite ûomm existant encore en même temps qu'A pâmée (8).
Antiochus Soter fonda une vitte • confluent du Marsyas «* du Méandre et l'appela Apamée, du nom de sa met
(x)Hine, id. iè.
(•) De» verbes xM#, je pleure, et y*** je ri».
àsiç.wsevre.
pâma, fille d'Artabaae. U y transféra » habitants de Celaenœ ; Apamée reçut surnom de Cibotos, un coffre, parce m iod importance commerciale s'ac- H au point qu'elle devint la seconde Ile de la province d'Asie , et la rivale Epbèse. Le fleuve Marsyas continua être honoré par les habitants d'Apae>, et sa 'figure est représentée sur « médailles. Apamée devint le chefn de la province , et sa .juridiction Codait jusqu'à Aomonia. Suivant lie (I), Apamée était située au pied inwntSignia, et était arrosée par les rares, Marsyas, Obrimas et Orgas, qui jettent dans le Méandre. Le Marsyas ptnwait près de cette ville après s'ê-
* perdu sous terre 4 non loin d'Auloèae, où il prenait sa source. Ce lieu Ht à dix mules d' Apamée sur la route Phrvpe. Etienne de Byzance regarde etene et Apamée comme une seule Hé, la première était sans doute tout bit abandonnée de ses habitants. Les lices ecclésiastiques ne mentionnent le la seule ville d Apamée, qu'elles atboent à la Pisidie.
Apamée fut souvent ravagée par les ftiblejnents de terre, le premier eu} B du temps d'Alexandre. Pendant le jw de Mithridate , elle éprouva une rible secousse, et le roi de Pont donna H talents pour réparer les édifices,
* le règne de Claude, elle eut le sort timon à tant d'autres villes d'Asie, ■ne lui fut faite par l'empereur de q années d'impôts (2).
Le site de Celœuae a été reconnu au tge de Binaire par Pococke d'abord, Nw tard par Cnandler et par d'au- » Rageurs. Le village de Binaire «tué au pied d'une colline rocheuse»
trouve partout dans les rues un grand tbre de ruines , mais pas de monutts complets.
h* rivière rapide sortant d'une valdroite coule au milieu du village vers H*d-cst, et traversant la plaine va Pto dans le Méandre à peu de disee. La seconde rivière prend sa ^ à la base d'une colline rocheuse tort* d'un mille du village et coule
* rapidité dans un canal étroit,
0 Mine, Ht. V, 29.
c'est, à n'en pas douter, le Marsyas, qu'Hérodote appelle Catarrahactès ; il paratt qu'autrefois il sortait d'une
frande caverne qui a fini par s'écrouler, oui ces rochers sont de nature calcaire et n'ont rien de volcanique.
Toute la topographie de ces lieux, examinée tour à tour par de nombreux observateurs, ne laisse pas que de présenter encore quelques obscurités qui ne seront levées que le jour où une nonne carte topographique des plaines de Dombai et de Binaire aura été dressée.
Arundell qui a visité les ruines de Celaenae, en 1828, en fait la description suivante (1). Nous trouvâmes dans la partie nord-ouest de la ville un grand nombre de fragments d'architecture et des murs à demi enterrés; d'autres avaient été rois à découvert par de récentes excavations et par des éboulements naturels. Be semblables catastrophes n'étaient pas rares dans cette région. Nicolas de Damas rapporte qu'un lac tout entier disparut aans les environs d'Apaisée, et que d'autres lacs et des fontaines surgirent dans les lieux où l'on n'en avait jamais vu.
Une petite rivière prenait sa source à la base de la colline. En mpntant à l'Acropolis nous trouvâmes au sommet un théâtre avec des gradins encore en place; au-dessus était une grande area couverte de poteries, sans doute l'acropole. En descendant nous vîmes une rivière coulant dans la vallée au-dessous de l'acropole du côté du sud-est, et faisant tourner plusieurs moulins ; elle rejoint dans la plaine d'autres petites sources et va se jeter dans le Méandre. Un certain nombre d'inscriptions ont été copiées par Arundell , mais aucune ne contenait le nom de la ville. La région dusud-ouest est remplie de fragments de corniches et de colonnes et des fondations de plusieurs édifices antiques qui attendent un plus ample examen de la part des futurs explorateurs.
(1) Seven Churehet, p. 108.
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