CHAPITRE LU
YEBMA — GERMA.
Germa , une des principales stations stir la grande voie militaire qui traversait l'Asie , était située sur la rive du Sangarius. Macdonald Kinneir eu a déterminé l'emplacement au village de Terma, où il a retrouvé les sources
(i)Carl. Ritter Erdkunde, XVIII, 573.
thermales qui faisaient la renomi de Pan tiqué Germa.
Ce fut d'abord une colonie romai sous les empereurs byzantins elle érigée en siège épiscopal, et £ai partie de la Galatie Salutaire. D'aj la chronique de Théophanes elle H de Justinien le nom de Myriangélos l'empereur y fit construire des then et un bospitium pour les malades, j
Le village moderne de Yerma q serve quelques restes de ces aod édifices, et le nom même de la ville rait dériver du mot sanscrit Ghati bains, d'où les Grecs auraient prisa de Tlierma, dont la signification <jf même.
Un grand nombre de sources g nent naissance sur les flancs II vallée fertile, et se réunissent pourj se jeter dans le Sangarius. Quoi tout indique dans ces lieux un état décadence et d'abandon, on voit cej dant qu'à une époque antérieure, { population nombreuse a dû habitai vallées , et cultiver ces plaines aajq d'hui en friche ou laissées à la « pâture. La population cbrétiensi presque entièrement disparu, e^ remplacé par des tribus turcomanesj sont en partie nomades ; l'élève des!
tiaux, des chevaux et surtout des i vres forme leur principale riches quoique ces plaines soient' brûlaa pendant l'été , l'hiver ne laisse pas < d'y être assez rigoureux. M. Barth, i voyageait pendant l'hiver de 18o«, nous a pas laissé de documents sui hauteur du thermomètre , mais la ta pérature de ses doigts indique ai qu'il ne faisait pas chaud, ce qui l'a péchait de dessiner et de faire d'aï belles triangulations qu'il l'eût dés} On est glace rien qu'en lisant son itfl raire. « La nuit fut extraordinairee»
froide, dit-il, en quittant Sévri hisu et le 13 décembre, la nuit fut de nu veau très-froide ». En effet les habitai de la Galatie attestent que l'hiver neige reste quelquefois plusieurs sens nés sur la terre, ils n'ont pour^ chauffer que quelques épines ramassé pendant l'automne , et que l'on gan précieusement pour allumer la fieai des bestiaux séchée, le seul cofabusu»
connu dans çes^cantons. H est cariai
voir tous les enfants dressés à reiilir ûi situ les éléments de leur Biffage, qui sont d'abord collés sur murailles du village, ensuite mis en erre dans de grandes fosses pour pet de sécher, et enfin convertis .mottes à brûler en y mêlant un peu pille hachée.
ta ne saurait se faire une iq'ée de ^or que contractent tous les objets i village chauffé de cette manière,:
hommes comme les femmes, les blés comme, les animaux portent elles ce parfum musqué remarqué les voyageurs, chea tous les peuples l haute Asie, et qui chez les Chinois, porté" àPextréxne. Tous, les villages et ies les villes de la fialatie et de la
Edoce font usage du même procédé uffage: on conçoit quelle précieuse loorce est enlevée à l'agriculture la combustion des fumiers; les hais ne peuvent remédier à cette péieque par le système des jachères È s terrains laissés à la vaine pâture, les bestiaux sont assez nombreux ces régions pour suffire aux beidela population, qui vit très-soméat Les bœufs et les moutons sont méat envoyés à la boucherie : on ne ige dans le pays que la chair des rces, ces coutumes s'étendent deles bords du Sangarius jusqu'à de FEuphrate, et au uord juç- Erzéroum.
)rcwtus1 ville et siège épiscopal de la btie Salutaire, n'est plus aujourd'hui un amas de ruines situées à quelques fes,au sud-est du village d Alekian; entité de ces ruines a été reconnue Pococke, et M. Uamilton a retrouvé inscriptions qui lèvent tous les ■tes qui pouvaient exister à cet irt.
