‹ Asie mineureChapitre 277 sur 428 · DOMINATION ASSYRIENNE · texte numérisé non relu

DOMINATION ASSYRIENNE

Réunie au royaume d'Assyrie avec ce qui forma depuis l'empire des Mèdes , la Cappadoce comprenait à cette époque la partie de la presqu'île qui s'étendait de l'une à l'autre mer. Nous connaissons peu les villes dont l'origine remonte à cette époque. On peut cependant citer Mélitène, comme une des créations de Sémiramis, et Anchialé comme résidence aimée de Sardanapale, qui l'avait bâtie et qui voulut y être inhumé. Les Grecs eux-mêmes se taisent sur les temps antérieurs, et Hérodote (1) nous atteste que les Assyriens sont les plus

(î) Liv. I, fS.

L'UNIVERS

anciens des peuples qui ont étendu leur domination sur ces provinces. En effet, ily avait cent vingt-cinq ans qu'ils étaient maîtres de l'Asie supérieure , lorsque les Mèdes commenceront à se rendre indépendants. Nous avons déjà vu que les Mèdes reculèrent jusqu'au fleuve Halys les bornes de leur empire. L'histoire de la Cappadoce jusqu'au temps des successeurs d'Alexandre ne peut donc être isolée de celle des Mèdes, des Assyriens et des* Perses. Les rois d'Arménie, vaincus par Sémiramis, auraient, d'après les chroniques arméniennes, secoué le joug des Assyriens et reconquis leur empire, et, pendant toute cette période anté-hcllénique, se seraient maintenus, tantôt comme souverains indépendants, tantôt comme sa* trapes des rois perses (1). Nous voyons dans le monument d'Ancyre comment les Romains , mus par un pur caprice , donnent ou enlèvent les provinces d'Arménie et de Cappadoce. Il semble que pendant toute cette longue période, l'Arménie n'ait jamais joui que d'une nationalité précaire. Cependant les Tigranes étendirent leur puissance dans toute la Mésopotamie et régnèrent sur la Cappadoce. Césarée, la capitale, fut longtemps soumise aux princes arméniens, car c'est sur la dynastie arménienne que cette ville fut conquise par Sapor. La province qui porta le nom d'Arménie Mineure fut un démembrement de la Cappadoce; mais il serait difficile de tracer les variations de frontières qu'éprouva cette province pendant toute la période assyrienne, depuis les conquêtes de Phraorte (2), qui acquit la Cappadoce , 660 ans avant J.-C, jusqu'à la chute de Ninive. Lorsque les Scythes envahirent l'Asie, ils étendirent leurs ravages dans tout l'empire des Mèdes; il semblerait que le cours de l'Halys , qui coule de 1 est à l'ouest au-dessus du plateau de Césarée, ait dû former la limite de leurs invasions; mais on reconnaît des traces de leur séjour au sud de cette ligne , dans le nom d'une petite ville qui se trouvait sur la route d'Ancyre à Césarée. Ce nom, écrit tantôt 'Sacœna (3)

(i) Cyrop., lib.II, p. 58-6i.

(a) Hérodote, 6i-ioa.

(3) Iter ab Ancyra Catsarœam usque.

dans l'itinéraire d'Antonio, tantôt Si cacœna, était bien loin des limites Saccacéné, entre Nyssa et Césarée, soixante mille pas de Nyssa et vinj cinq mille de Césarée. Nyssa étant Ne cheher selon la carte au Père OrriU et d'après tout le clergé grec de Cesari qui donue à l'évéque de Nemcheher titre d'évêque de Nyssa , Sacœna den occuper la position de Ingé sou, viifai où Ton remarque un grand nom!

de grottes taillées dans le roc. G autre Sacœna est mentionnée sur route de Tavium à Césarée , à treal neuf milles au nord de cette ville. < sont x je pense , d'anciens châteaux < cupés par les Saces , dont le nom s'< perpétué jusqu'à l'époque byzantin mais je n'ai trouvé dans ce pays aoca trace ni aucun souvenir de la seeoa de ces places.

Les Saces, vaincus par Cyaxare,abi donnèrent aux Mèdes les pays qu'ils t cupaient ; mais les conséquences decd victoire furent une déclaration de goef entre la Lydie et les Mèdes. Pendai cette guerre, qui dura plusieurs annét les Mèdes étaient maîtres de tout pays situé au delà de l'Halys, et y trai portèrent le culte de la déesse Anaiti

Sut fut honorée jusque dans la Lié ! est à croire que cet état de cm subsista jusqu'à la destruction de la

frire d'Assyrie ; et lorsque Cyrus rén es deux empires sous un même pi voir, cette révolution apporta peu J changements dans les mœurs du penjj cappadocien.

L'Asie entière, avant d'être sous le joug des Perses, fit des efforts pour conserver son in dance. Les peuples qui avaient du s grec dans les veines résistèrent avec i gueur; les Lyciens les imitèrent, eti mèrent mieux incendier leurs villes* de les voir retomber entre les mains d satrapes ; mais les Cappadocien* s'a»

milèrent facilement a leurs nouveau maîtres, et l'histoire ne nous a consen le souvenir d'aucune tentative de révota L'observation que nous avons faite rt lativement à la fusion facile qui s'étafan entre les Gaulois et les Romains, a* les peuples de la Phrygie et de la »

thynie, parce que l'Europe était leur p» trie commune, peut aussi s'appli^a

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aux Cappadociens et aux Perses, et prouverait, a défaut d'autre document, que Js premiers étaient d'origine orientale, i Tous les auteurs ne sont par unanimes btur regarder les Leuco-Sy riens comme peuple originaire de Syrie; il est cer» a qu'ils ont été maîtres des côtes du oot-Kuxiu à une époque très-ancienne, L:iqu'on suppose qu ils ont été réduits i le pouvoir des Amazones '1). Leur i, dans cette hypothèse , leur aurait donné par un (ils d'Apollon et ée fBjmpbe Sinopé, appelé Syrus, qui insmit son nom à la Syrie. Ce serait ne au contraire, de ceux de Cappace que les Syriens auraient reçu cette nomination. Quant au nom de Capdoce, il serait superflu d'en recherer l'origine , car les auteurs anciens sont pas d'accord à ee sujet; les : (2) le font dériver du fleuve Cappat, qui est un des affluents de l'Halys; autres (3) prétendent qu'il est eminté à la langue perse.

poro

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