Alékian est située à quatorze milles, kilomètres, au sud de Sevri hissar.
route suit une vallée étroite et bien Rivée , qui se prolonge pendant cinq nies ; huit milles (1) plus loin, on des-
Èdans la plaine du Sangarius. Le •& de Tchandir est construit sur la gauche du fleuve, qui en cet endroit profond ; on le passe sur un vieux 1 de pierre construit avec des ma-
('.'I e mille anglais, 1609 met >
A$IE im»WJRE. 471
téfiaux antiques arrachés aux. ruines environnâmes, on f remarque quelques vestiges d'inscriptions et de fragmenta
Êbas-reliefe ; le nom ancien de Tchanest CubaUuoi»
,. Alékian. qui est à peu de distance et au sud du fleuve, est habité par des fa- . milles tuigomanes qui passent la belle .saison aux pâturage*.
s. Au npoa^re ^inscriptions qui existent: encore dans ïe, dxuetif re et que Ma EUmilton a coni^es, il en est une
Sut contient, un décret .des habitants 'Orcistus,en inonnfiir de l'<empereur Hadrien. Sur un piedçstâi on.. Ut une autre inscription contenant le nom du peuple OPK1STHNOL les Qreuuênienst :
ces inscriptions ont été. apportée» d'une .localité voisine distante de trois fiU . quatre mi lies d'Alekian.
Là se trouvent les vestiges d|une vi|le importante; les fragments dei colonnes, . les piédestaux , les pierres tumulaires couvrent le sol : on reconnaît parfaitement les fondations de plusieurs grands édifices, des ter» oies ou des églises construits en blocs ae marbre etde pierre calcaire.
La charrue nasse aujourd'hui sur tout le sol cultivable, et la levée d'un moulin à eau est faite avec des pierres antiques parmi lesquelles on remarque un . piédestal couvert d'une inscription latine» la même qui fut copiée par Pococke.
AMOB1UM
Amof ium était située sur la route de Dorylaeum à Archelaïs passant par Passinunte : elle appartintd'abord à la grande Phryaie et plus tard elle fut comprise dans Ta province de la Galatie Salutaire. Pendant toute la période romaine cette ville n'acquit aucune célébrité ; elle comnence.à devenir une place importante, lorsoue L'empire byzantin fut menacé
{>ar les bordes musulmanes. Placée sur a frontière despossessionsseUrjouàldes, défendue par une rivière qui ue pouvait être franchie à mé, et dominée par une montagne sur laquelle on avait établi une forteresse, Amorium devint la principale place forte de la province, et couvrait Aneyre et la route de la Bfi- Ihyuiew L'empereur 2*noti Plsaurieu y
fit faire d'importants ouvrages ; selon Cedrenus, il la reconstruisit presque entièrement.
L'emplacement d'Amorjum a été déterminé par M. Hamilton au village de Assar keui, dominé par un vieux château
Ïucles indigènes appellent Hergankaté.
Tne colline isolée, d'un demi mille de circonférence, s'élève presque au centre de la vallée, dans laquelle se trouvent les ruines de l'ancienne ville: l'acropole qui la domine était construite en pierres brutes dans lesquelles sont encastrés de grands blocs de marbre encore en place. On retrouve les débris des tours qui défendaient la muraille, mais dans l'intérieur ce n'est qu'un amas de ruines inextricables qui laissent à peine voir la direction des rues. Le quartier principal de la ville était au sud de la citadelle , et se distingue par un amas de débris, de corniches, de colonnes et d'architraves de marbre. Dans la région sud -est s'élèvent les ruines d'un grand bâtiment rectangulaire , peut-être te Gymnase , et à un quart de mille de l'acropole se trouvent deux grands édifices qui peuvent avoir été des églises. Dans la première on voit encore plusieurs arcades debout , et dans l'autre seulement les piliers. A Test de l'acropole s'étend une petite vallée dont les flancs rocheux ont été en partie excavés, et sur la pente de l'ouest on retrouve plusieurs chambres sépulcrales taillées dans le roc vif.
Lorsque le calife Haroun al Rachyd marcha sur Angora à la tête de son armée, il laissa son lieutenant Al malîk ibn Salin faire le siège d'Amorium. Sous le règne de Théophile , en 849, cette ville arriva à son plus haut degré de prospérité : elle devint la principale place de commerce du pays. L'empereur y fit construire un palais et d'autres édifices ; mais cet état de prospérité fut constamment troublé par les incursions des tribus arabes. Assiégée et prise par le calife Motassem, Amorium fut réduite en cendres, et ses habitants vendus comme esclaves. Lesderniers survivants des valeureux défenseurs de la ville s'étaient fortifiés dans une église où ils furent faits prisonniers. Le siège coûta la vie à soixante-dix mille musulmans, trente mille chrétiens furent massacrés
dans la ville, et un pareil nombre épargné parce qu'on espérait en 1 rançon ; quarante des principaux pris niera furent d'après les ordres du life envoyés à Bagdad, jetés dans les et décapités apiès une longue détail L'Église grecque honore Te souvent ces victimes par la fête des quai!
martyrs d'Amorium.
La domination musulmane ne j vint pas cependant à s'établir sur contrées : les Grecs restèrent maître la Galatie, et Amorium se releva d* ruines sans cependant reprendre le important qu'elle remplissait au i vième siècle. En l'année 1068, Fia reur Romanus Diogène se mit en « pagne contre les tribus seldjoukida s'avancèrent jusqu'à Amorium. Jî pereur Alexis Comnène partit de M en lllOr traversa les villes d'Aria Castrum et de Leucae, et arriva à Di lœum. De là il marcha sur Santal»
où il divisa son armée en deux col le premier marcha contre Polybot et le second, sous les ordres de Stypw fut envoyé pour attaquer Amorioroi au pouvoir des Turcs, et qui furent) tus par les Grecs.
Le petit nombre d'habitants qui j taient dans cette ville, sans cesse en ty aux attaques des tribus turques et i joukides, se retira sous la protection4 émirs de Sevri hissar, qui avaient foj autour de leur cassaba un centre de| pulation, et la ville byzantine tut « plétement abandonnée. 11 ne paraît j que sous la domination des sultans!
ait jamais eu la moindre importai car on n'y observe aucune ruine de aj quée ou de bains, les premiers tm ments qui signalent 1'établissemeotl musulmans dans une ville (I). ,
Au nombre des affluents du San) rius qui arrosent ces régions , h" 0 j un plus célèbre que les autres, et q»
été mentionné par plusieurs auteuf mais dans des termes qui laissent pi d'une difficulté à résoudre, nousvo Ions parler du fleuve Gallus.
Nous avons placé ce fleuve a*F Strabon, et d'après l'avis de plusieu
féographes modernes? dans le voisin^ e Leucae, Léfke, où il passe sousi
(i) Voy. Cari. Rilter, 1. 1, 44p.
km de Bédré tchaî. mais Pline (1) met Itpressément le Gallus au nombre des fcuves de Galatie : il ajoute que c'est du allas que les prêtres de Cybèle ont b le nom de Galles , Hérodlen \?) est explicite : « Autrefois les Phrygiens, t-il , célébraient à Pessinunte les ores sur le bord du fleuve Gallus; qui le près de la ville, et duquel tirent r nom les prêtres de la déesse qui It eunuques. » Il est certain que ce peut être le même fleuve qui apparat à la Bithynie , et qui va se jeter i$ le Sangarius, près de Leucae. Strai seul autorise la supposition d'un ire Gallus, prenant naissance dans vallées de l'Olympe; mais comme titre part nous avons reconnu un hd nombre d'affluents du Sangarius, * n'ont d'autre nom que celui du viloù ils passent, nous sommes disà croire que celui de ces affluents prend naissance dans les montagnes ' ri hissar et de Pessinunte, et au'on Ile aujourd'hui Gunesch dagn, la tagne du soleil ; pourrait bien être i Gallus de Pline et d'Hérodien.
ons qu'on peut admettre deux fleu- Gallus, comme on reconnaît deux ts du nom de Dindymène, tous ix consacrés à Cybèle , et par consét fréquentés par les Galles. Etienne iyzance met aussi le Gallus au nomdes montagnes de Phrygie , et dit I s'appelait d'abord Térias. Ovide ses fastes nomme aussi le Gallus me faisant partie de la même proince (3). Les prêtres de Cybèle, en burant de ses eaux, entraient en fureur et tentaient sur eux-mêmes une main sarilége. Le fleuve de Bithynie était trop Joigne du centre religieux des Galles ; «i est donc en droit de supposer deux leuves du même nom, le dernier cousnt près de Pessinunte : alors la difllulté soulevée par les auteurs, cités plus «ut, serait résolue.
Ci) Liv. V, 3a.
(a) Liv. I, ch. a.
CÎ)Ovid^liv. IV, 363.